Chapitre 43 : Une semaine heureuse

📖 Hors-Jeu ✍️ qwed2001 📝 868 mots

Les jours qui suivirent furent merveilleux.

Nous nous voyions dès que nous le pouvions. Nous nous promenions dans les rues de Montpellier, nos pas se synchronisant sans que nous ayons besoin de nous parler.

Nous allions au cinéma, nos épaules se frôlant quand il riait, quand je sursautais, quand nos doigts se cherchaient dans le noir. J’adorais quand il posait sa tête contre mon épaule. Je me délectais de son souffle chaud à travers le tissu de mon t-shirt, comme si mon épaule était devenue son endroit préféré. Nous nous embrassions.

Et puis, il y avait nos deux endroits. Le Peyrou, où nous nous donnions souvent rendez-vous, et les bords du Lez, surtout le soir. Cela faisait écho à cette soirée après l’entraînement où nous nous étions dit que nous verrions bien où tout cela nous mènerait. Et, dans la solitude du lieu, nos corps se retrouvaient, comme aimantés. Nous parlions, nous riions… Puis nos mains se cherchaient, nos bouches se trouvaient.

Nous ne nous embrassions pas en public, mais il nous arrivait de nous tenir la main, comme nous l'avions fait place de la Comédie. J'adorais cette sensation. Mais, en même temps, une question me travaillait en silence : que se passerait-il si des gens de la fac nous voyaient ? Si nous croisions quelqu'un de l'équipe ?

Lors de l’entraînement du mardi soir, je continuais à me demander si Julien avait compris. Parfois, c’était une évidence : oui, il savait. Je le voyais dans la façon dont il me regardait. Mais, d’autres fois, je me disais que ce n’était que mon imagination, que je projetais ma peur sur lui.

Il y avait Paul aussi, celui qui avait fait une plaisanterie lourde l’année dernière. Je ne savais pas laquelle, mais peu importait. Et même Louis… S’il découvrait que Kai et moi… Comment réagirait-il ? Je connaissais sa position sur Nathan : « Je l’accepte, mais ça me fait chier. » Cette phrase résonnait en moi comme une menace.

Et puis, nous allions chez Kai.

Nous y passions des heures, des nuits entières, à nous découvrir, à nous donner du plaisir avec nos mains, puis à nous endormir blottis l’un contre l’autre, nos corps encore chauds de ces moments partagés.

Parfois, ses doigts prenaient les miens pour me guider sur sa peau, comme une leçon de géographie intime.

— Ici… murmurait-il en posant ma paume sur son ventre.

Je sentais ses muscles se contracter sous mes doigts, comme s’il voulait que je mémorise chaque réaction, chaque frémissement.

— Et là…

Quand je frôlais la courbe de ses hanches, son souffle se bloquait un instant, comme une invitation à continuer.

Il y avait cette zone, à l’intérieur de ses cuisses, proche de son intimité, où il se cabrait dès que je l’effleurais, dans un gémissement. Le creux de ses reins, aussi, quand mes doigts s’y attardaient. Il frémissait alors et je sentais son désir s’intensifier. Je fermais les yeux et laissais mes sens prendre le relais, apprenant par cœur les zones qui le faisaient frissonner, celles qui lui arrachaient un cri étouffé.

Puis c’était à mon tour de le guider. Nos souffles se mêlaient, nos corps se répondaient comme une mélodie, et chaque caresse devenait une confidence, une façon de dire sans mots : « C’est ici. C’est comme ça que j’aime. »

À un moment, Kai me regarda avec une lueur malicieuse dans les yeux.

— Tu sais, l’avantage avec un garçon… C’est qu’on peut juste… montrer, comprendre ce que ça fait. Parce qu’on sait.

Je souris, amusé par sa remarque, mais aussi un peu ému.

Avec lui, tout était simple. Tout était beau. Nos deux corps se comprenaient, comme s’ils parlaient déjà la même langue depuis toujours.

Et puis, il y avait ces moments où Kai prenait son violoncelle. Il jouait pour moi, les yeux fermés, laissant l’archet glisser sur les cordes.

Nous sortions. Nous flânions, nous discutions. Nous nous arrêtions devant un kiosque à journaux pour acheter des bonbons acidulés, et nous les partagions en marchant, nos doigts se frôlant à chaque échange, comme une promesse silencieuse.

Nous continuions à nous apprivoiser, à nous découvrir. Et nous riions. Son rire était devenu mon son préféré. Plus qu’un son, d’ailleurs : une mélodie, une lumière. Un de ces bruits qui, une fois entendus, vous manquent dès qu’ils s’arrêtent.

Un soir, assis sur un banc en regardant le Lez, je lui parlai de Paris, de mes parents, de la khâgne que je n’avais pas eue. L’eau coulait doucement, reflétant les lumières de la ville.

— Tu regrettes ? demanda-t-il, sa voix douce, presque un murmure.

Je levai les yeux vers lui. La lumière des réverbères dessinait des ombres sur son visage, rendant ses traits encore plus beaux — la courbe de ses pommettes, la ligne de sa mâchoire, ses yeux qui brillaient en me regardant.

Et, dans ses yeux, je lus une question plus grande que celle qu’il avait posée.

— Non, répondis-je, sincère. Plus maintenant.

Il me regarda longuement, comme s’il cherchait quelque chose dans mes yeux. Puis son sourire apparut — ce sourire qui contenait tout : la tendresse, le soulagement, la promesse de lendemains encore plus beaux. Il se pencha et déposa un baiser sur mes lèvres. D’une manière si douce que j’eus envie de pleurer.

— Moi non plus, murmura-t-il. Je ne regrette rien.

Nous restâmes là, blottis l’un contre l’autre, à regarder l’eau couler.

💬 Commentaires 1

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Paul.Koipa • 23 heures, 57 minutes
Tout est trop parfait. Cela pourra-t-il durer ainsi ?
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