Le Vingt-et-Unième Jour – La routine qui sauve
Le Vingt-et-Unième Jour – La routine qui sauve
Gustavo,
La routine est ma meilleure alliée. Le réveil, le travail, le rangement, le bricolage, les fleurs, le sommeil. Dans cet ordre précis, le monde redevient prévisible, sécurisant.
C'est ce que je cherchais quand je t'ai rencontré, une étincelle dans cette routine. Tu as apporté un incendie. Maintenant que l'incendie est éteint, je reconstruis sur les cendres.
Le sol est riche, Gustavo. On peut faire pousser beaucoup de choses sur des cendres. Je ne veux pas redevenir monotone, mais je veux être un homme qui connaît le feu et qui le respecte.
J'ai appris à gérer la chaleur pour ne plus me consumer. C'est une discipline de chaque instant, un équilibre entre le besoin de ressentir et le besoin de survivre.
La routine est la structure qui empêche la maison de s'écrouler. Chaque geste est une pierre de plus posée, une manière de dire au destin que je contrôle mon propre territoire.
Je continue. Je construis. Je vis. Et je garde, au fond de moi, cette part de lumière qui ne t'appartient plus, mais qui ne quittera jamais ma poitrine.
C'est dans cette répétition, dans cette sécurité, que je trouve le courage de penser à toi sans que cela m'anéantisse totalement.
Chaque journée qui se ressemble est une promesse que je me fais à moi-même : je suis maître de mon temps, maître de ma peine, maître de mon futur.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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