Chapitre 39 : Plénitude
Je me réveillai avec une sensation de plénitude.
Il était là, à côté de moi, son corps contre le mien, sa respiration calme et régulière. Son visage, défait par le sommeil, était d'une beauté presque irréelle.
J'aurais pu ressentir de la honte, du regret. Mais non. À la place, je ressentais une fierté étrange, presque enivrante. Bizarre, cette sensation.
Je glissai ma main dans ses cheveux, lentement, juste pour en sentir la texture soyeuse entre mes doigts. Il bougea légèrement, s’étira avec une paresse sensuelle, et je vis ses muscles rouler sous sa peau. Puis il ouvrit les yeux, et un sourire effleura ses lèvres. Il me regarda un instant, comme s’il émergeait d’un rêve, puis murmura, la voix encore rauque de sommeil :
— C’était ouf, hier soir.
Je souris, le cœur battant. Oui, c’était ouf.
Il me caressa tendrement le bras en me regardant. Nous restâmes là, allongés, encore quelques instants. Puis lentement, je me levai. Il fit de même et déposa un baiser sur mes lèvres. Je fermai les yeux, le temps de le recevoir.
Nous prîmes le petit déjeuner ensemble. Le soleil commençait à entrer par la fenêtre, éclairant la pièce d'une lumière douce. Nous étions en caleçon.
— J'ai un shooting ce soir, dit-il en posant son verre. Un job pour l'agence d'ici.
Il fit une petite grimace, presque enfantine.
— Le photographe veut le coucher de soleil et des plans nocturnes. Le client veut une ambiance méditerranéenne, lumière tamisée, un truc mystérieux et… sensuel.
Je levai un sourcil, un sourire en coin.
— Sensuel, hein ?
— Ouais, répondit-il en riant doucement.
— Ça veut dire que je ne te vois pas jusqu'à l'entraînement de demain ? demandai-je, laissant percer une pointe de déception.
— C'est juste une soirée, dit-il. On survivra. Et puis... avec la nouvelle agence, il faut qu'on s'habitue un peu. Barcelone, ce sera une semaine.
Il posa sa main sur la mienne, ses doigts s'entrelaçant aux miens.
— Ça va être dur, je sais, dit-il, sa voix plus douce. Mais demain, après l'entraînement, on passe la journée ensemble. Hein ?
— Promis ?
— Promis. Toute la journée. Rien que toi et moi.
Il serra mes doigts, un sourire malicieux aux lèvres.
Je le quittai une heure plus tard, le cœur léger mais déjà nostalgique. Montpellier s'éveillait doucement, et je marchai vers la fac, les mains dans les poches, un sourire idiot aux lèvres.
* * *
La journée passa dans un brouillard de bonheur. Je repensais à Kai et au plaisir qu'il m'avait procuré la veille. J'avais hâte de revivre ça. Dommage qu'il travaille ce soir.
Le soleil était déjà bas dans le ciel quand je rentrai à la résidence après le contrôle continu du vendredi après-midi. Il s'était bien passé, je n'avais pas eu de difficulté, même si mon esprit avait été ailleurs.
En arrivant, je m'attaquai à ma lessive. La semaine avait été bien remplie — trop remplie pour que je pense à faire tourner une machine. Résultat : il ne me restait plus grand-chose à mettre. À Paris, ce problème ne se posait pas. Ma mère gérait tout. Ici, j'avais découvert, en trois semaines, que le linge ne se lavait pas tout seul.
Je descendis les escaliers deux à deux, ma lessive sous le bras. La laverie était vide, comme la dernière fois. Les mêmes néons qui clignotaient. La même machine. Mais cette fois, je n'attendais pas un message de Kai. J'attendais juste que mon linge soit lavé.
Je n'avais jamais été un grand fêtard, mais un vendredi soir à la laverie, ça avait quand même quelque chose de pathétique. Décidément, je n'étais pas un étudiant très normal.
Lorsque mon linge fut dans le séchoir, je regardai WhatsApp. Dans le groupe « Équipe Volley - Masculin », Lancelot, Louis et Marc annonçaient un verre dans un bar irlandais dans le quartier de l'Écusson. Samuel venait d'envoyer un message pour dire qu'il serait là. Nathan, un message pour dire qu'il était fatigué. Moi, j'hésitais en regardant mon linge tourner.
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