Saison 2 - Épisode 2 - SANCTUM

📖 THE LAST WOLVES ✍️ Splinter 📝 2458 mots

Rome s’éveillait.

Le soleil frappait déjà les façades ocre de la ville, glissait sur les coupoles, les statues, les fontaines.

Les scooters avaient repris possession des rues.

Les klaxons aussi.

Sous une basilique vieille de plusieurs siècles…

L’ambiance était légèrement différente.

Alex ouvrit un placard.

Le referma.

En ouvrit un autre.

Puis un troisième.

Nicky, assise à une immense table de bois, leva lentement les yeux de son téléphone.

— Tu cherches quoi mon cœur ?

— Rien.

— Ça fait dix minutes que tu cherches rien.

Alex ouvrit un quatrième placard.

— J’organise.

Nicky baissa ses lunettes transparentes sur son nez.

— Alex…

— Quoi ?

— Tes Haribo sont dans ton sac.

Alex s’immobilisa.

Petit silence.

— Comment tu sais ça ?

— Parce que je te connais.

— C’est flippant.

— Non. Ce qui est flippant, c’est qu’un homme adulte puisse déclencher une opération de recherche internationale parce qu’il a perdu ses putains de bonbons.

Alex récupéra son sac.

— Déjà, premièrement, j’ai pas perdu mes bonbons.

Il sortit triomphalement un paquet de crocodiles.

— Ah enfin... Et deuxièmement…

Il en mit trois dans sa bouche.

— C’est mon petit-déjeuner.

Nicky resta figée.

— Il est huit heures douze.

— Et ?

— Tu bouffes des crocodiles à huit heures douze.

— Ils savent pas lire l’heure.

Beatriz étouffa un rire.

Akira, qui démontait tranquillement un petit groupe électrogène dans un coin, leva brièvement les yeux.

— Le corps en a besoin dès le matin.

Alex le regarda.

— Merci docteur.

Akira reprit son travail.

Yoshimizu était déjà entouré de trois écrans.

Dark dormait sur le sac d’Alex.

Vador, lui, avait trouvé beaucoup mieux.

Les genoux de Nicky.

Elle tapait sur son ordinateur d’une main et le caressait distraitement de l’autre.

Alex regarda le chat.

— Traître.

Vador ouvrit un œil.

Puis le referma.

— Même pas honte lui.

Une voix résonna derrière lui.

— Il a simplement meilleur goût que toi.

Alex se retourna.

— Sister, techniquement tu peux même pas goûter.

Luna sourit.

Beatriz leva néanmoins la tête.

— Luna vient de dire quelque chose ?

Alex regarda Luna.

Puis Beatriz.

— Elle dit que t’es magnifique et extrêmement intelligente.

Luna ouvrit de grands yeux.

— J’ai absolument pas dit ça.

Nicky, sans quitter son écran :

— Luna dit qu’il raconte encore de la merde.

Beatriz sourit.

— Ça paraît déjà plus crédible.

— Putain mais vous pourriez respecter les interprètes merde.

Une porte s’ouvrit.

Emmanuel entra.

Silence.

Instantanément.

Même Alex rangea ses crocodiles.

Enfin…

Il essaya.

Nicky regarda le paquet dépasser de sa poche.

— Très discret mon cœur.

Emmanuel posa une grande carte de Rome sur la table.

— Venez.

Ils se rapprochèrent.

Nicky se plaça naturellement à sa droite.

Alex à sa gauche.

Akira et Beatriz en face.

Yoshimizu fit pivoter l’un de ses écrans.

Emmanuel posa son doigt sur plusieurs quartiers.

— Nous savons que Klaudija est à Rome.

Il regarda chacun d’eux.

— Nous ne chercherons pas Klaudija.

Alex fronça immédiatement les sourcils.

— Pardon bro ?

Nicky resta silencieuse.

Elle réfléchissait déjà.

Emmanuel continua.

— Origin sait que nous sommes ici.

— Ça, c’est plutôt rassurant, souffla Alex.

— Ils savent également pourquoi.

Il déplaça son doigt sur la carte.

— Si nous cherchons directement Klaudija, nous chercherons exactement là où ils veulent que nous cherchions.

Akira acquiesça légèrement.

Beatriz demanda :

— Alors on cherche quoi ?

Emmanuel la regarda.

— Ce qu’ils ne peuvent pas cacher.

Silence.

— Une prison consomme de l’électricité. Des hommes. De la nourriture. Des véhicules. Des communications. De l’argent. Elle produit des déchets. Elle nécessite des entrées et des sorties.

Nicky sourit.

Elle avait compris.

— On ne cherche pas la prison.

Emmanuel tourna les yeux vers elle.

— Non.

Beatriz regardait toujours la carte.

Puis elle termina :

— On chasse la cage.

Emmanuel releva légèrement les yeux.

Petit silence.

— Exactement.

Beatriz croisa brièvement le regard d’Akira.

Alex sortit discrètement un crocodile.

Emmanuel, sans le regarder :

— Alex.

Il remit immédiatement le bonbon dans sa poche.

— Mais comment tu fais ça, bordel ?

La porte s’ouvrit.

Le vieux prêtre entra.

Une chemise cartonnée sous le bras.

Il salua tranquillement le groupe.

Puis regarda la carte.

— Tu réfléchis davantage qu’à ta première visite.

Silence.

Nicky releva immédiatement la tête.

Alex également.

Emmanuel ne broncha pas.

— J’avais moins de raisons de réfléchir.

Le prêtre sourit.

— Non.

Il posa son dossier.

— Tu avais surtout davantage de colère.

Akira regarda Emmanuel.

Beatriz aussi.

Alex leva un doigt.

— Attendez…

Première visite ?

T’es déjà venu ici ?

Quand ?

Le prêtre ouvrit tranquillement son dossier.

Emmanuel :

— Plus tard.

Nicky souffla.

— Ah.

Elle remit ses lunettes.

— La fameuse réponse de merde.

Emmanuel la regarda.

— Un problème ?

— Aucun, Sensei.

Petit sourire.

— Généralement, quand tu dis « plus tard », ça veut juste dire qu’on vient de découvrir une énorme emmerde dont tu connaissais l’existence depuis trois ans déjà.

Alex pointa Nicky.

— Voilà !

Merci !

Enfin quelqu’un parle français dans cette équipe.

Le prêtre observa Nicky quelques secondes.

Puis Emmanuel.

— Avant de repartir pour Tokyo.

Emmanuel acquiesça.

— Oui.

Nicky fronça légèrement les sourcils.

Le prêtre sortit alors une reproduction ancienne.

Une gravure.

Il la posa sur la table.

Un objet étrange y apparaissait.

Des inscriptions l’entouraient.

Alex se pencha.

— C’est un artefact ?

Emmanuel :

— Oui.

— Lequel ?

Emmanuel observa la gravure.

— Pas aujourd’hui.

Alex leva les bras.

— Mais putain !

Nicky éclata de rire.

Emmanuel posa deux doigts sur la reproduction.

— Vous faites tous la même erreur.

Le silence revint.

— Vous pensez qu’un artefact est un objet auquel on a donné un pouvoir.

Il regarda Alex.

Puis Nicky.

— C’est faux.

Luna s’était rapprochée.

Elle aussi était devenue sérieuse.

— Chaque artefact possède une histoire. Des porteurs. Des capacités différentes selon celui qui l’utilise.

Nicky demanda :

— Et des limites.

— Oui, et tu as pu le constater à Tokyo

Emmanuel marqua une pause.

— Mais surtout un prix.

Alex ne mangeait plus.

— Quel prix ?

Emmanuel regarda la Pièce.

— Celui que le porteur accepte de ne pas voir.

Silence.

Puis il regarda la Bague de Nicky.

— Plus vous utilisez vos artefacts…

Il souleva légèrement son propre poignet.

Le Rosaire apparut.

— …plus quelque chose en eux apprend également à vous utiliser.

Nicky perdit son sourire.

Alex regarda sa Pièce.

Luna murmura :

— C’est pour ça que je voulais vous apprendre à Caparica…

Petit silence.

— Avant de mourir.

Cette fois, personne ne plaisanta.

Le prêtre observa Emmanuel.

— Tu vas enfin leur enseigner ce que nous avions évoqué.

Nicky tourna très lentement la tête.

Alex aussi.

— Nous ?

Le prêtre comprit immédiatement qu’il venait d’en dire suffisamment.

Emmanuel referma le dossier.

— On a du travail.

Nicky regarda Alex.

Alex regarda Nicky.

Même pensée.

Il nous cache quelque chose.



Sous Rome.

Très loin sous Rome.

Lana était allongée sur sa couchette.

Klaudija observait le plafond.

Silence.

Long.

Puis Lana souffla :

— Je vais péter un câble dans endroit de merde.

Klaudija ne répondit pas.

— Je déteste leurs gardes.

Toujours rien.

— Je déteste leurs putains de lumières qui restent allumées toute la nuit.

Klaudija sourit légèrement.

— Tu détestes beaucoup de choses.

Lana tourna la tête.

— Ça m’aide à faire le tri.

Klaudija la regarda.

Lana se redressa.

Puis son expression changea.

Elle fixa Klaudija.

Longtemps.

Trop longtemps.

— Quoi ?

Lana ne répondit pas.

— Lana ?

Elle murmura :

— Tu as un enfants alors ?

— Deux, une fille et un garçon.

Lana détourna lentement les yeux.

— Double peine.

Elle regarda ses mains.

Son médiator .

— C’est tout ce qu’il me reste de lui …

Klaudija suivit son regard.

— Ton fils ?

— Pour voir.

— Voir quoi ?

Lana releva les yeux.

— Des choses que les gens préfèrent généralement cacher.

Petit silence.

— Maintenant…

Elle fronça les sourcils.

— Je ne voisplus rien.

Klaudija ne répondit pas.

Lana demanda :

— Ils sont où ?

— Je ne sais pas.

Cette fois, la colère passa dans le regard de Klaudija.

— Atlas me les a pris.

Lana baissa les yeux.

Très doucement.

— Eux !.

Klaudija se redressa.

— Quoi ?

Lana resta silencieuse quelques secondes.

— Atlas et les enfants !

Les deux femmes se regardèrent.

Plus comme deux inconnues.

Pas encore comme deux alliées.

Mais quelque chose venait de changer.

Klaudija demanda :

— Tu penses qu’ils l’ont pris, commeles miens?

Lana releva immédiatement la tête.

— Ils aiment en faire des cobayes c’est énculés.

Petit silence.

— Sur la vie de ma mère, si je reviens d’entre les morts, je bute tous ces fils de pute un par un jusqu'au dernier.

Klaudija sourit.

Pour la première fois...

Elle commençait à apprécier cette femme.



Yoshimizu agrandit une carte sur ses écrans.

— J’ai quelque chose.

Tout le monde se rapprocha.

— Véhicule utilitaire. Plaques changées trois fois en six mois. Société propriétaire inexistante depuis quatre ans.

Alex :

— Déjà, ça commence bien.

— Il effectue le même trajet trois fois par semaine.

Yoshimizu superposa plusieurs données.

— Mais sa consommation de carburant ne correspond pas au kilométrage déclaré.

Akira releva immédiatement la tête.

Il s’approcha.

Regarda les données.

— Détour.

Yoshimizu acquiesça.

— Probablement.

Emmanuel prit des clés sur la table.

Puis les lança.

Akira les attrapa.

Alex sourit.

— Ah.

Enfin, là, moi, perso, je sens qu’il vas y avoir de l’action.... Et me faut du sucre.

Il prit un paquet de marshmallow et sortit rapidement.

Quelques secondes plus tard…

— OH PUTAIN !

Tout le monde le rejoignit.

Garée devant eux…

Une Fiat tipo 160 parfaitement banale.

Alex regarda Emmanuel.

Puis la voiture.

Puis encore Emmanuel.

— C’est quoi ça ?

— Une voiture Alex, un truc pour euh... Enfin tu sais quoi.

— Je vois bien que c’est une voiture.

Il désigna la Fiat.

— Mais nous ?

Emmanuel :

— Nous quoi ?

— The Beast ?

The Beauty ?

Les porsches ?

Les BMW ?

Tokyo ?

La Lituanie ?

Notre dignité ?

Nicky passa devant lui.

— Monte dans la Fiat mon cœur

Akira ouvrit le capot.

Regarda rapidement.

— Correct.

Alex leva les mains.

— Merci Akira.

Je suis rassuré.

Le garagiste a validé notre cercueil.

Beatriz monta à l’avant.

Nicky ouvrit la porte arrière.

Emmanuel les arrêta.

— Une chose.

Il regarda Nicky.

Puis Alex.

— Aucun artefact.

Nicky resta immobile.

— Pardon ?

— Ta Bague reste inutilisée.

Puis Alex.

— Ta Pièce également.

Alex :

— Pourquoi ?

Nicky :

— Excellente question.

Elle regarda Emmanuel.

— Pourquoi j’ai traversé la moitié de la planète si j’ai pas le droit d’utiliser mon putain d’artefact ?

— Pour apprendre.

Nicky resta silencieuse.

Puis :

— Je savais qu’il y avait une arnaque.

Akira démarra.

Rome défilait autour d’eux.

Les rues.

Les places.

Les tunnels.

Les scooters qui surgissaient de partout.

L’utilitaire apparaissait plusieurs voitures devant.

Akira ne le suivait jamais directement.

Il changeait régulièrement de voie.

Laissait passer des véhicules.

Prenait parfois une rue parallèle.

Emmanuel ne disait rien.

Nicky observait.

Alex également.

Beatriz regardait surtout…

Les autres.

— Caméra.

Akira changea immédiatement de voie.

Quelques secondes.

— Deux hommes au café.

Alex tourna la tête.

— Où ?

— Ne regarde pas.

— Ah oui.

Pardon.

Nicky :

— T’es vraiment toujours aussi exceptionnel en filature àce que je vois.

— Je débute.

— Mon cœur, ça fait presque six ans que tu débutes.

Akira regarda son rétroviseur.

— Il va tourner.

Yoshimizu, dans l’oreillette :

— Impossible, l’itinéraire indique tout droit.

Akira :

— Il va tourner.

Trois secondes.

Le fourgon mit son clignotant.

Tourna.

Alex regarda Akira.

— Comment ?

— Régime moteur.

Petit silence.

— Trous coups de freins moteur avant l’intersection, il est prudent, pas de bruit.

Emmanuel regarda Alex.

— Observe.

Un seul mot.

Alex acquiesça.

Cette fois…

Il rangea réellement ses marshmallow.

Beatriz observait le conducteur du fourgon.

Puis les voitures autour.

— Il vérifie trop souvent son rétroviseur.

Nicky :

— Il nous a vus tu crois ?

— Non.

Beatriz réfléchit.

— Il vérifie si quelqu’un l’a vu.

Emmanuel tourna légèrement la tête vers elle.

Elle poursuivit :

— Il va changer de véhicule.

Akira sourit à peine.

Deux rues plus loin…

Le fourgon entra dans un parking souterrain.

Emmanuel :

— On continue.

Alex :

— Mais…

— On continue.

Akira dépassa l’entrée.

Personne ne protesta.

Quelques minutes plus tard…

Yoshimizu parla dans l’oreillette.

— Putain.

Nicky sourit.

— J’adore quand il commence comme ça.

— Une autre plaque vient de sortir du parking.

Même signature de téléphone.

Même trajet fantôme.

Beatriz regarda Emmanuel.

— On chasse la cage.

Emmanuel acquiesça.

— Maintenant vous commencez à comprendre.


Une salle blanche.

Silencieuse.

Roer avançait seul.

Une porte s’ouvrit.

Puis une deuxième.

Enfin…

Une pièce minuscule.

Au centre :

Une vieille chemise cartonnée.

Il l’ouvrit.

Une date.

1971

Sous la date…

Un seul mot.

GENESIS

Une voix derrière lui.

— Elga sait ?

Roer ne se retourna pas.

— Pas grand chose à vrai dire.

— Et le Sanctum ?

Roer resta silencieux.

Puis referma le dossier.

— Le Sanctum sait toujours quelque chose.

Il se retourna enfin.

— Le problème…

C’est de savoir quoi.


La nuit était tombée.

Yoshimizu travaillait sur les informations récupérées.

Akira dessinait déjà de mémoire le trajet du véhicule.

Beatriz observait des photographies.

Nicky s’entraînait seule contre un Makiwara de fortune.

Emmanuel discutait avec le prêtre dans une pièce voisine.

Alex…

S’ennuyait.

Il ouvrit un paquet de twin snakes.

Regarda autour de lui.

Puis ses yeux tombèrent sur l'escalier.

Il se souvint.

Les cryptes hantées sont deux niveaux plus bas.

Un sourire apparut.

— Mauvaise idée.

Beatriz était derrière lui.

Alex sursauta.

— Putain !

Vous avez tous décidé de me tuer aujourd’hui ?

Elle regarda sa lampe.

Puis les twin snakes.

— Tu vas où mec?

— Nulle part.

— Avec une lampe ?

Prends-moi pour une débile.

Alex réfléchit.

— C’est un nulle part assez sombre.

Beatriz prit une deuxième lampe.

— Je viens.

— Pourquoi ?

— Parce que seul, tu vas mourir.

Alex la regarda.

— J’adore la confiance qu’on me témoigne dans cette famille.

Ils descendirent.

Premier niveau.

Pierre romaine.

Deuxième.

Plus ancien.

Alex éclairait les tombeaux.

— Bonsoir les morts.

Pas de panique.

On fait juste du tourisme.

Beatriz :

— Tu parles toujours autant quand tu as peur ?

— Je parle toujours autant tout court.

Puis j’ai pas peur.... J’ai mes snakes pour me protéger.

Ils continuèrent.

Un passage.

Puis un autre.

Alex s'arrêta.

— On est passés par où ?

Beatriz pointa derrière elle.

— Là.

— Attends, je savais sister.

— Non.

— Je vérifiais que toi tu savais.

Elle leva les yeux au ciel.

Ils descendirent encore.

Puis…

Beatriz s’arrêta.

— Alex.

— Quoi ?

Elle éclaira le mur.

— Regarde.

Alex s’approcha.

D’immenses blocs noirs.

Parfaitement ajustés.

— Les joints.

Alex chercha.

Puis comprit.

— Y’en a pas.

— Non.

Elle passa sa main sur la pierre.

— Cette partie n’a pas été construite comme le reste.

Alex regarda le couloir devant eux.

Pour la première fois…

Il ne plaisantait plus.

Ils avancèrent.

L’architecture changeait encore.

Des formes inconnues.

Des inscriptions.

Des silhouettes.

Puis…

Une immense salle.

Leurs lampes semblaient minuscules.

Des statues de phénix monumentales montaient jusqu’au plafond.

Des dizaines.

Beatriz éclaira lentement les murs.

— Alex…

Il ne répondit pas.

Il regardait devant lui.

Un immense triangle gravé dans la pierre.

À l’intérieur…

Un phénix.

Agressif.

Ancien.

Autour de lui, une écriture inconnue.

Et suspendu à sa patte…

Un cercle de perles formant un huit.

Puis descendant.

Tout en bas…

Un grenat brut.

Alex avança.

Très lentement.

— Oh putain sister…

Beatriz le rejoignit.

Alex leva sa lampe.

— Ça…

Je le connais.

Il désigna le Rosaire.

— C’est celui de Manu.

Beatriz observa le symbole.

Longtemps.

Puis regarda les inscriptions autour.

Les colonnes.

Les autres représentations.

— Non.

Alex tourna la tête.

— Comment ça non ?

Elle s’approcha encore.

— Regarde.

Elle éclaira plusieurs murs.

Le phénix revenait partout.

Encore.

Encore.

Encore.

— Ce n’est pas une décoration.

Alex comprit.

— C’est leur signature.

Beatriz acquiesça.

Puis regarda de nouveau le Rosaire.

— Et si ce n’était pas le Rosaire de Manu ?

Alex fronça les sourcils.

— Je viens littéralement de te dire que…

— Je sais.

Elle le coupa.

— Et si…

Petit silence.

— C’était Manu qui portait leur Rosaire ?

Alex resta complètement immobile.

Puis regarda de nouveau le symbole.

— Putain Beatriz…

Il déglutit.

— J’aurais préféré que tu fermes ta gueule.

Une voix résonna derrière eux.

— Vous n’auriez pas dû descendre ici.

Alex bondit.

— PUTAIN MON PÈRE !

Sa voix résonna pendant plusieurs secondes dans toute la salle.

Beatriz, elle, regardait simplement le prêtre.

— Vous saviez.

— Oui.

— C’est quoi ?

Le prêtre leva les yeux vers le phénix.

— Le Sanctum.

Alex regarda l’immense salle.

— Vous avez construit ça ?

Le prêtre sourit.

— Non.

Beatriz :

— Qui alors ?

Le sourire disparut.

— Nous l’ignorons.

Alex éclata nerveusement de rire.

— Attendez…

Il désigna le symbole.

— Vous êtes en train de me dire que vous avez votre putain de logo sur tous les murs…

Il fit un cercle avec sa lampe.

— …mais que vous savez même pas qui les a construits ?

Le prêtre s’approcha du triangle.

Puis posa doucement sa main contre la pierre.

— Tu n’as pas compris, Alexander.

Petit silence.

— Nous n’avons pas créé ce symbole.

Il regarda le phénix.

— Nous en avons hérité.

Silence.

Beatriz observa le Rosaire.

— Emmanuel connaît cet endroit ?

Le prêtre la regarda avec un léger sourire.

Longtemps.

Mais ne répondit pas.


Quelques minutes plus tard…

Alex traversa la base à toute vitesse.

Beatriz derrière lui.

— MANU !

Emmanuel leva les yeux.

Nicky s’arrêta.

Akira aussi.

Alex posa son paquet de twin snakes sur la table.

Nicky regarda immédiatement le paquet.

Puis Alex.

— Merde, là.

Ça doit vraiment être grave.

Alex sortit son téléphone.

Afficha la photographie.

Le triangle.

Le phénix.

Le Rosaire.

Puis posa l’écran devant Emmanuel.

— Bro…

Petit silence.

— On doit parler.

Emmanuel regarda la photographie.

Aucune surprise.

Rien.

Beatriz observait son visage.

Elle comprit.

— Il connaissait déjà le symbole.

Alex tourna lentement la tête vers Emmanuel.

— Putain…

Nicky s’approcha.

Regarda l’image.

Puis Emmanuel.

Alex demanda :

— Depuis quand ?

Long silence.

Luna apparut derrière Emmanuel.

Elle ne souriait plus.

Emmanuel regarda son Rosaire.

Les perles glissèrent lentement entre ses doigts.

Puis il releva les yeux.

— Père Aurelius l’a déjà dit.

Avant Tokyo.

Nicky se figea.

Cette fois…

Même elle n’avait plus aucune remarque sarcastique.

💬 Commentaires 2

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Lana • 2 semaines
Très bon épisode.
Tout est très vieux, le mystère est vieux. C'est intrigant et j'adore toujours autant même si je m'y perds un peu dans les prénoms des persos.
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Splinter Auteur • 2 semaines
La j'ai juste rajouté le nom du prêtre, Aurelius.
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