Mercredi 24 juin, 11h00

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 2212 mots

Nous ne sommes pas restés très longtemps chez Marie. La vieille dame était impatiente d’aller faire ses courses hebdomadaires et Fañch ne souhaitait pas louer la voiture trop longtemps. Il m’a fait redescendre d’un étage pour entrer dans une pièce au rez-de-chaussée, attenante au local commercial vide. Il y avait là un bureau avec un ordinateur, un établi couvert de trucs et un petit coin cuisine. Juste deux plaques électriques, un petit frigo, un évier et un micro-ondes. Il a débarrassé le bureau de tout ce qui trainait dessus et m’a proposé de m’installer là avec mon ordi portable et les papiers que j’avais embarqués avec moi. Il m’a embrassé et m’a dit : « Continue ton travail, nous on va faire les courses avec Marie et on te préparera ensuite à manger. Cet après-midi, je te ferais visiter ». La pièce, restée dans le noir, était relativement fraiche, ce qui était appréciable. Je me suis remise au travail.

Ils sont revenus une heure et demie plus tard. Fañch a monté les courses de Marie chez elle. Il est reparti aussitôt ramener la voiture en autopartage à la station la plus proche. Je l’ai entendu remonter et discuter avec Marie. Il est juste redescendu un court instant pour me demander si une omelette avec de la salade, ça m’allait.

« Tu proposes quoi d’autre ?

- De la salade avec une omelette !

- Très drôle !

- Très bon choix, vous ne le regretterez pas. C’est la spécialité de Marie. Je viens te chercher quand c’est prêt ».

L’omelette de Marie était effectivement particulièrement réussie. Elle était soufflée et agrémentée de quelques lardons. En dessert, il y avait des religieuses au café ou au chocolat. Marie a pris celle au café et Fañch m’a dit que ne sachant pas pour moi il m’en avait pris une au chocolat comme pour lui.

L’omelette-salade et les religieuses étaient visiblement leur menu du mercredi midi, un rituel de retour de courses. Evidemment, j’ai voulu savoir qui était Marie.

« C’est une longue histoire » a dit Fañch.

A la mort de son père, Annie, avait réparti l’essentiel de son héritage entre ses trois fils. Cela avait permis à Gwendal et Soizic de reprendre la ferme familiale sans trop s’endetter. Et à Fañch de résoudre son problème de logement. Son statut d’indépendant, l’absence de fiches de payes, de CDI, faisaient qu’aucun propriétaire n’acceptait de lui louer un logement, qu’aucune banque n’acceptait de lui prêter de l’argent pour en acheter un.

C’est Louis, un ami de fac d’Emilien (encore lui !), qui avait trouvé la solution. Louis était clerc chez un notaire. Une des clientes de son boss souhaitait vendre son bien en viager mais à des conditions ultra-particulières. Ce qu’elle voulait c’était moins de l’argent (elle n’en avait pas besoin disait-elle) qu’une présence à ses côtés pour l’aider au quotidien. Cela supposait que l’acheteur vienne loger sur place alors qu’elle n’avait à proposer qu’une chambre avec douche, sous les toits, au deuxième étage et cet atelier-bureau-kitchenette au rez-de-chaussée où il m’avait installée pour travailler. Non seulement les candidats ne se pressaient pas mais en plus Marie se montrait ultra sélective, ayant rejeté les rares acheteurs potentiels que Louis lui avait présentés. Jusqu’à Fañch pour lequel elle avait un véritable coup de foudre, allez savoir pourquoi ! Elle-même restait mystérieuse sur le sujet et refusait d’expliquer les raisons de son choix. Ni pourquoi elle s’entêtait à l’appeler Franz. En tout cas, elle et lui s’étaient immédiatement bien entendus. Fañch avait dû quand même faire un mois d’essai, logé gratuitement mais au service de Marie avant de signer chez le notaire un accord sur le montant du bouquet, la rente à verser tous les mois et les obligations de Fañch à l’égard de Marie.

« Franz les oublie un peu ces fameuses obligations en ce moment. Il me néglige mais quand j’en vois la cause je ne peux que pardonner à mon petit chéri. Une vieille peau comme moi ne peut rivaliser avec la jeune femme dans la fleur de l’âge que vous êtes, ma petite Julie ».

C’était visiblement un jeu entre eux. Elle jouait à l’amoureuse éplorée et lui rentrait dans son jeu. Fañch, lui avait fait acheter un smartphone pour qu’elle puisse le contacter en cas de besoin et une montre connectée en cas de chute. « Je suis devenue une vraie geek, comme on dit, grâce à mon Franz ».

Après manger, Fañch m’a fait visiter toute la maison. Enfin surtout le second étage, puisque, le reste je l’avais déjà vu. Il y avait là-haut une grande chambre mansardée avec pour seuls meubles un lit et une belle armoire ancienne. « C’est celle d’Hervé, m’a dit Marie. L’ancien occupant de cette chambre. J’ai tout viré, enlevé le papier peint très très daté, on va dire pour être gentil, et qui couvraient les murs et même le plafond. Le plafond ça a été toute une histoire. Quand j'ai voulu arracher le papier peint, il s'est effondré en partie. Il y avait des tuiles cassées au-dessus et les infiltrations d'eau l'avait fragilisé. J'étais démoralisé. Gwendal et papa sont venus. Papa a dit, "Mets ton mouchoir là-dessus et avance". Son expression favorite. On a viré complètement le faux plafond, ce qui a permis de faire ressortir la charpente. C'est plus joli comme ça, non ? On en a profité pour tout isoler et on a plaqué. Ça a été un gros taf. De cette pièce, je n'ai finalement gardé que l’armoire. Je la trouve trop stylée. Et puis aussi parce qu’on n'a pas réussi à la sortir de là. On a essayé avec les potes. Elle ne tourne pas dans l’escalier. A se demander comment elle arrivée là ! Ils ont dû la monter sur place. Je n’ose pas la démonter. Elle risque de s’effondrer ». La salle d’eau attenante à la chambre était « dans son jus ». Un lavabo en porcelaine fêlé, des toilettes, un bidet, une cabine de douche brinquebalante.

Une seconde porte s’ouvrait du même côté de celle de la salle d’eau. Je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de lui demander ce qu’il y avait derrière et il m’a invité à l’ouvrir pour le découvrir par moi-même. J’ai alors pénétré dans un espace tout beau tout propre, avec les murs peints en blanc mais totalement vide et divisé en quatre pièces. Dans la petite du fond, des tuyaux sortaient du mur et du sol. Dans tout l'espace, le sol était brut, en béton ou quelque chose y ressemblant.

« C’était l’ancien grenier. J’ai tout vidé. Gwendal m’a aidé à poser des vélux. Là aussi on a tout isolé, plaqué et peint en blanc. J’ai prévu d’y faire une chambre, un bureau et une salle d’eau digne de ce nom. Ce qui me permettra ensuite de péter l’ancienne salle d’eau, de transformer celle-ci en un coin cuisine et de transformer l’actuelle chambre en séjour.

- Tu as fait cela tout seul ?

- Non j’ai eu de l’aide des potes pour le placo. Par contre pour les bandes de plâtre, l’enduit et les peintures, il n’y avait pas beaucoup de volontaires. Il n’y a visiblement pas que moi qui déteste peindre les plafonds. En plus je ne suis pas doué, je m’en fous plein sur moi. J’en avais tellement marre de devoir enlever la peinture dans les cheveux que je me suis fait la boule à zéro le temps de finir les travaux.

- D’où ta coupe en brosse ce soir-là au bar.

- Grâce à laquelle tu es tombée amoureuse de moi.

- Je dirais plutôt malgré laquelle je t’ai abordé. Franchement ça ne t’allait pas du tout.

- Ce n’était pas fait pour plaire mais pour des raisons pratiques.

- Et depuis les travaux semblent arrêtés ? Pourquoi ?

- Parce que je n’ai pas les sous pour les continuer. Une salle de bain ça coute un rein. Une cuisine ça me couterait l’autre et je n’ai pas envie de finir sous dialyse. Mais je signe un contrat avec Matthieu, je pourrais peut-être m’offrir une belle salle de bain pour Noël ».

Nous avons commencé à redescendre car il faisait mourant de chaud à l’étage. Dans l’escalier, son téléphone a bipé.

« Les catadioptres sont arrivés ! Il faut que j’ailler les récupérer au locker.

- Les quoi ?

- Les catadioptres ! Peut-être la solution pour résoudre le problème d’alignement des lasers et des photodiodes. Les catadioptres, ça renvoie la lumière dans la direction de la source. Si on met le capteur juste dessous le laser, le problème d’alignement est résolu. J’ai hâte d’essayer ! »

Photodiodes, catamachins : il recommençait à parler chinois ! Il m’a demandé si je voulais rentrer chez moi pour bosser. Comme j’avais toutes mes affaires avec moi, ce n’était pas forcément nécessaire. Je n'avais pas trop envie de tout redéménager et la pièce en bas était plus fraiche que mon appartement. J’y suis donc retournée travailler pendant que lui se précipitait dehors pour aller chercher ses nouveaux jouets.

Quand il est revenu, il s’est immédiatement enfermé dans le local commercial à coté qui était plongé dans le noir, rideaux métalliques baissés. Pendant deux heures je ne l’ai pas vu. Je l’entendais pester. Ça n’avait pas l’air de fonctionner ses catatrucs. Un moment, j’ai voulu faire un break et suis allée le voir. Il était assis en tailleur dans le noir avec des lasers allumés et un ordi portable sur lequel il y avait plein de graphiques qui bougeaient dans tous les sens. Je lui ai demandé si ça allait. Je n’aurais pas dû. Il m’a jeté, m’a dit que bien sûr que non, que je voyais bien que ça ne marchait pas. S’il le disait…

Il était d’une humeur de chien. Je lui aurais bien dit de ne pas me parler sur ce ton, que je n’y étais pour rien, moi, mais je n’ai pas voulu envenimer les choses. J’ai quitté la pièce sans un mot.

Heureusement que de mon côté, ça avançait plutôt bien. J’avais presque finalisé ma proposition de nouvelle campagne. Je la montrerais au chef demain et s’il était d’accord nous pourrions la présenter vendredi après-midi au big boss de la boite. Plus je l’affinais, plus j’y croyais à ce projet. Je serais vachement déçue si le chef de la validait pas. D’autant plus que je n’avais pas d’alternative à proposer.

Tout à coup, j’ai entendu un hurlement dans la pièce à côté. Je n’ai pas osé réagir. Ça pouvait être un cri de victoire, ça y ressemblait. Mais ça pouvait aussi être un cri de rage. Je ne voulais pas prendre le risque de me faire tèje une deuxième fois. Il a déboulé dans la pièce en répétant : « Ça marche ! Ça marche ! Je le savais que ça marcherait ! ». Je lui aurais bien répondu que moins d’une heure avant, il n’avait pas l’air d’en être si certain, mais bon.

Il a entrepris de m'expliquer comment il s'y était pris, « c'est tout bête ! », mais je n’ai rien compris à ce qu’il racontait. Il avait l’air content, c’était le principal. Et comme il me couvrait de baisers, je n’allais pas me plaindre. Je préférais cela à son humeur massacrante précédente. Il a ensuite monté l’escalier quatre à quatre. Je l’ai suivi, par curiosité. Il a déboulé dans l’appartement de Marie pour lui annoncer à elle aussi que ça marchait. Elle n’avait pas l’air de comprendre plus que moi ce qu’il racontait mais était heureuse qu’il la prenne dans ses bras pour lui faire un câlin.

« On va fêter cela ce soir ! », a-t-il décrété. Nous avons échangé avec Marie un regard perplexe. Il est redescendu et a travaillé encore deux bonnes heures. J’en ai profité pour fignoler ma présentation et ranger mes affaires. Il n’y avait plus qu’à attendre le verdict du chef demain.

Je suis ensuite allée voir Marie. Fañch nous a rejoint quelques temps après et nous a préparé un apéro, pour « fêter cela ». Le verre de porto servi à Marie était très généreux. Pendant que je répondais aux questions parfois fort indiscrètes de Marie, il nous a fait réchauffer des galettes. Il m’a demandé ce que je voulais comme garniture mais a servi d’office à Marie une galette andouille fromage. Visiblement ils avaient leurs habitudes tous les deux et le menu du mercredi soir devait être tout aussi connu d’avance que l’omelette salade du mercredi midi. Je découvrais vraiment un autre Fañch, routinier.

Après avoir mangé et fait la vaisselle, il m’a proposé de me raccompagner : il avait son vélo à récupérer chez moi. J’avais de nouveau un zébulon tout sautillant à côté de moi. L’appartement resté fermé toute la journée était relativement frais. Je lui ai proposé de rester dormir. Il a sauté sur l’occasion : sa chambre sous les toits devait être une fournaise.

Il est allé prendre une douche et est revenu tout mouillé mais tout frais. Il s’est allongé à mes côtés et m’a caressé les seins, les a un peu mordillés. Il était collé à moi malgré la chaleur. Ses doigts ont commencé à jouer avec mon clitoris et sont même venus me pénétrer. C’était bon. Il a soulevé une de mes jambes et le l’ai senti s’immiscer en moi, d’abord tout doucement puis de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il jouisse en moi. Sa queue avait apparemment retrouvé sa rigidité habituelle, Ses problèmes d’érection semblaient avoir disparus avec la fatigue et la mauvaise humeur. Finalement tout cela à cause de lasers qui ne fonctionnaient pas comme il voulait ?

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