Mercredi 8 juillet, 20h30

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 1270 mots

Le diner fut une parenthèse enchantée. Ce n’étaient pas des galettes comme ils en avaient l’habitude le mercredi (trop chaud, m’ont-ils dit), mais du melon, dans lequel Marie avait ajouté une bonne dose de Porto, suivi de beignets d’aubergine.

« C’est Fañch qui les a faits » m’a dit Marie, comme si elle essayait de me le vendre en promouvant ses talents de cuisinier. Les beignets étaient tièdes et surtout excellents. Ils avaient acheté un Saint-Honoré pour le dessert en espérant que j’aime cela. En tout cas Marie en raffolait. En semblait ravie de nous avoir tous les deux avec elle.

Nous avons un discuté, elle et moi, du bouquin de Michel Tremblay dont j’avais commencé la lecture.

« Ça me rappelle ma jeunesse, à la ferme, avec ma mère, mon père, ma grand-mère, mon frère, ma tante, mon cousin. Et maman attendant notre petite sœur, née juste après-guerre, neufs mois après le retour de mon père qui était prisonnier. Tu sais, j’avais à peu près l’âge de Thérèse et Pierrette du roman à l’époque. Et les religieuses qui nous faisaient la classe n’étaient pas plus avenantes que celle de Montréal. Ça me fait drôle de lire qu’à des milliers de kilomètres de chez nous, des gens vivaient plus ou moins la même chose. Et puis tout est raconté de façon si joyeuse. Nous n’étions pas riches, il n’y avait pas tout le confort que nous avons aujourd’hui, mais nous n’étions pas tristes à l’époque, malgré la guerre et les rationnements. Enfin je dis cela avec mes yeux d’enfants de l’époque ».

Alors que nous avions fini le dessert, Fañch m’a proposé d’aller prendre une douche. Si je restais coincée dedans, il viendrait me libérer dès qu’il aurait fini la vaisselle et tout rangé chez Marie.

J’ai réussi à en sortir toute seule cette fois. Je me suis lavé les dents pendant que Fañch prenait la suite. Il est ressorti de la salle de bain vêtu d’un simple caleçon à petites fleurs. J’en avais l’eau à la bouche. Il a passé un petit bout de temps à régler le ventilateur pour que nous ayons de l’air qui passe sur nos corps mais pas trop. Il s’est allongé à mes côtés.

« Alors ? Que me vaut le plaisir de t’avoir ici ? »

Il évoquait enfin le plaisir de m’avoir chez lui même si ça faisait un peu formule de politesse convenue. J’ai tout raconté. Mes cauchemars, mon envie de lâcher mon appart et de m’installer chez lui, ma proposition de financer sa nouvelle salle de bain comme contribution au loyer et aux charges, bref tout l’argumentaire que j’avais préparé durant mon insomnie de la nuit précédente. Il m’a écoutée, sans rien dire. Puis son verdict est tombé :

« Je vais y réfléchir ! Mais tu peux évidemment rester autant que tu veux. Tu le vois quand ton psy ? En fin de semaine prochaine ? »

J’aurais aimé, un « super idée », « je suis trop content » mais non : « je vais y réfléchir », « reste autant que tu veux ». J’ai quémandé un bisou, un câlin.

« Un bisou ou un câlin ?

- Les deux. Pleins de bisous et un gros câlin.       

- Un gros câlin comment ? Avec la zigounette et la foufounette ?             

- C’est nouveau comme expression ça ?

- Ça vient de Soizic. La zigounette de Malo, la foufounette d’Enora. Je trouve cela rigolo. Je suppose qu’elle appelle aussi comme cela celle de Gwendal.             

- Mignon !         

- Po-paul, ça vient de mon père. Emilien lui dit mettre papa dans maman. Maël a une expression amusante lui aussi : mettre la saucisse dans la galette ! Très rennais !   

- Il n’y avait ni galette, ni de saucisse au dîner ce soir, ça manquait…        

- Moutarde ou ketchup avec la saucisse ?           

- C’est pas la semaine du ketchup et c’est tant mieux. Mais une sauce blanche fera très bien l’affaire.

- Tu me chauffe là !       

- Je vois cela ! dis-je en posant la main sur le devant de son caleçon.       

- Tu crois que ça ira ? Que ça ne va pas réveiller tes cauchemars ?           

- Avec toi, il n’y a pas de cauchemars. Juste tu laisses la lumière allumée et tu me regardes dans les yeux.

- Moi je regarderais bien ailleurs aussi, a-t-il protesté en déposant un bisou sur le téton de mon sein gauche.            

- Ça tu peux aussi. »

J’avais dit oui mais je craignais quand même que sa bouche sur mes seins ne réveille le souvenir d’un Lucas ou d’un Hugo me les mordant à m’en faire mal. Je devais cependant accepter de me laisser aller, de lui faire confiance.

Il a commencé à me lécher le sein gauche tandis que sa main gauche venait empaumer le droit pour le caresser délicatement. Puis cette même main s’est déplacée, caressant mon ventre puis mes cuisses, puis l’intérieur de mes cuisses et enfin venant effleurer mon petit bouton. Il s’est un peu relevé et a pris mon sein droit dans sa bouche. Mon ventre était en feu.

« Viens » lui ai-je demandé.

Il a ôté son caleçon et s’est rallongé à mes côtés. Il a soulevé ma cuisse gauche, passé sa jambe gauche par-dessus ma jambe droite et s’est immiscé en moi lentement, tendrement. C’était délicieux. Je me sentais comblée au sens propre comme au sens figuré. Très vite les papillons ont commencé à s’agiter dans mon bas ventre. Il avait toujours mon sein gauche en bouche, sa main sur mon sein droit.

« Embrasse moi ! »

Il a lâché mon sein. Sa bouche goutait la menthe de son dentifrice. Il a lâché mes lèvres, Je t’entendais respirer fort dans mon cou pendant qu’il entrait et sortait en moi. Il haletait, gémissait. Il m’a léché et sucé l’oreille. Je ne savais cette zone érogène à ce point. C’est cela qui a déclenché mon orgasme. J’ai serré mes cuisses autour de sa queue pour amplifier le plaisir. Il a donné deux ou trois coups de butoirs plus intenses que les précédents et s’est relâché, sa queue toujours planté en moi, parcourue de soubresauts de plus en plus espacés.

Quel pied ! Pas un seul instant il ne m’avait regardé dans les yeux comme je lui avait demandé. Pourtant, pas un seul instant je n’avais eu l’image d’un de mes ex abusant de mon corps. Tout n’avait été qu’harmonie et plaisir partagé. J’ai essayé de bouger pour l’embrasser le remercier. Il m’a serrée plus fort en me disant :

« Ne bouge pas. Je veux rester encore en toi quelques temps ! »

Je n’avais rien contre mais sa zigounette, son popaul, sa saucisse quel que soit le nom qu’il lui donne commençait à ramollir. Il a cherché à s’enfoncer un peu plus pour prolonger l’instant puis a du se resigner à sortir de ma foufounette ou quel que soit le nom qu’il veut bien lui donner. Je me suis redressée pour déposer un bisou sur sa queue, je l’ai pris en bouche en court instant. Son ventre s’est creusé sous l’effet de surprise.

« Merci toi » ai-je dit à sa queue. Je me suis collée dans son dos, mes seins contre ses omoplates.

« Je confirme, a-t-il dit. Tu peux rester dormir chez moi autant que tu veux. Et le ventilateur aussi peut rester. Le ventilateur surtout ».

Est-ce qu’il pourrait être sérieux un jour ?

💬 Commentaires 4

Connectez-vous pour commenter ce chapitre.
robert_dubois • 2 semaines
Fanch va réfléchir : encore un qui a peur de s'engager !
👍 0
Passiflore Auteur • 2 semaines modifié
24 ans, il ne la connait que depuis même pas trois mois, il serait étonnant qu'il n'ait pas peur de s'engager.
👍 0
robert_dubois • 2 semaines
Sa réponse est assez négative : elle est du genre de celles qu'on fait quand on veut dire non, et qu'on doit réfléchir à la façon de le dire pour ne pas blesser son interlocuteur.

Il aurait pu dire : c'est une super idée, j'aimerais qu'on s'installe vraiment ensemble, je suis sûr que ça te fera passer tes mauvais rêves. A la limite : ça me ferait vraiment plaisir mais il faut d'abord que j'en parle à Marie, après tout c'est chez elle.
Il n'a franchement pas l'air de déborder d'enthousiasme !
👍 0
Passiflore Auteur • 1 semaine, 6 jours
Sa réponse est plus ambiguë que cela. Il va y réfléchir mais il lui propose tout de même de rester autant de temps qu'elle voudra. Même s'il demande juste derrière la date de son rendez vous chez le psy.
Comme à son habitude il dit peu, laissant à Julie (et aux lecteurs.rices) se perdre dans les interprétations de ses non-dits. Non-dits que Julie, de son coté, ne se donne pas la peine de lui demander d'expliciter.
👍 0