Le Vingt-Quatrième Jour – Les fleurs et l'éphémère

📖 Gustavo Les Heures Claires ✍️ LeBatisseurSilencieux 📝 243 mots

Le Vingt-Quatrième Jour – Les fleurs et l'éphémère


Gustavo,

J'ai composé un arrangement magnifique aujourd'hui, dans l'intimité de mon atelier. Il ne durera que quelques jours avant de faner. C'est la nature des fleurs, c'est ce qui fait leur beauté profonde : elles sont éphémères.

Comme nous, comme notre histoire. Est-ce que je pourrais aimer quelque chose qui dure éternellement ? Peut-être pas, car c'est sans doute parce que tout est voué à disparaître que je m'accroche si fort.

Tu étais une fleur magnifique, Gustavo, un coup de foudre qui a fané avant même de fleurir totalement. Je ne t'en veux pas pour ça. La beauté est une visite, pas une possession.

J'ai appris à apprécier l'éphémère, à ne plus vouloir figer le temps. La beauté, c'est maintenant, c'est dans cet instant précis, et c'est tout. C'est suffisant.

Ma tristesse est peut-être simplement la reconnaissance de cette brièveté. La fleur qui fane ne me rend pas triste, elle m'émeut par la perfection de son passage.

Je dépose cet arrangement dans le salon, et je le regarde s'éteindre lentement. C'est un processus naturel, une leçon d'humilité qui me rappelle que je ne contrôle rien.

Je continue de créer malgré tout, car c'est mon plaisir personnel, ma manière de dire au monde que la beauté mérite d'exister, même pour un court instant.

Tu restes, dans ma mémoire, comme cette fleur parfaite, celle qui n'a pas eu le temps de faner, qui est restée à jamais dans la plénitude de son éclosion.

Ton bâtisseur silencieux, Xavier.

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