Chapitre 2 : La Lisière
Dans la trace, ces jours-là se ressemblent. Je retrouve Liam sur les chemins de terre, près des murs où les enfants se cachent. J'y lis sa prudence humiliée et sa manière d'encaisser sans céder. S'il faut retenir un moment, ce serait un matin.
Le village s'appelait La Lisière. Ses ruelles sortaient à peine du sommeil. Plus haut, les murs clairs de l'Académie prenaient déjà la lumière, mais Liam suivit le chemin de l'ouest, loin des maisons et de la cour où les autres enfants le reconnaissaient trop vite.
Olen l'attendait près du chemin qui montait vers la forêt, l'air encore ensommeillé, les cheveux en mèches indisciplinées. Sa bouche, trop grande, tirait légèrement ses traits de travers, même lorsqu'il ne disait rien. À la vue de Liam, son visage s'ouvrit.
— Bonjour, Olen.
Pour toute réponse, Olen lui offrit un sourire immense. Liam respira plus librement. Devant lui, au moins, Olen ne baissait pas aussitôt les yeux.
C'était l'une de ces rares journées sans heurts. Le soleil éclairait doucement les sentiers, et Olen marchait à ses côtés. Ils prirent le détour habituel pour éviter les adultes. Plus jeunes, les autres enfants l'avaient suivi pour imiter sa démarche, sa bouche, sa manière trop lente de répondre. Depuis quelque temps, ceux qu'il croisait dans la cour de l'Académie ne riaient presque plus. Ils avaient appris mieux : ils lui souriaient.
Les grandes personnes, elles, parlaient à Olen d'une voix trop douce. Leur regard accrochait sa bouche, puis se détournait trop vite. Liam serrait les poings.
À l'ouest du village, la colline montait vers la grande forêt. On la disait dangereuse. Les cartes la représentaient mal, et les histoires à son sujet étaient nombreuses. Les deux garçons n'entrèrent pas sous les arbres. Ils s'assirent au sommet, essoufflés, les maisons minuscules en contrebas. Plus loin, les murs clairs de l'Académie accrochaient encore la lumière.
Liam aimait être en hauteur. D'ici, tout paraissait plus petit. Personne ne pouvait l'atteindre aussi facilement.
Olen contemplait les toits minuscules avec un sérieux presque théâtral. Il leva les deux bras.
— Un jour, dit-il.
— Un jour… ?
Olen chercha ses mots. Ses lèvres remuèrent longtemps avant de laisser sortir un son.
— Un jour, ils regarderont tous.
Il baissa aussitôt les bras et regarda ses pieds. Liam resta silencieux. Il n'aimait pas voir Olen attendre autant des autres, du monde.
— Tous, c'est-à-dire ? demanda-t-il.
Olen désigna les maisons en contrebas, puis les murs clairs de l'Académie, à l'autre bord de La Lisière. Son geste monta vers le ciel. Rien de précis.
— Père, d'abord. Et les autres. Dame Nihiline aussi. Et toi.
— Moi, je te regarde déjà.
Olen s'illumina.
— Oui. Mais après… avec les mains.
Liam fronça les sourcils.
— Avec les mains ?
Olen frappa doucement ses paumes l'une contre l'autre. Une fois. Deux fois. Liam comprit : des applaudissements.
Il se tourna vers le village. Il aurait voulu pouvoir lui promettre cela : des regards enfin tournés vers lui, et des mains qui frappent pour lui, pas contre lui.
— Ça viendra, dit-il.
Sa voix sortit trop faible.
Quand il se retourna vers Olen, son ami hochait la tête avec gravité, décidé à y croire.
Un court silence passa.
— Tu as entendu ? demanda Liam, en tendant l'oreille vers les arbres.
Olen tourna lentement la tête vers lui, sans répondre, puis ramena son regard vers la forêt. Toute proche, elle restait presque indistincte. La lumière peinait à percer l'épais feuillage.
***
De retour au village, Olen voulut passer par la taverne. Pour boire, sans doute. Pour écouter, surtout.
Liam n'aurait jamais eu cette idée sans Olen. Les adultes riaient fort et se taisaient net au passage d'un enfant. Il détestait ces silences-là.
Depuis l'entrée, ils inspectèrent la salle avant de se glisser à l'intérieur. L'Étranger était là, lui aussi, déjà au centre des regards. Il captivait les habitués avec son ton enjôleur et ses gestes assurés. Liam l'avait vu arriver affamé. Trois histoires plus tard, des adultes lui tapaient l'épaule et lui offraient à boire. À onze ans, il ne savait pas nommer cette facilité, mais elle lui déplaisait.
— Olen ! lança le tavernier en allant chercher deux verres.
Fidèle à lui-même, Olen fit signe à Liam de le suivre jusqu'au comptoir.
— Sur l'ardoise de ton père, comme d'habitude ? demanda le tavernier en versant du lait de chèvre.
Olen ne répondit pas ; il était ailleurs, indifférent au prix du lait. Le tavernier eut un bref rire, habitué aux manières du garçon.
— Et toi, tu as de l'argent pour payer ? lança-t-il en se tournant vers Liam, avec un air complice.
Liam porta la main à sa poche vide. Le visage chaud, il comprit qu'il avait suivi l'assurance d'Olen : pour son ami, le lait semblait ne rien coûter.
— T'en fais pas, p'tit. Le père d'Olen réglera pour toi aussi.
Le tavernier garda le silence une seconde de trop. Liam porta son verre à ses lèvres, puis chercha Olen du regard. Son ami buvait sans lâcher le conteur. Liam reposa le sien plus fort qu'il ne l'aurait voulu. Il aimait les histoires par-dessus tout. Les conteurs, en revanche, lui inspiraient moins confiance. Il avait vu l'Étranger faire rire une salle entière, la calmer d'un geste, retenir les regards comme on retient une porte.
— Viens ! Celle-là, il ne l'a jamais racontée, s'exclama Olen en l'entraînant avec une excitation rare.
Les deux garçons se glissèrent entre les chaises occupées jusqu'à trouver un espace libre face au conteur. Assis à même le sol, ils prenaient soin de ne déranger personne.
Lors d'une pause dans sa narration, le conteur les aperçut. Il s'adoucit en découvrant Olen : un auditeur fidèle. Face à Liam, autre chose passa dans ses traits, un éclat complice, moqueur ; il avait deviné la grimace réprimée de l'enfant. Liam tint un instant, puis céda.
Le récit s'acheva. Les rires vinrent ensuite, avec les exclamations de gens convaincus d'avoir passé un bon moment. L'Étranger remercia la foule d'un ton chaleureux, donnant des tapes amicales sur les épaules les plus proches. D'un geste discret mais assuré, il invita les deux enfants à le rejoindre à l'une des tables.
— Ton avis sur la dernière histoire, Olen ? demanda-t-il.
— Je ne l'ai… pas comprise, je crois, répondit Olen.
Ses oreilles rougirent. Il fixa la table.
— Ne t'en veux pas, bon sang ! lâcha Liam. Ces récits, personne ne les comprend vraiment, et le vieux le sait très bien.
— Ne sois pas triste, mon enfant, dit l'Étranger. Tu veux jouer aux cartes ?
Olen se redressa. Il se pencha aussitôt vers le paquet de cartes, attiré par sa texture étrange et sa teinte inhabituelle. Liam pinça les lèvres.
— N'entre pas dans son jeu. D'ailleurs, ce n'en est même pas un. Il te fait juste perdre ton temps.
Les cartes s'ouvrirent en éventail devant le vieil homme.
— Celle-là… elle n'y était pas, la dernière fois, fit remarquer Liam.
Depuis leur premier jeu avorté, une question le travaillait. La remarque lui avait coûté. Mais le voir surpris, ne serait-ce qu'un instant, n'était pas si déplaisant.
— Tu te souviens de ta carte ? demanda l'homme.
Liam hésita avant de se pencher lentement sur les cartes pour les examiner.
— Aucune d'entre elles. Tu l'as enlevée ou remplacée.
Sa voix baissa sur la fin.
— Mon enfant, dit le conteur d'un ton doux, je ne pense pas me tromper : tu as d'abord essayé de revoir la carte en esprit. Si tu y étais parvenu, tu n'aurais sans doute pas eu besoin de vérifier, n'est-ce pas ?
Liam se redressa trop vite.
— Celle-là, dit alors Olen en pointant une carte.
Le manège recommença, mais Liam l'observait de l'extérieur. Son ami restait paupières closes, occupé à se souvenir de la carte.
Alors Liam vit la Pierre.
La même masse sombre, froide rien qu'à la regarder.
La Pierre aperçue la première fois, sombre et brute, vint se loger dans la paume d'Olen. Le garçon ne réagit pas. Il resta immobile, absorbé par son effort. Après avoir repris la Pierre et refermé le paquet, le vieil homme toucha légèrement l'épaule d'Olen pour le tirer de sa concentration.
— Tu te souviens de ta carte, mon enfant ?
Olen hocha la tête. Il décrivit la carte avec ses mots à lui, maladroits mais compréhensibles. Liam dut reconnaître la justesse du souvenir.
— Gagné ! s'exclama le vieil homme, les yeux brillants.
Olen rit sans bruit et redressa les épaules.
Liam se tut. Ses doigts se crispèrent dès qu'il regarda l'homme. Il finit par relever la tête vers lui. Jusqu'ici, il n'avait jamais imaginé autre chose que la scierie, la table silencieuse et les coups à éviter. Maintenant, une autre possibilité existait, et elle tenait dans la main du vieux.
— La Pierre… balbutia-t-il, malgré lui.
Liam ne se souvenait plus de la carte. Il essaya de revoir sa figure, ses lignes, sa couleur. Rien. Le constat l'accompagna jusque chez lui. Il revoyait la Pierre, le sourire du vieux, la figure absente de la carte ; rien ne s'emboîtait. Il tenta de l'expliquer à son père.
— … Avec sa Pierre, souffla-t-il.
— Je te croyais au moins les pieds sur terre, répondit son père, las.
— Au moins ?
Son père s'apprêtait à regagner son atelier. Juste avant de disparaître au fond, il lança à son fils, sans se retourner :
— On ne te voit plus guère à la scierie, paraît-il.
Sa voix accrocha sur un mot. Liam attendit la suite, les yeux baissés.
— La tête ailleurs, marmonna-t-il à voix basse, surtout pour lui-même.
Le tissu retomba. Dans le fond de la maison demeurait l'odeur de l'Étranger : des herbes amères et de la laine mouillée. Le coin où il avait dormi paraissait désert, maintenant. Il se surprit à le fixer.
***
La première fois où l'on m'a parlé des Pierres, j'étais enfant.
On disait tout et son contraire à leur sujet : leur forme, leurs pouvoirs, leur origine.
J'ai consacré ma vie à cette question. L'Académie m'a donné ses livres, ses maîtres, ses certitudes. Jamais une preuve.
À quarante ans, je suis devenu conteur. Je croyais avoir renoncé. Puis une histoire m'est venue. Je ne l'ai ni entendue, ni lue, ni vécue.
Je ne l'ai pas inventée.
Depuis l'arrivée du navire, je garde le feuillet d'Erik près de mes pages. Quand je relève les yeux de Liam, je retombe sur les chaînes.
Elle se déroule dans un royaume lointain, parmi des êtres dont la langue nous est étrangère. Je la traduis comme je peux. Au début, je n'en possède qu'une trace : celle de Liam, imparfaite et incomplète.
***
Quelques jours plus tard, on frappa à la porte.
En ouvrant, Liam resta un instant saisi : Olen se tenait sur le seuil, méconnaissable dans une tunique orange éclatante.
À La Lisière, tout le monde connaissait cette couleur. Chaque année, l'Académie rejouait la vieille guerre du Velmor, et les rôles du Soleil revenaient aux élèves qu'on voulait montrer. Le blanc de la Lune comptait presque autant. Quant à la tunique noire, une seule existait, et les académies se la disputaient comme une relique.
Olen se balançait d'un pied sur l'autre, les bras légèrement écartés, en prenant garde à ne pas froisser l'étoffe. Jamais Liam ne l'avait vu ainsi. Pas seulement heureux. Prêt.
— C'est aujourd'hui, souffla Olen.
L'image lui revint : les mains de son ami frappant doucement l'une contre l'autre, là-haut, sur la colline. Les applaudissements qu'il attendait de tous. Il se tourna vers la porte. À la pensée du chemin jusqu'à l'Académie, il ralentit sur le seuil. Mais ce soir-là n'était pas vraiment pour lui.
Il avait peu à offrir. Il pouvait au moins être là. Alors il suivit Olen.
Après les dernières maisons, le chemin montait encore entre deux haies. Depuis sa dernière visite, l'Académie n'avait guère changé. Dans le soir, les murs clairs avaient une couleur terne. Les adultes parlaient entre eux, les visages maîtrisés. Les enfants couraient et se bousculaient dans la cour.
Il chercha une place au bord, prêt à partir au premier rire. En contrebas, les élèves entamaient leurs dernières répétitions. Des voix montaient, parfois brisées par les gestes secs des maîtres.
Liam aperçut l'Étranger parmi les spectateurs.
L'homme discutait avec une aisance agaçante, comme s'il appartenait aux lieux. Une femme riait avec lui. Un vieil artisan lui tapait l'épaule, et il recevait ces marques avec la gratitude calculée de ceux qui savent les provoquer. Liam rentra le menton.
La pièce commença. Les chants et les costumes lui semblèrent d'abord lointains, étrangers. On rejouait une guerre ancienne avec des voix d'enfants, des masques et des bâtons usés par les répétitions. Les adultes hochèrent la tête dès les premières tirades, heureux de retrouver une histoire qu'ils connaissaient déjà.
Puis Olen entra.
Des rires étouffés passèrent dans les gradins. Rien de franc, rien qu'on puisse condamner. Des adultes se penchaient vers leurs voisins, la bouche attendrie. Olen riait avant la réplique suivante. Dans les gradins, plusieurs sourires arrivèrent en même temps.
Olen rayonnait de toutes ses forces.
Aux premiers applaudissements, Olen leva le menton vers les gradins. Liam sentit son ventre se serrer.
Son ami jouait avec une énergie entière. Il cherchait son père parmi les maîtres et les enfants de l'Académie. Quand il aperçut Liam, son visage s'ouvrit davantage.
Liam voulut sourire et y parvint à moitié.
Lorsque la pièce prit fin, les applaudissements montèrent dans la cour, mêlés aux cris des élèves et aux compliments des parents. Olen se tenait parmi les autres, sa tunique orange visible entre toutes. Il saluait à contretemps, et à chaque erreur, les adultes penchaient la tête avec le même sourire.
Liam resta en retrait. Les applaudissements étaient venus, comme sur la colline. Mais les mots ne venaient pas.
Les adultes entourèrent Olen, l'accablant d'exclamations. Liam recula, pas à pas. Personne ne l'arrêta.
Sur le chemin du retour, entre l'Académie et les premières maisons, il marchait seul. La nuit tombait. Il repensait à la représentation : les rires étouffés, les sourires attendris, les applaudissements. Son ami semblait l'ignorer.
*Trop simplet pour comprendre.*
La pensée le dégoûta aussitôt.
Il s'arrêta net. Le sang lui monta au visage. Il n'avait même pas trouvé la force de rejoindre la tunique orange et ce visage ouvert.
Il reprit la route, plus vite.
Une silhouette se tenait en travers du chemin, à une dizaine de mètres.
Lamora savait quand attaquer et où frapper. Il connaissait aussi la limite à ne pas dépasser. Celui qui lui barrait la route n'avait pas ce genre de retenue. Le garçon paraissait plus âgé, plus grand que les autres. Dans la bande, on l'appelait La Brute. Personne n'avait jamais cherché meilleur nom.
Et ce soir-là, Lamora n'était pas là.
Le froid aux doigts. Les genoux mous, le souffle coincé dans la poitrine.
La Brute s'élança.
Par le passé, Liam était parfois resté immobile, parce qu'il savait jusqu'où les autres iraient. Là, c'était différent : il tenait à sa vie.
Alors il courut.
Il se mit même à crier.
Mais il était tard. Les adultes évitaient ce sentier noyé de végétation, trop proche des haies et trop loin de la place. Les premières maisons restaient à distance. La nuit tombait autour de lui.
Liam n'était pas rapide ; il ne l'avait jamais été. Ses jambes maigres le trahirent. Il se retourna brièvement.
Une main agrippa son col.
À partir de là, la trace devient floue.
Il m'a parfois fallu reconstituer des détails manquants. Elle livre peu. J'ai d'abord cru voir Liam se défendre. Il aurait poussé La Brute au torse, donné un coup de genou maladroit. La fuite aurait paru possible. Plus loin, au bord du sentier, il aurait trébuché après avoir arraché un cri à son agresseur.
Non.
Ce n'est pas ainsi que cela s'est passé.
Ou plutôt : j'aurais aimé le comprendre ainsi.
La trace ne garde rien d'aussi noble. Seulement le sang.
Liam le connaissait. Pas comme ça. Ce sang-là ne venait pas seulement d'une lèvre fendue ou d'une joue mordue. Il coulait sans mesure.
Le haut et le bas se mélangèrent, le tronc contre son dos, la terre contre sa joue. À chaque respiration, sa poitrine se déchirait. Une main énorme le retourna. Un choc le traversa. Le sol, peut-être. Ou son propre corps, qu'il ne distinguait plus de lui. La douleur s'éloigna. Bientôt, il ne sentit presque plus son corps. Il n'y eut plus que le bruit confus dans ses oreilles, l'odeur du sang et des feuilles écrasées.
Quand il reprit connaissance, la nuit était tombée.
La Brute avait disparu.
L'Étranger était là, penché sur lui.
Au début, Liam crut rêver. Il reconnut à peine les traits ridés et les mains assurées. Une douleur nette lui traversa le flanc. L'écorce râpait son dos. La terre collait à sa joue.
Alors il s'agrippa à lui et éclata en pleurs.
— L'É… L'Étranger… balbutia-t-il.
Le vieil homme attira Liam contre lui avec une grande précaution. Il lui caressa les cheveux et parla tout près de son oreille.
— Tout va bien maintenant.
Au-dessus d'eux, les branches se dessinaient sur le ciel sombre. Plus bas, derrière les haies et les premières maisons, la soirée continuait au village. Les derniers spectateurs rentraient chez eux en commentant la pièce et les erreurs touchantes des enfants. Olen devait dormir, heureux d'avoir été regardé. Liam respirait douloureusement contre la vieille veste de l'Étranger.
— Tu sais, dit enfin le vieil homme, un souffle de rire dans la voix, j'ai un nom.
Les larmes revenaient avec la douleur. Liam fouilla sa mémoire. Au milieu du sang et de la nuit, il retrouva ce nom.
— Kvöt…
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