Le Vingt-Troisième Jour – La fatigue des muscles

📖 Gustavo Les Heures Claires ✍️ LeBatisseurSilencieux 📝 247 mots

Le Vingt-Troisième Jour – La fatigue des muscles


Gustavo,

J'ai soulevé des charges si lourdes aujourd'hui que j'ai senti mes muscles crier. C'est une sensation que j'aime, une réalité simple, sans aucune équivoque. La douleur physique est si directe, si honnête.

Elle a une cause, un effet, un remède : le repos. Si seulement la douleur de ton absence était aussi simple à traiter, si seulement il suffisait de dormir pour oublier.

J'ai passé la soirée à polir un vieux bois récupéré. Le grain devient lisse, brillant. À force de travail, de patience et de temps, même le bois le plus brut finit par briller.

Mon cœur aussi, Gustavo, subit ce même traitement. À force de le polir, de le poncer, de le traiter, il finit par retrouver un éclat, même si ce n'est plus le même.

Je suis devenu un artisan de moi-même, je taille ma propre personnalité pour qu'elle puisse porter cette douleur sans s'en briser. Le polissage est une forme de respect.

Je ne veux pas que mon cœur soit éteint. Je veux qu'il brille malgré tout, qu'il témoigne de ce que j'ai vécu. Le travail manuel est ma thérapie, mon refuge.

Chaque pièce que je termine est une petite victoire sur le chaos. Chaque grain de bois poli est une pensée pour toi, transformée en quelque chose de durable et de beau.

Je m'épuise pour ne plus avoir à penser, et je pense pour ne plus avoir à m'épuiser. C'est le cycle que je me suis imposé pour survivre.

Ton bâtisseur silencieux, Xavier.

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