Chapitre 11 : Une Impeccable Blancheur

📖 La dame sous le buffet ✍️ klodik 📝 352 mots

Le matin se déploya sur la maison avec une douceur presque insultante.

La lumière de juin, désormais débarrassée de sa teinte jaunâtre de vieux film, inondait les pièces d’une clarté limpide, comme si la maison avait ouvert grand ses fenêtres pour chasser les démons. Marc passa une main fatiguée sur son visage, les paupières lourdes, le corps engourdi par l’épuisement.

Il s’approcha de la cheminée.

Au fond de la vasque en fonte, il n’y avait plus rien. Même les cendres noires avaient disparu, volatilisées dans l’air de la nuit. La brique était propre, grise, comme si aucun feu n’y avait jamais brulé.

Il retourna dans son bureau.

La lame de parquet qu’il avait arrachée la veille était parfaitement emboitée à sa place, lisse, sans la moindre éraflure, comme si elle n’avait jamais bougé. Le secrétaire en chêne était clos, verrouillé, comme s’il n’avait jamais été ouvert. Dans la cuisine, le carrelage brillait, lavé de toute trace de verre brisé.

La maison avait fait le ménage.

Elle s’était lissée, polie, refaisant sa façade pour le monde extérieur. La preuve physique de leur cauchemar s’était évanouie.

Des pas légers résonnèrent dans l’escalier.

Lily descendait les marches une à une, son doudou trainant derrière elle comme un petit animal blessé. Ses parents la fixèrent, le cœur battant, guettant le moindre signe, la moindre inclinaison de sa tête vers un coin d’ombre.

La fillette entra dans la cuisine, frotta ses petits yeux ensommeillés, et bâilla.

— Bonjour maman. Bonjour papa. J’ai faim.

Hélène la jeta dans ses bras, fondant en larmes, serrant le petit corps chaud et souple de sa fille comme si elle craignait qu’il ne s’évapore. Lily rit, un vrai rire d’enfant cette fois, un rire sans écho et sans double fond.

Elle ne regardait plus le dessous du buffet.

Elle regardait le paquet de céréales sur la table.

Marc laissa échapper un long soupir, le premier vrai soupir depuis des jours. Le mécanisme de la comtoise dans le couloir restait silencieux. Le temps s’était remis à couler droit, sans boucles, sans coupures au milieu des phrases. Le soleil brillait.

Ils étaient sauvés.

💬 Commentaires 1

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Cornedor • 3 semaines
C'est louche, cette pseudo fin heureuse. ça sent mauvais pour les personnages !
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