Dimanche 5 juillet, 13h30
Ne sachant à quelle heure nous allions rentrer, maman nous avait préparé une salade composée, une marmouillette comme elle appelle cela et dont la recette varie en fonction des ses envies et de ses fonds de frigo. Fañch l’a mangée avec appétit en nous écoutant poliment bavarder, même si la conversation ne devait être passionnante pour lui.
Nous sommes allés ensuite rassembler nos affaires dans la chambre (ce fut vite fait), avons dit au revoir au ma mère, puis avons pris le tram et le train pour Rennes. Dans le train, il était à nouveau accroché à son téléphone. Je lui ai demandé ce qu’il regardait. Il était en train de consulter les photos qu’il avait prise de l’éléphant mécanique. Pas envie qu’il me saoule à nouveau avec ça. J’ai pris le mien. Ses yeux verts m’ont tout de suite apaisée. J’ai scrollé un peu pour passer le temps. Quand nous sommes arrivés à proximité de Rennes, quand les gens ont commencé à se lever, j’ai senti comme une bouffée d’angoisse monter en moi. Non je ne pouvais pas aller dormir seule chez moi. Une photo de ses yeux ne suffirait pas à calmer mes terreurs nocturnes si Lucas venait de nouveau hanter ma nuit.
« Fañch, je peux dormir chez toi ce soir ?
- Si tu veux ! »
Le goujat ! « Si tu veux ! » Pas « avec plaisir » mais seulement « si tu veux ! ». Comme si cela lui était indifférent que je sois dans son lit ou pas.
Quand nous sommes arrivés chez lui, il m’a demandé d’aller saluer Marie tandis que, lui, montait directement au deuxième étage pour ouvrir les velux et évacuer la chaleur accumulée pendant le week-end, malgré les stores baissés. Marie m’a accueillie chaleureusement en m’appelant « ma belle ». Le contraste m’a saisi avec ma mère qui n’avait finalement jamais su me montrer ses sentiments. En redescendant, Fañch l’a enlacée, s’est inquiété s’il elle n’avait pas eu trop chaud, de ce qu’elle avait fait pendant le week-end.
« J’ai fini le premier roman que tu m’avais prêté. Tu avais raison c’est très drôle.
- Je demanderais à Corentin de te prêter la suite.
- Je lui ai déjà demandé. Tu te souviens ? Tu m’avais laissé son numéro de portable si j’avais besoin de traduction des expressions en québécois. On a discuté tout le week-end. Il m’a même envoyé des photos des rues du plateau Mont-Royal avec les balcons et les escaliers à l'extérieur pour que je me fasse une idée du décor. Il est gentil ton frère. Tu iras me chercher le tome 3 avant que je finisse le tome 2 ? »
Elle lui a tendu un livre au titre intriguant : « La grosse femme d'à côté est enceinte » d’un certain Michel Tremblay. Je m’en suis emparé. Fañch m’a expliqué :
« Corentin est hyper fan de cet auteur qu’il a découvert pendant son séjour à Montréal. Il a lu quasiment tous ses livres. Et je crois que Marie est en train de devenir fan aussi. J’essaierai de passer chez Coco demain soir pour te ramener la suite » a-t-il promis à Marie.
Fañch s’est ensuite inquiété si elle avait de quoi manger, si elle n’avait besoin de rien. Il m’a ensuite proposé de monter dans sa chambre pendant que lui allait préparer et vérifier son matériel de démo pour le lendemain. J’ai demandé à Marie si ça ne la gênait pas que je reste un peu à papoter avec elle. Je voulais en savoir plus sur elle.
Elle m’a gentiment proposé à boire mais en fait c’est moi qui nous ai servi une eau citronnée à toutes les deux. Elle m’a parlé de son mari Charles qui l’avait sauvée en l’amenant à Rennes. Sauvée de qui, de quoi ? Elle gardait une part de mystère. Elle a parlé d’Hervé qui a été l’employé de Charles dans le magasin de modélisme qu’ils tenaient tous les deux en bas et qui n’a jamais marché très fort. C’était leur passion à Charles et Hervé et Charles avait suffisamment d’argent pour ne pas avoir besoin que le magasin soit rentable. Elle-même tenait une boutique d’accessoires de mode dans le centre de Rennes : elle vendait des gants, des chapeaux, des foulards. Ça marchait plutôt bien mais plus personne aujourd’hui ne porte de chapeaux ou de gants, Quand elle avait cessé son activité, la boutique avait été reprise par un vendeur de téléphones. Ça lui avait fait mal au cœur et c’est pour cela qu’elle avait longtemps refusé d’avoir un téléphone portable. C’était Fañch, son petit chéri comme elle l’appelait, qui l’avait convaincue. Il lui avait même fait acheter une montre connectée pour pouvoir appeler en cas de problèmes. Il restait traumatisé par sa grand-mère qui avait fait une chute et était restée quatre heures par terre dans sa cuisine, souffrant le martyr.
J’ai mis fin à la conversation après avoir reçu un texto de Fañch me disant qu’il avait presque fini et que si je voulais prendre une douche en attendant, il y avait des serviettes dans le bas de l’armoire. Je me suis rendu compte alors que cela faisait plus d’une heure que je discutais avec Marie et qu’il était sans doute temps que je la laisse.
Et puis je dois avouer, la perspective de pouvoir aller fouiller dans les affaires de Fañch me séduisait beaucoup. Je suis donc montée dans sa chambre où il faisait encore chaud. J’ai ouvert l’« armoire d’Hervé » comme l’appelait Fañch. Il y avait bien des serviettes sur l’étagère du bas (pour deux, on utilise bien le pluriel ?) mais ce qui m’a intriguée le plus ce sont ses vêtements rangés non pas par type (les pantalons d’un côté, les tee-shirts de l’autre, les pulls et sweat-shirts encore ailleurs), mais par couleurs. Les rouges avec les rouges, les bleus avec les bleus, les verts avec les verts, les beiges et les marrons ensemble. Original ! Ses caleçons et ses chaussettes étaient en revanche en vrac dans des boites. Il y avait même dans la boite aux caleçons quelques boxers alors que je ne l'avais jamais vu en porter. J’ai pris certaines de ses affaires, ait respiré leur odeur (idiot, ça sentait plus la lessive que le Fañch). J’ai essayé de trouver et de comprendre les marques codant la couleur faites par Soizic. Puis de peur d’être surprise, j’ai tout rangé comme c’était et suis allée prendre une douche.
Quand il parlait d’une douche brinquebalante, il n’exagérait pas. J’ai eu un mal de chien à ouvrir la porte pour me glisser dedans et plus encore pour en sortir. En fait je ne suis pas sortie toute seule de la douche. Cela faisait un certain temps que je me battais avec les portes quand Fañch est arrivé. Il s’est d’abord marré de me voir coincée dans la cabine puis m’a expliqué qu’il fallait légèrement soulever la porte à un endroit pour faire glisser d’abord la porte de droite (enfin celle de gauche vue de l’intérieur) qui ne s’ouvrait qu’aux trois quarts et c’est seulement alors qu’on pouvait s’attaquer à l’autre. Il m’a tendu la serviette et est sorti de la salle de bain.
Il était monté avec le diner : deux bols, des cuillères, des paquets de céréales et du lait.
« C’est tout ce que j’ai pour manger ce soir. Je n’avais pas prévu d’invitée ».
Nous avons mangé nos céréales, sagement assis côte à côte sur le lit. Il est allé prendre une douche et est revenu vêtu d’un simple caleçon. Je l’attendais nue dans son lit sans même un drap pour me couvrir. J’avais tout viré du fait de la chaleur.
Il s’est approché de moi avec un air gourmand. Il s’est agenouillé entre mes jambes et a commencé à m’embrasser l’intérieur des cuisses. C’est fou ce que c’est sensible à cet endroit-là. Puis il est remonté, a isolé de ses doigts mon clitoris avant de le lécher. Il a écarté aussi mes lèvres et a immiscé sa langue en moi.
« Je croyais que tu n’aimais pas faire cela ?
- Oui mais ce soir, tu as mérité.
- En quel honneur ?
- Pour te faire oublier tes cauchemars. Et que je puisse dormir tranquille ensuite ».
Impossible qu’il soit sérieux jusqu’au bout ! Cela ne m’a pas empêchée de prendre du plaisir à ses caresses et encore plus quand il a enfoncé un doigt, non une phalange en moi. Puis ce furent deux phalanges puis son doigt entier qui est venu fouiller mon intimité pendant que sa langue continuait de s’activer. J’étais aux anges mais j’en voulais plus.
« Tu n’as pas plus gros que ce doigt à mettre à l’intérieur ?
- Si, bien sûr ».
Il a retiré son doigt et a mis son pouce à la place.
« Idiot va ! Encore plus gros ! Et plus long !
- Il faudrait un gode. Mais je n’ai pas cela chez moi.
- Bien sûr que tu as ce qu’il faut. Entre tes jambes !
- Je ne vois pas !
- Viens m’embrasser !
- A vos ordres ! »
Il est remonté doucement, déposant des baisers sur mon ventre, s’attardant sur mes seins, m’embrassant dans le cou, avant de glisser sa langue dans ma bouche. J’en ai profité pour mettre mes mains sur ses hanches, saisir son caleçon, le faire glisser vers le bas et me saisir de sa queue.
« Ça, ça pourrait convenir !
- Oui mais il faut le demander gentiment !
- S’il te plait !
- S’il te plait qui ?
- S’il te plait Fañch !
- S’il te plait quoi ?
- S’il te plait Fañch, fous moi ta putain de queue dans ma chatte et baise moi !
- Quel langage ! »
J’ai coupé court en introduisant moi-même sa queue en moi.
« Et maintenant ? a-t-il demandé
- Mais bouge putain !
- Quel profondeur, quel rythme ?
- Plus profond que cela ! »
Il m’a pénétrée centimètre par centimètre m’obligeant à chaque fois à le supplier de m’en donner plus. J’ai fini par saisir ses fesses à deux mains pour imprimer à ses mouvements l’amplitude et le rythme que je voulais. Sa bouche a commencé à redescendre. D’abord dans mon cou, puis sur mes seins qu’il a commencé à lécher, puis à mordiller un de mes tétons. Et là ce fut le trou noir.
J’ai revu Lucas, dans la même position me mordant les seins jusqu’au sang pendant que sa bite déchirait mon vagin insuffisamment lubrifié et que je subissais la douleur sans rien oser dire. J’ai fermé les yeux. Quand je les ai ouverts, ce n’était plus la tignasse rebelle de Lucas qui était sur ma poitrine mais les cheveux poivre et sel de Gérald. Et toujours cette douleur dans le bas ventre.
« Julie, reste avec moi ! »
La voie désespérée de Fañch. Il était toujours fiché en moi mais s’était figé. Il m’embrassait à pleine bouche. Cela ressemblait d’ailleurs moins à un baiser qu’à un bouche-à-bouche pour réanimer un noyé.
« Julie, reviens !
- Je suis là. Continue !
- Tu es sûre ?
- Oui, regarde-moi ! »
Plus il me parlait, plus je le regardais, plus je me plongeais dans ses yeux verts, plus les visions cauchemardesques s’évanouissaient. Je l’ai guidé.
« Là comme cela, un peu plus profond. Encore. Là c’est parfait. Un peu plus amples les mouvements. Pas trop non plus. Un peu plus rapide. Ne change plus rien, c’est parfait ! »
Et le plaisir est monté, doucement sûrement.
« Ne me lâche pas des yeux ! Regarde-moi ! »
Ses yeux verts étaient un océan dans lequel je m’abandonnais. Plus rien n’existait que leur éclat, que les reflets bruns et dorés qui animaient ses iris. Eux et le plaisir qui montait en moi, provoqué par sa queue qui continuait ses mouvements de va-et-vient.
« Continue ne t’arrête surtout pas ! »
J’ai passé mes jambes au-dessus de ses cuisses pour l’empêcher de sortir. Je l’ai attrapé par la nuque et ai plaqué ma bouche contre la sienne. Je l’ai pénétrée avec ma langue comme lui me pénétrait avec sa queue. Ce fut un feu d’artifice. Un des plus gros orgasmes qu’il m’ait procurés.
« Chut, arrête… »
J’avais besoin de reprendre mon souffle. J’ai laissé passer quelques secondes, lui toujours fiché en moi, toujours bloqué par mes cuisses.
« Tu peux reprendre, prend ton pied à ton tour !
- Ça fait longtemps que je l’ai pris !
- Comme cela ?
- Quand tu as dit « là c’est parfait », j’étais pile poil sur le petit point que tu caches au fond de ton vagin. Heureusement que tu n’as pas dit plus profond, parce qu’en même temps, j’étais un peu au bout de mes capacités, me semble-t-il. Il aurait fallu que j’aille chercher quelqu’un de mieux monté que moi.
- Elle est parfaite ta queue.
- Du coup, je n’ai pas pu me retenir longtemps.
- Je croyais qu’une fois que tu avais joui, tu ne pouvais pas continuer, que ça devenait douloureux.
- C’était supportable. Et puis j’ai éjaculé pile poil au moment où tu as dit « continue ne t’arrête surtout pas ! ». Je n’avais pas trop le choix.
- Oh mon pauvre chou, je suis désolée.
- Ça valait la peine. Tu as joui non ? »
J’ai fait oui de la tête.
« Je peux sortir maintenant. J’ai la permission.
- Oops, désolée.
- Ce n’est pas que je ne sois pas bien en toi mais là j’ai un peu des crampes. Je n’ai pas suffisamment d’abdos pour rester au-dessus de toi comme cela sans t’écraser. Je fatigue. »
Je l’ai laissé sortir presqu’à regret quand même.
« Tu m’expliqueras ce qui s’est passé de ton coté ? Pourquoi je t’ai perdue un moment ?
- Oui mais pas maintenant. Je ne veux pas m’endormir avec ces images en tête mais en savourant le plaisir que tu m’as procuré. Regarde-moi ! »
J’ai plongé une dernière fois mon regard dans ses yeux verts. J’ai éteint la lumière, une simple lampe posée à terre. Je me suis collée dans son dos. Ma main est venue caresser ses testicules.
« Je vais avoir moi du mal à m’endormir si tu continues ainsi ! Et puis il fait chaud collés ainsi.
- S’il te plait, juste quelques minutes ! ».
Je lui ai fait un bisou sur la nuque. Je lui ai attrapé sa queue toute flasque et toute poisseuse de nos secrétions. Il a eu un mouvement de recul. J’étais bien tentée de continuer pour l’embêter un peu mais je lui ai plutôt fait un autre bisou dans le dos en lui disant :
« Je t’aime.
- Moi non plus ».
Désespérant. Je me suis endormie comme une masse.
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