Samedi 4 juillet, 18h00

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 2138 mots

Une fois à l’appart, je suis allée discuter avec ma mère qui était dans sa cuisine, voir aussi si elle avait besoin d’aide, pendant que Fañch était retourné prendre une douche. J’ai essayé de faire comprendre à ma mère la fascination que pouvait exercer sur Fañch les objets technologiques tels que les Machines de l’Île mais ce fut peine perdue. Sur ce point comme sur d’autres ils étaient à des années lumières l’un de l’autre. Et surtout ma mère refusait d’admettre qu’on puisse avoir une autre conception de la vie que la sienne. Si Fañch habitait dans la cité industrielle de Boltanski et Thevenot, celle de la technologie et de la performance pour la performance, ma mère, elle, appartenait clairement aux cités domestiques et marchandes, les mondes des honneurs hiérarchiques et de l’argent. Ils ne vivaient pas seulement dans deux cités différentes mais sur deux planètes différentes dans deux systèmes solaires différents, dans deux galaxies différentes. Et moi je devais gérer cela, faire le voyage entre leurs deux mondes.

J’ai décidé d’aller voir ce qui se passait sur la planète Fañch. Cela faisait une demi-heure qu’il était censé être sous la douche. S’était-il noyé ? La porte de la salle de bain était verrouillée. J’ai frappé : « Fañch, c’est moi, tu m’ouvres ? ». J’ai entendu le verrou tourner. Je suis entrée. Monsieur était tranquille, allongé dans son bain.

« T’es pas gêné !            

- J’en avais trop envie. Ça fait une éternité que je ne m’étais pas prélassé dans une baignoire ».

« J’en avais trop envie ». L’expression favorite de Lucas pour justifier tous ses égoïsmes (oui maman, je sais, « tous les hommes sont des égoïstes »). Cela me faisait drôle de réentendre ces mots dans la bouche de Fañch, dans l’appartement de ma mère, où Lucas était souvent venu en cachette, quand ma mère était à son travail. C’est là aussi qu’il m’avait sautée plus d’une fois, dans diverses positions, parce qu’« il en avait trop envie ». Pourtant il n’y avait aucune raison que je fasse le rapprochement : Fañch n’avais rien à voir avec Lucas.

Fañch s’était réallongé dans son bain, son popaul flottant à la surface.

« Tu me fais de la place ?           

- Pas moyen d’être tranquille ici ! »

J’étais déjà déshabillée. Je me suis installée dans le bain, face à lui, dos aux robinets. J’avais déjà vécu cette scène, ici, au même endroit, dans cette même baignoire, il y a des années, tous les deux dans cette baignoire avec Lucas. Ne pas y penser, chasser les images de mon esprit. Fañch a tendu le bras vers la porte de la salle de bain pour la verrouiller à nouveau.

Je me suis saisi du gel douche et de sa queue et ai commencé à la savonner. J’ai repris un peu de gel douche dans les mains.

« J’ai l’impression qu’il y a d’un coup plus de surface à laver que je ne l’avais estimé initialement.

- T’es infernale.

- Mais c’est pour cela que tu m’aimes ! 

- Parce que je t’aimerais ? Qui t’a dit cela ? Pas moi en tout cas ! ».

J’ai essayé de me remémorer les scènes où il aurait pu me déclarer sa flamme, pour les lui balancer à la figure. Mais je devais me rendre à l’évidence : si mille fois, par ses attitudes, par ses gestes, il avait su me montrer combien il tenait à moi, jamais il n’avait verbalisé ses sentiments à mon égard. Et c’est là, dans cette salle de bain, alors que je tenais fermement sa queue toute raide dans ma main, qu’il m’avouait que ce non-dit n’était pas un oubli, une évidence telle qu’il n’avait pas, jusqu’à présent, ressenti le besoin de l’énoncer, mais un acte conscient et assumé. Il refusait tout bonnement d’exprimer ses sentiments à mon égard.

« C’est vrai que tu ne me l’as jamais dit.

- Ça te pose un problème que je ne l’ai jamais dit ? »

Ne sachant que répondre, je lui ai retourné la question :

- Ça te pose un problème de me le dire ?            

- Oui car je ne le sais pas moi-même.     

- Comment ça tu ne sais pas ?   

- Il y a tellement de Julie en toi. Et j’en découvre une nouvelle chaque jour ! Ce week-end j’ai découvert la petite Julie qui veut à tout prix plaire à sa maman. Celle-là, je ne m’y attendais pas !          

- Et elle ne te plaît pas cette Julie-là ?    

- Je ne sais pas. C’est juste qu’elle n’est pas raccord avec les autres.        

- Quelles autres ?           

- Ben la Julie sûre d’elle qui n’a pas hésité à me draguer dans un bar et me mettre dans son lit. Celle-là, je m’attendais à ce qu’elle me tèje une fois qu’elle m’aurait ajouté à son tableau de chasse. J’étais surpris de ne pas avoir été foutu à la porte en plein milieu de la nuit et de me réveiller dans ton lit, ma queue dans ta bouche qui plus est. Je lui ai laissé mon 06 à cette Julie mais j’étais persuadé qu’elle ne me rappellerait jamais. Cette Julie-là n’avait aucune raison de s’encombrer d’un branleur comme moi. Quand t’as appelé, j’ai accouru pour la rejoindre avant qu’elle ne change d’avis.      

- Parce que tu étais tombé amoureux de moi dès le premier soir.            

- Non, parce que tu m’intriguais, je voulais te connaitre davantage. Je voulais te comprendre.

- Et tu m’as comprise ? 

- Toujours pas.  

- Et c’est qui les autres Julie ?    

- Il y a la Julie qui est capable de faire des pieds et des mains pour que je revienne vers elle après que je l’ai frappée. Incompréhensible. L’autre Julie, fière et indépendante, ne s’humilierait jamais de la sorte pour un type comme moi. Il y a la Julie brillante capable de monter une campagne de communication basée sur des concepts en sociologie dont quasi personne n’a jamais entendu parler et de convaincre son big boss de la suivre dans ce délire. Et nouveau, ça vient de sortir, la petite fille à sa maman, toute fragile.

- Et tu n’es amoureux d’aucune d’elle.   

- Mais je ne peux pas être amoureux d’une seule. Je dois les aimer toutes ou aucune. Et je ne suis pas certain de toutes les connaitre encore !             

- Il y en a une que tu détestes ?

- Non, aucune, mais arrête avec tes questions, je ne suis pas en état de réfléchir !          

- Et pourquoi cela ?       

- Parce que je ne sais pas si tu as remarqué mais tu as toujours ma queue dans ta main. Mon sang doit être chargé de dopamine, d’ocytocine et tout un tas de molécules en « ine » que je ne connais pas. Ce serait comme demander à un type bourré de faire une dissertation de philo. Déjà qu’à jeun j’ai du mal à aligner deux pensées cohérentes, alors là shooté comme je suis…           

- Et si je lâche…

- Ça ne change rien. J’ai toujours tes seins en ligne de mire et tout le reste. Le cerveau est déconnecté. Il ne reste plus que la moelle épinière pour contrôler ce qui peut encore l’être.           

- Je te fais un tel effet ?

- Depuis le début, oui.   

- Et ça, ce n’est pas de l’amour ?             

- C’est du désir. C’est pas pareil ».

J’ai repris son sexe tout bandé en main, l’ai décalotté et trempé dans l’eau du bain. J’ai mis un peu de gel douche sur mon doigt et ai commencer à lui masser doucement la verge puis le gland.

« Pitié, fais pas ça.         

- Prend moi alors !         

- Là ?    

- Oui, ici et maintenant. Si tu ne peux pas me dire que tu m’aimes, montre-moi au moins que tu me désires vraiment ».

Je me suis relevée, me suis appuyée des deux mains sur le mur, la croupe tendue vers l’arrière. Il s’est également mis debout. J’ai saisi son sexe pour le diriger vers ma vulve.

« Tu ne veux pas que je m’occupe un peu de toi avant ?

- Non ! ai-je quasiment hurlé de rage, mais à voix basse. Baise-moi, maintenant ! ».

La pénétration fut un soulagement. Il était enfin en moi. Il a commencé à faire des mouvements de va-et-vient.

« Plus fort ! »

Il s’est exécuté, a accéléré le rythme.

« Encore ! »

Il a posé ses mains sur mes hanches pour mieux assurer la prise et d’un coup des images me sont revenues. Celles de Lucas, ici même dans cette salle de bain, me prenant de la même manière, avec sa brutalité habituelle, ses deux mains posées sur mes hanches sauf quand il ponctuait ses coups de butoir de claques sur les fesses. Fañch ne m’a évidemment pas frappée, et ses mouvements étaient beaucoup plus doux mais le souvenir de cette scène avec Lucas m’a totalement tétanisée. Je n’étais plus avec Fañch, j’étais comme en dehors de mon corps, spectatrice d’une scène où mon corps se faisait violenter par un homme, mais où je ne ressentais rien, ni plaisir, ni douleur. Celui qui me pénétrait et dont je ne pouvais pas voir le visage (était-ce celui de Lucas, ou celui de Fañch ?) s’est raidi et a éjaculé au plus profond de moi. Il s’est ensuite retiré lentement. Mais contrairement à Lucas, des années, plus tôt, il ne s’est pas accroupi derrière moi pour admirer son sperme couler de ma vulve. Il m’a plutôt relevée, retournée et embrassée. Je suis revenue à la réalité. C’était bien Fañch qui venait de jouir en moi, mon Fañch qui semblait inquiet :

« Ça va ? T’as pas l’air bien !      

- Oui, oui ça va.

- T’es sûre ? C’était bien pour toi ? »

Difficile de lui mentir à lui.

« Je n’ai pas joui mais ce n’est pas grave.            

- Je suis désolé. C’est parce que je n’ai pas su durer assez longtemps ?   

- Non ce n’est pas ça. C’est la position qui n’allait pas.    

- Je pensais que c’était ce que tu voulais.            

- Tu as fait ce que je t’ai demandé. T’as rien à te reprocher.         

- Je t’ai fait mal ?            

- Non, non, pas du tout ».

Ce n’était pas lui qui m’avait fait mal mais le souvenir d‘un autre que lui. Mais comment lui dire. J’ai préféré couper court.

« Allez, sors de là. Ma mère va demander ce que l’on fait ».

Il est sorti de la baignoire, s’est habillé. Il avait emmené son petit caleçon blanc que je trouve très sexy sur lui. Il a remis son pantalon bleu, la chemise blanche qu’il portait la veille et est sorti de la salle de bain.

Quand je l’ai rejoint, il était en train de demander à ma mère ce qu’il pouvait faire pour l’aider. Nous avons mis le couvert ensemble. La cuisine, c’est chasse gardée de ma mère.

Il a complimenté ma mère pour son gratin de courgettes et de ravioles, un de mes plats favoris quand j’étais ado. Il en a repris deux fois. Il était le seul à table à manger avec appétit. Il a demandé à ma mère sa recette. Je l’ai sentie presque fondre devant ce jeune homme poli qui lui faisait des compliments. Je dis bien presque parce que ma mère reste ma mère et ce n’est pas trois flatteries et un joli sourire qui lui feront baisser la garde. On ne la lui fait pas. On ne la lui fait plus.

L’avantage est que la soirée fut plus détendue que la veille. Sachant que maman se couche tôt (et par conséquent se lève tôt, à moins que ce soit à cause qu’elle se lève tôt qu’elle se couche tôt), j’ai proposé à Fañch d’aller nous coucher en même temps qu’elle, pour que je puisse lui montrer le lendemain matin le Château des Ducs de Bretagne.

Il m’a suivie dans la chambre, s’est déshabillé ne gardant que son petit caleçon blanc. Il s’est couché en faisant grincer horriblement le sommier du lit. Je l’ai rejoint. Nous nous sommes retrouvés face à face dans le lit. Il m’a embrassé sur les lèvres et a chuchoté.

« Bon, maintenant tu m’expliques.         

- Que je t’explique quoi ?           

- Et bien ce qui s’est passé dans la salle de bain ! »


💬 Commentaires 4

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Lahire • 3 semaines, 1 jour
Dire "je t'aime" pour baiser ou par réel sentiment. La question est d'importance.
Belle scène.
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robert_dubois • 3 semaines, 1 jour
Les discussions érotico-intello entre Julie et Fanch me font penser à celles entre Lady Chatterley et son garde-chasse : encore une très bonne séquence !
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Passiflore Auteur • 3 semaines, 1 jour
Et pourtant je n'ai jamais lu L'Amant de lady Chatterley. Une lacune à ma culture sans aucun doute.
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robert_dubois • 3 semaines, 1 jour
Tu pourrais l'emporter sur la plage, il y a un air de famille, tu devrais t'y retrouver.
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