Chapitre 19 : Chambre 103

📖 Hors-Jeu ✍️ qwed2001 📝 856 mots

Lorsque Kai et moi rentrâmes dans la chambre, nous étions encore un peu surexcités. Trois matchs gagnés, une bonne soirée au restaurant, le coach aux anges… toute cette journée nous tenait encore aux joues.

Nous nous étions déjà douchés après les matchs, alors pas besoin de traîner. Juste se brosser les dents, enfiler une tenue confortable et se coucher. Le coach avait été clair : repos. Demain, ça allait cogner.

On se brossa les dents côte à côte dans la petite salle de bain, silencieux, mais pas gênés. Nos regards se croisèrent dans le miroir une seconde. Je détournai les yeux le premier.

Nous sortîmes de la salle de bain. Nos vêtements glissèrent en silence… tout tomba par terre en vrac, près de nos sacs. En caleçon et t-shirt, la peau encore tiède de la journée, nous étions prêts à nous coucher.

Kai contourna le lit par la droite, moi par la gauche. Nous soulevâmes la couette en même temps, presque comme un geste chorégraphié, puis nous nous allongeâmes. La lumière de la lampe de chevet baignait la pièce d’une lueur orangée, douce et chaude, qui adoucissait les ombres et semblait caresser chaque contour de son visage.

Kai posa la main sur l’interrupteur de la lampe, hésitant, comme s’il jouait avec le moment. Il tourna lentement la tête vers moi.

— Super journée, dit-il, comme pour la conclure.

Je sentis ses yeux me scruter. Ils glissèrent sur mes joues, s’attardèrent juste une demi-seconde sur mes lèvres avant de revenir à mes yeux. Mon estomac se serra, une chaleur étrange et brûlante qui monta jusqu’à ma gorge. Puis, presque comme à contrecoeur, il éteignit la lampe. L’obscurité nous enveloppa, mais la brûlure de ce regard resta imprimée en moi, comme une marque de désir invisible.

Je rêvais ? Je me faisais des idées ? Ou bien… y avait-il vraiment quelque chose ?

Le silence s’installa. Pas un silence gêné, mais un de ces silences pleins, où chaque respiration, chaque petit mouvement semble amplifier l’autre, où l’on sent le cœur de l’autre battre presque contre le sien.

Je me tournai sur le côté. Lui aussi. Nous nous tournions le dos.

Mon cœur s’accéléra. Je n’avais pas prévu ça. Quelques minutes s’égrainèrent, chargées d’une tension silencieuse.

— Tu dors ? murmura-t-il enfin, la voix basse et hésitante.

— Pas encore, répondis-je, presque sans voix.

Je m'allongeai sur le dos, il fit de même. Nos épaules se frolèrent dans ce lit de 140 centimètres. Un contact agréable.

Je relevai légèrement la tête et me penchai lentement, chaque mouvement hésitant. La prudence se mêlait à l’envie. Deux centimètres. Un. Il ne recula pas. Ses cils baissèrent à moitié, comme s’il fermait les yeux pour mieux accueillir ce qui venait.

Nos lèvres se frôlèrent, d’abord à peine, un simple effleurement. Un frisson me parcourut, et je sentis son souffle chaud contre ma bouche. Il tremblait, lui aussi. Je sentis sa main chercher la mienne sous la couette, ses doigts chauds s’enrouler autour des miens, comme s’il avait peur que je disparaisse… ou que ce moment s’arrête.

Puis, il n’y eut plus d’hésitation. Le baiser fut doux, mais profond, exactement comme je l’avais imaginé. Je m’abandonnai à cette sensation, savourant la chaleur de ses lèvres, la fermeté de son corps contre le mien. Sa langue effleura la mienne, timide, puis plus hardie, et je répondis avec la même avidité.

Ma main glissa sur son torse et, à travers son t-shirt mes doigts sentaient, la fermeté de ses muscles. Il laissa échapper un gémissement sourd, et je compris qu’il cherchait autant que moi cette proximité. Son torse se soulevait au rythme de sa respiration.

Nos fronts se touchèrent, nos souffles se mêlèrent. Je glissai mes doigts le long de son bras, traçant la courbe de ses biceps, la saillie de ses veines. Il se tendit une seconde, comme s’il hésitait encore, puis se détendit, s’abandonnant contre moi. Sa main se posa sur ma nuque, puis descendit le long de mon dos, me rapprochant encore, jusqu’à ce que nous soyons collés l’un contre l’autre.

Nos baisers devinrent plus profonds, plus urgents. Je glissai une main dans ses cheveux, jouant avec les mèches rebelles, sentant leur texture soyeuse entre mes doigts, tandis que son souffle chaud brûlait ma joue et mon cou. Il se pressa contre moi, et je sentis chaque centimètre de son corps musclé contre le mien.

Nos jambes s’entremêlèrent sous la couverture, nos cuisses se frôlant, nos pieds s’accrochant. Chaque frôlement envoyait des décharges de plaisir pur, mêlées à un étrange sentiment de sécurité, comme si nous étions seuls au monde, protégés par l’obscurité et ce lit trop étroit pour nous deux.

Je mis ma main sur son dos, le long de ses omoplates larges, sentant les muscles puissants se tendre puis se relâcher sous mes doigts. Il gémit presque imperceptiblement, un son rauque qui me fit durcir instantanément.

Je posai ma tête contre son épaule, respirant l’odeur de son gel douche citronné, mêlée à celle, plus musquée, de sa peau. Cette intimité, je ne l’avais jamais connue.

Finalement, je fermai les yeux à mon tour, le corps encore tremblant de tout ce que nous venions de partager. Kai était là, blotti contre moi, et moi contre lui, comme si je ne voulais plus jamais le lâcher.

💬 Commentaires 6

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Alex.s_18 • 3 semaines, 1 jour modifié
Eh bien eh bien mes aïeux, ça pour un chapitre, c'est un chapitre ! Il restait soudain, je ne pensais pas qu'un tel rapprochement se ferait déjà. Au final, la couverture d'Hugo est vraiment pas convaincante xD Je ne pensais pas que ce serait Hugo qui ferait le premier pas, d'autant plus que c'est la première fois qu'il embrasse un garçon non ? Ni que Kaï serait aussi demandant.
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lampertcity • 4 semaines modifié
Waaah ! Je ne m'attendais pas à ce rapprochement à cet instant, mais c'était un vrai plaisir à lire. J'aime bien comment tu décris Kai dans cette scène : on découvre un côté hésitant, parfois presque vulnérable, du moins selon le narrateur (est-il totalement objectif ? xD). En tout cas, ça contraste avec son image ''publique'', c'est très bien vu.
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qwed2001 Auteur • 3 semaines, 6 jours
Merci beaucoup pour ce retour. C'était aussi un vrai plaisir à écrire ! 😉
Tu as raison, Hugo n'est probablement pas tout à fait objectif. Mais Kai est effectivement en contraste : Nathan le décrivait comme réservé, quelqu'un qui ne parle pas beaucoup, et pourtant il est capitaine de l'équipe, leader sur le terrain ; il ne semble pas vouloir se mettre en avant, mais il travaille comme mannequin ; il est fort, athlétique, puissant, mais il cache peut-être aussi des doutes, des hésitations, une vulnérabilité...
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Passiflore • 4 semaines
Ouah ! Ça devient chaud. Il y a un certain sadisme de ta part de laisser le lecteur sur cette fin espérons provisoire.
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qwed2001 Auteur • 3 semaines, 6 jours
Les prochains chapitres ne devraient pas trop tarder... 😉
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bcome • 4 semaines
Il y avait bien quelque chose de plus dans les regards de Kai.
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