Chapitre 38 : L'étincelle

📖 Hors-Jeu ✍️ qwed2001 📝 1693 mots

Jeudi matin, alors que la fille aux cheveux roses scrollait sur son téléphone sans écouter le cours de littérature grecque, j’échangeais des messages avec Kai. Je n’étais pas très fier de cette nouvelle manière de me comporter en cours. Mais chaque vibration de mon portable pouvait porter un message de lui, et je ne supportais pas l’idée d’attendre la pause pour le lire.

Kai était super content d’avoir été booké. Super content de notre soirée de la veille. Il proposait que je vienne chez lui ce soir. Nous avions vu Kill Bill lundi, nous pourrions regarder le Volume 2.

Une demi-heure plus tard, un nouveau message.

Kai : Tu restes dormir après le film ?

Je repensais à samedi soir et à lundi soir.

Moi : Oui.


* * *


J’arrivai chez lui un peu avant 19h. Il avait préparé un plat de lentilles. La cuisine sentait bon le cumin, le poivre, et cette chaleur réconfortante des plats mijotés. Une petite nappe était posée sur la table basse, deux verres à côté. Moi, j’avais pris des tartelettes aux quatre chocolats. Je connaissais le chocolat noir, le chocolat au lait et le chocolat blanc. Le quatrième serait une surprise.

On mangea sur la table basse, nos genoux se frôlant régulièrement. À chaque frottement, une chaleur discrète montait le long de ma jambe. Nous parlions de tout et de rien. Nous plaisantions. Nous parlâmes aussi de Barcelone. Il signerait le contrat le lendemain et partirait pour une semaine, le dimanche suivant.

Une fois le repas terminé nous débarrasâmes la table en rigolant. Dans la petite salle de bain, nos épaules se frôlaient à chaque mouvement. Kai étalait sa crème hydratante avec des gestes précis, comme s’il préparait son visage pour une séance photo, tandis que je me brossais les dents en le taquinant. Il me raconta une blague si nulle que je faillis avaler mon dentifrice. Je l’éclaboussai d’eau et il me rendis la monnaie. Quand nous eûmes fini, nous nous installâmes sur le canapé, en caleçon, nos corps encore chauds de rire et légèrement mouillés, prêts à regarder le film.

J’étais de biais, le dos calé contre l’accoudoir, les jambes étendues devant moi. Kai assis à côté de moi, son épaule contre la mienne, prit ma main et nos doigts s'entrelacèrent, comme une évidence. Puis, il se tourna vers moi et s'avança pour m'embrasser. Sa main libre trouva ma nuque. Pour garder l'équilibre, il appuya sa cuisse contre la mienne, juste au-dessus du genou, puis, dans le mouvement du baiser, sa cuisse monta lentement jusqu'à venir se presser contre mon entrejambe et glisser le long de ma verge qui durcissait déjà.

La sensation fut immédiate, électrique. Je sentis la pression ferme de sa cuisse musclée contre mon sexe. Un frisson me parcourut, de la nuque jusqu'au bout des orteils. Mon souffle se coupa.

Il s'immobilisa, conscient de ce qu'il venait de toucher. Sa bouche quitta la mienne, il recula de quelques centimètres, le regard gêné.

— Désolé, murmura-t-il, je n'ai pas fait exprès.

Ses joues s'étaient légèrement empourprées. Il avait vraiment l'air confus, comme s'il avait franchi une limite sans le vouloir. Mais ses doigts étaient toujours entrelacés aux miens.

Je souris, un sourire que j'espérais rassurant.

— Ne sois pas désolé. C'était... c'était super agréable. J'ai... J'ai kiffé, Kai.

Il me regarda, un mélange de soulagement et de confusion dans les yeux. Un court moment passa. Je devinais de la timidité et... de l'envie.

— Tu veux que je… que je recommence ? demanda-t-il, sa voix à peine plus qu’un souffle.

Je hochai la tête, incapable de former une phrase.

Alors, lentement, délibérément, il fit glisser à nouveau sa cuisse contre moi. Plus fermement cette fois. La pression fut plus nette, plus insistante. Sa cuisse remonta le long de mon sexe, le caressant à travers le coton, s'attardant sur sa courbe.

Je sentis mon sexe durcir davantage, se tendre, se cambrer contre le coton, répondant à son geste comme à un appel. La chaleur de sa peau imprima sa marque sur moi. Un gémissement s'échappa de ma gorge, à peine retenu, un son grave et humide qu'il entendit parfaitement.

Il sourit, un sourire hésitant mais triomphant. Ses yeux étaient plein de désir, ses lèvres brillantes.

— Tu veux que je continue ?

Mon regard donnait la réponse. Je ne pouvais pas parler. Ma respiration était trop courte, ma gorge trop serrée. Mais mes yeux, eux, ne mentaient pas.

Sa main, descendit de ma nuque à mon torse, puis, lentement, ses doigts descendirent sur mon ventre, suivant une ligne fine. Je sentis sa peau glisser sur la mienne, chaude, légère. Il s'attarda un instant sur mon nombril, y dessina un petit cercle du bout de l'index. Je sentis ma peau se couvrir de frissons.

Il s'arrêta sur le bord de mon caleçon. Ses doigts jouèrent avec l'élastique, le soulevant, le relâchant. À la fois une question et une attente.

Je posai ma main sur la sienne.

— Vas-y, soufflai-je.

Il glissa sa main à l'intérieur, doucement. Sa paume était chaude, ses doigts timides mais déterminés. Ils trouvèrent leur chemin, s'enroulèrent autour de ma tige. Ses doigts l’enveloppèrent, d’abord sans bouger, comme s'il s'habituait à la sensation, comme s'il mémorisait la forme, la chaleur, la texture.

Je fermai les yeux. Sa main bougea, un mouvement lent, presque interrogateur. Il apprenait. Il prenait son temps, savourant chaque centimètre.

Puis il retira sa main.

— Enlève ton caleçon, murmura-t-il.

Sa voix était rauque, brisée. Je ne me fis pas prier. Je le retirai en une seule fois, le laissant tomber sur le côté du canapé. Sa main revint, plus assurée cette fois. Sa paume s'ajusta, ses doigts s'enroulèrent autour de moi, et il trouva un rythme.

Je sentis ses doigts glisser sur ma verge, l'envelopper, la guider. Il n'hésitait plus. Ses mouvements étaient plus précis, plus confiants. Je laissai échapper un gémissement, ma tête basculant en arrière, mes doigts s'agrippant à son épaule.

— Attends, dis-je dans un souffle. Toi aussi.

Il me regarda, me sourit. Ses mains se positionnèrent sur son caleçon et il le fit glisser jusqu'à ses chevilles avant de le retirer.

Sa verge, en érection, tomba sur son ventre.

Elle était magnifique.

Longue, droite, parfaitement proportionnée. La peau semblait douce, veinée de bleu pâle, et son gland brillait déjà d'une goutte de désir. Ses abdos ciselés, sur lesquels elle reposait, formaient un écrin pour ce joyau. Je ne pouvais pas détacher mes yeux d'elle.

Je tendis la main, la caressai du bout des doigts, remontant le long de son membre et effleurant le gland. Puis je l'enlaçai. Sa peau était chaude, soyeuse, tendue sous mes doigts. Je sentis sa peau se tendre et durcir, répondant à ma caresse.

Il soupira, un bruit doux et rauque, et nos deux souffles se mêlèrent.

Ses doigts s'activèrent à nouveau sur moi, et je suivis son rythme. Nous bougeâmes ensemble, nos mains s'accordant l'une à l'autre, comme deux musiciens qui trouvent leur tempo. Il y eut un instant de gêne, un petit rire quand nos rythmes se décalèrent. Puis nous nous regardâmes, et nous continuâmes. Ses doigts glissaient sur moi avec une précision confiante. Je sentais chaque mouvement, chaque pression, chaque petit ajustement. Des petits coups d'aiguille agréables parcouraient ma verge, des décharges légères qui s'intensifiaient à chaque caresse. Comme si chacune faisait naître une nouvelle étincelle. Le plaisir montait, profond.

Ma main, sur lui, faisait de même — je comprenais ce qu'il aimait en écoutant son souffle, en sentant le frémissement de ses doigts sur mon épaule.

Ses doigts s'accélérèrent, son souffle se brisa.

Je le regardai. Ses yeux étaient fermés, ses cils sombres sur ses joues. Il laissa échapper un gémissement plus long, et je sentis son corps se tendre contre le mien. Alors mes doigts s'activèrent plus vite, plus fermes. Ma paume s'ajusta et je le sentis durcir encore, comme si tout son corps n'avait attendu que ça.

Ses lèvres s'ouvrirent, comme pour prononcer une phrase qu'il n'acheva pas. Seul un son à peine formé s'en échappa, perdu dans son souffle. Puis, un gémissement, profond, presque animal. Son corps se tendit comme un arc, ses abdominaux se contractant, ses doigts s’agrippèrent à mon épaule. Il se cabra contre moi. Sa voix, presque inaudible, murmura mon prénom contre ma joue, comme une supplique.

Et je le sentis.

Une onde de chaleur, soudaine et profonde, vint frapper mon ventre, suivie d'une seconde, puis d'une troisième. Elle se répandit sur ma peau comme une pluie tiède, glissant le long de mon abdomen.

Puis son corps se relâcha, s'abandonnant contre moi, ses muscles se dénouant un à un. Il posa sa tête sur mon épaule, son souffle chaud et haché contre ma nuque. Mes doigts ralentirent, caressant encore sa peau, savourant les dernières pulsations, plus doucement, comme pour prolonger l'instant.

Je baissai les yeux sur mon ventre. La trace de son plaisir brillait sous la lumière nacrée. C'était étrange, intime, beau. Je ne détournai pas le regard. Je voulais garder cette image, ce moment suspendu.

Puis mon regard glissa sur lui, sur son visage, sur ses lèvres.

— Tu es magnifique, murmurai-je.

Sa main revint sur moi, plus déterminée encore. Il trouva mon rythme, son pouce glissant sur ma hampe comme un archet sur une corde de violoncelle, tandis que ses doigts, en remontant, frôlaient la zone sensible sous le gland. J'avais les yeux fermés, les doigts agrippés à ses cheveux. Le plaisir montait à chaque mouvement, chaque caresse le poussant plus haut, plus loin. La tension grandissait, insoutenable, délicieuse, jusqu’à ce que je ne puisse plus rien retenir. Un frisson naquit au creux de mes reins, irradiant tout mon corps. Et ce fut comme si tout mon être se déversait dans sa paume, chaud, vivant. Comme une eau qui se répand, comme une lumière qui s’étire. Je sentis la chaleur m’envahir, se déposer sur mon ventre, s’y mêler à la sienne.

Je me laissai aller. Et, comme la Sarabande de Bach qui s’achève en douceur, une dernière note s’élèva, s’étira, puis s’éteint, laissant derrière elle un silence habité, un vide plein. Ses doigts, encore tremblants, ralentirent, s’attardèrent, puis restèrent un instant immobiles sur moi, comme s’il ne voulait pas lâcher ce moment.

Nous étions enlacés, nos souffles mêlés, nos cœurs battant encore trop vite. Nos peaux collées, tièdes, et entre nos ventres, la trace de ce qu’on venait de partager — un mélange de nous deux, une preuve silencieuse, comme une signature secrète que nos corps avaient gravée l’un sur l’autre.

💬 Commentaires 5

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Alex.s_18 • 4 jours, 2 heures
Le début du chapitre est tâtonnant, on sent que tu ne sais pas comment amener le coeur du chapitre ou au contraire, que tu cherches à te débarrasser des fioritures. J'ai tendance à faire pareil dans mes écrits xD.
Si jamais tu n'arrives pas à rendre plus fluide, supprime juste les paragraphes qui posent problème, je ne pense pas que ça soit un problème.

La première découverte de l'intime est bien décrite, et ça commence effectivement souvent par une masturbation mutuelle !
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qwed2001 Auteur • 3 jours, 13 heures
Merci pour tes annotations, j'ai ré0écrit quelques passages au début du chapitre.
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lampertcity • 4 jours, 6 heures
Hugo a de la chance de vivre des moments aussi intenses avec la personne qu'il aime :) On espère pour lui que c'est complètement réciproque.
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Alex.s_18 • 4 jours, 2 heures
Pourquoi ça ne serait pas réciproque ?? Ne me fais pas peur comme ça !!
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Paul.Koipa • 5 jours, 6 heures
Tout en douceur…
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