Le Vingt-Septième Jour – La résignation douce

📖 Gustavo Les Heures Claires ✍️ LeBatisseurSilencieux 📝 240 mots

Le Vingt-Septième Jour – La résignation douce


Gustavo,

Je ne t'attends plus. J'ai arrêté de regarder le téléphone, arrêté d'espérer un message, arrêté de guetter ton ombre au tournant d'une rue. Il y a une résignation qui s'est installée.

Ce n'est pas une défaite, c'est un repos. Je sais que tu ne reviendras pas. Cette certitude est une lame, certes, mais elle est propre, elle ne s'infecte plus dans la plaie.

Je m'habitue à cette idée : tu es l'homme que j'ai aimé le plus intensément, et tu es celui que je ne verrai plus jamais. C'est une vérité tragique, mais c'est la mienne.

Je la porte avec une forme de dignité nouvelle. Je ne cherche plus à négocier avec le destin, je l'accepte tel qu'il se présente à moi, dans toute sa brutalité et son indifférence.

La résignation douce est la fin du combat. Je n'ai plus besoin de lutter contre ce qui est, je peux enfin commencer à vivre avec. C'est un soulagement immense.

La douleur est devenue un arrière-plan, une note de musique qui joue en boucle mais qui ne m'empêche plus d'entendre les autres sons de la vie.

Je suis en paix avec cette absence. Elle a sa place, elle a son rôle, elle m'a appris tout ce que je devais savoir sur moi-même.

Je ne suis plus en colère, je ne suis plus triste, je suis simplement celui qui a aimé, et qui continue d'aimer dans le calme d'une acceptation totale.

Ton bâtisseur silencieux, Xavier.

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