Saison 2 - Épisode 3 - AENOR'S RING
THE LAST WOLVES
Saison 2 — Épisode 3
LES CHASSEURS
Rome dormait encore.
Sous la basilique...
Alex, lui...
Pas du tout.
Il était allongé sur son lit.
Les yeux grands ouverts.
Un paquet de Happy Cola posé sur son ventre.
Il fixa le plafond.
Puis tourna la tête.
Dark dormait paisiblement au pied du lit.
— Toi...
T'as aucune question existentielle ?
Dark remua légèrement une oreille.
— Évidemment.
Alex attrapa un bonbon.
Le regarda.
Puis souffla.
— Un putain de phénix...
Un Rosaire gravé dans un mur qui date de Dieu sait quand...
Un prêtre qui nous dit qu'ils ont hérité de leur propre logo...
Et Manu...
Il savait.
Il mâcha lentement.
— Depuis avant Tokyo.
Petit silence.
Il regarda Dark.
— Bro...
Enfin sister...
Je crois qu'on connaît absolument pas ce mec.
Dark bâilla.
— Merci pour ton soutien psychologique.
Une voix répondit derrière lui.
— Peut-être que tu devrais dormir au lieu de manger du sucre à quatre heures du matin.
Alex se redressa.
Luna était assise sur une vieille malle.
— Sister...
Tu pourrais éviter d'apparaître comme ça ?
— Je suis morte, c'est surtout toi qui me fait apparaître Alex.
— C'est pas une excuse.
Luna sourit.
Alex redevint sérieux.
— Tu savais.
Elle ne répondit pas immédiatement.
— Pour Rome.
Pour Aurelius.
Pour le Sanctum.
Luna baissa les yeux.
— J'étais avec Emmanuel.
— Pendant toute cette année ?
— Oui depuis que je suis morte à Caparica, il à commencé à me voir vraiment deux mois plus tard.
Alex attendit.
Luna sourit.
— Et non.
— Non quoi ?
— Je ne vais pas tout te raconter.
Alex leva les bras.
— PUTAIN !
Même les morts font partie du complot maintenant !
Luna éclata de rire.
— Dors bro.
— Impossible.
— Mange moins de sucre.
— Encore plus impossible.
Quelques pièces plus loin...
Yoshimizu ne dormait pas non plus.
Trois écrans éclairaient son visage.
Il avait créé un tableau.
ORIGIN
ATLAS
SANCTUM
1971
GENESIS
Des dizaines de lignes reliaient les mots.
Archives disparues.
Sociétés-écrans.
Fondations religieuses.
Expéditions archéologiques.
Missions diplomatiques.
Mais dès qu'il cherchait le Sanctum...
Rien.
Pas presque rien.
Rien.
— C'est pas possible...
Il modifia ses paramètres.
Relança.
Encore.
Une fenêtre apparut soudain sur son troisième écran.
Noire.
Sans expéditeur.
Un simple logo de la mort avec sa faucheuse.
Yoshimizu se figea.
— Diana...
Du texte apparut.
TU CHERCHES LE SANCTUM.
Puis :
MAUVAISE QUESTION.
Yoshimizu posa lentement ses doigts sur le clavier.
— Et c'est quoi la bonne ?
La réponse arriva immédiatement.
DEMANDE-TOI POURQUOI EMMANUEL NE M'EN A JAMAIS PARLÉ.
Yoshimizu resta silencieux.
Une seconde ligne apparut.
IL M'A FAIT CHERCHER ORIGIN.
ATLAS.
LES ARTEFACTS.
LE PROJET DE 1971.
JAMAIS LE SANCTUM.
Puis...
Un fichier.
Une invitation.
VENTE PRIVÉE — PALAZZO VESCARI — 21H00
Et une dernière phrase.
COMMENCEZ PAR ÇA.
L'écran redevint normal.
Yoshimizu resta seul.
— Putain...
Puis une dernière notification.
Un gif de loup.
Il sourit.
— Ouais...
Moi aussi je t'aime.
Le matin.
Le soleil romain commençait à réchauffer les coupoles.
Emmanuel avait fait monter tout le monde sur le toit de la basilique.
Rome s'étendait devant eux.
Immense.
Bruyante.
Magnifique.
Nicky portait entièrement du blanc.
Long manteau.
Lunettes transparentes.
Vador tranquillement installé contre ses jambes.
Alex, lui, mangeait encore des crocodiles.
Akira regardait les rues.
Beatriz observait les gens.
Yoshimizu avait sa tablette.
Dark s'était installée sur une corniche comme si Rome lui appartenait.
Luna était assise dans le vide, les jambes pendant au-dessus de la rue.
Emmanuel regardait la ville.
— Question simple.
Personne ne parla.
— Si vous étiez Origin...
Il se retourna.
— Où vous cacheriez-vous ?
Akira répondit presque immédiatement.
— Là où les déplacements peuvent être contrôlés.
Routes.
Accès.
Logistique.
Emmanuel acquiesça.
Bonne réponse.
Beatriz observa les milliers de personnes sous eux.
— Dans un endroit où personne ne remarque ceux qui entrent et sortent.
Encore une bonne réponse.
Nicky réfléchit quelques secondes.
— Derrière quelque chose que personne n'oserait attaquer.
Une institution.
Un pouvoir.
Une religion.
Une administration.
Elle haussa les épaules.
— Une saloperie suffisamment respectable pour que fouiller dedans devienne politiquement impossible.
Emmanuel esquissa un sourire.
— Très bien.
Puis il regarda Alex.
Alex mâchait toujours.
— Quoi ?
— Ta réponse.
Alex regarda Rome.
— Franchement ?
— Toujours bro.
Il réfléchit.
Puis haussa les épaules.
— Moi, je me cacherais pas.
Nicky tourna légèrement la tête.
— Mon cœur, ta craqué ?
Essaie quand même de participer.
— Je participe.
Alex montra la ville avec son crocodile.
— Je fous mon truc au milieu de tout le monde.
Je lui donne un nom.
Une adresse.
Des employés.
Une comptabilité.
Je paye mes impôts comme un gentil citoyen.
Je fais même des journées portes ouvertes sponsorisées par Haribo s'il faut.
Beatriz sourit.
Akira aussi.
Alex poursuivit.
— Parce que si tu caches un énorme trésor dans une montagne...
Tous les chercheurs de trésors vont chercher dans la putain de montagne.
Mais si tu mets le coffre devant leur gueule...
Ils vont passer devant tous les jours en cherchant la montagne.
Nicky éclata de rire.
— C'est officiellement complètement con, j'adore.
Alex lui adressa un sourire.
— Merci mon cœur.
Puis...
Akira cessa de sourire.
Il regardait Alex.
— Non.
Silence.
— Il a raison.
Nicky tourna la tête.
Akira continua.
— Mon père disait toujours...
Quand tu veux cacher un trésor... ne le cache pas dans la montagne.
Nicky eut immédiatement un regard différent.
— Putain...
Elle sourit.
— Je me rappelle.
Akira acquiesça.
— Ta Mazda.
— Oui.
Elle regarda Alex.
— Quand tout Tokyo me cherchait...
Akira m'avait fait laisser la Mazda dans sa vieille grange derrière sa station-service.
Alex fronça les sourcils.
— Une vieille grange défoncée ?
Akira :
— Mon atelier.
— Donc...
Vous avez caché une des voitures les plus recherchées du Japon...
Derrière une station essence ?
Nicky sourit.
— Personne n'est venu regarder.
Silence.
Emmanuel regarda Alex.
Puis Rome.
— Première règle de l'illusionniste.
Alex cessa de mâcher.
— On ne cache jamais réellement un objet.
Emmanuel regarda les milliers de personnes circuler sous eux.
— On cache le regard de celui qui le cherche.
Petit silence.
— Origin fait cela depuis des siècles.
Cette fois...
Personne ne regardait plus Rome de la même façon.
Alex remit tranquillement son crocodile dans sa bouche.
— Donc techniquement...
J'ai eu la meilleure réponse.
Nicky leva les yeux au ciel.
— Putain...
On va l'entendre pendant six mois.
— Minimum.
Lana faisait lentement tourner un médiator entre ses doigts.
Petit.
Usé.
Presque banal.
Klaudija l'observait depuis plusieurs minutes.
— Il appartenait donc à ton fils ?
Lana s'immobilisa.
— Oui.
Elle acquiesça.
Silence.
Tout ce qui lui restait de son fils...
Était ce médiator.
Lana leva doucement les yeux vers Klaudija.
Puis son expression changea.
— Tu caches quelque chose.
Klaudija sourit légèrement.
— Tout le monde cache quelque chose.
— Pas comme ça.
Lana serra le médiator.
— Tu ne mens pas.
Petit silence.
— Tu retires juste une partie de l'histoire.
Klaudija cessa de sourire.
— Comment tu sais ça ?
Lana ne répondit pas.
Son regard semblait traverser Klaudija sans réellement la regarder.
— Tes enfants...
Klaudija se redressa.
— Quoi, mes enfants ?
— Tu ne m'as jamais dit qui était leur père.
Silence.
Klaudija regarda le médiator.
Puis Lana.
— Et pourquoi ça t'intéresse ?
— Parce que quand j'essaie de comprendre...
Lana fronça les sourcils.
— Il y a quelque chose.
Comme un mur.
Elle ferma brièvement les yeux.
Une sensation.
Des perles noires.
Un éclat rouge.
Puis plus rien.
Elle rouvrit brutalement les yeux.
Klaudija l'avait vu.
— Qu'est-ce que tu viens de voir ?
Lana ne répondit pas immédiatement.
Puis :
— Un Rosaire.
Le visage de Klaudija changea.
À peine.
Mais Lana le vit.
Et sourit.
— Voilà.
— Voilà quoi ?
— Cette tête.
Petit silence.
— Leur père...
C'est son rosaire.
Klaudija resta parfaitement immobile.
Elle ne pouvait plus cacher sa surprise.
— Comment tu arrive à voir ça ?
Lana éclata d'un rire sans joie.
— J'ai travaillé pour Origin, mais j'ai aussi hérité d'un objet similaire.
Klaudija fixa le médiator.
— Ça ?
Lana referma immédiatement sa main.
— Ça, non.
C'est disons... Comment dire ? Un add-on.
Klaudija sourit.
Très légèrement.
— Donc toi aussi...
Tu retires une partie de l'histoire.
Lana la regarda.
Longtemps.
Puis eut un petit sourire.
— Touché.
Pour la première fois...
Elles se comprirent vraiment.
Aucune des deux...
Ne faisait confiance à l'autre.
Mais aucune n'était désormais capable de sous-estimer l'autre.
Père Aurelius attendait dans une salle qu'aucun d'entre eux n'avait encore vue.
Une immense bibliothèque circulaire.
Pas d'électricité.
Seulement des lampes.
Des cierges.
Des milliers de manuscrits.
Des reproductions d'objets.
Des dessins.
Des fragments de pierre.
Des textes écrits dans des langues disparues.
Alex entra.
S'arrêta.
— Bro...
Même Indiana Jones aurait demandé un badge d'accès.
Aurelius sourit.
— Entrez.
Emmanuel posa une petite boîte de bois sur la table et demanda à Nicky sa bague.
Elle retira sa Bague.
La posa dedans.
Aurelius observa le geste.
— Bien.
Nicky leva un sourcil.
— J'ai passé l'âge des félicitations, mon père.
— On ne passe jamais l'âge d'apprendre.
— Merde...
Même lui parle comme Manu.
Alex étouffa de rire.
Emmanuel ouvrit la boîte.
La Bague apparut sous la lumière des cierges.
— Jusqu'à maintenant...
Tu l'appelais ta Bague.
Nicky acquiesça.
— Erreur.
Elle leva lentement les yeux.
— Elle ne t'appartient pas.
Silence.
— Tu la portes.
Il fit légèrement pivoter l'Anneau.
— Son nom est...
Ænor.
Aurelius poursuivit.
— Dans les plus anciennes archives que nous possédons...
Elle est appelée :
L'Anneau des Possibles.
La grand-mère de Luna apparut tranquillement derrière Alex.
Luna tourna la tête.
— Mamie...
Alex se retourna aussi.
— Ah !
Ma Mémé chamane stylée !
La vieille femme sourit.
— Bonjour mon petit.
Nicky vit immédiatement la vieille femme.
Elle fronça légèrement les sourcils.
— Et elle ?
Alex :
— Ah oui.
On t'avait pas présenté la nouvelle morte.
Luna :
— ALEX !
La grand-mère éclata de rire.
Akira regarda Alex.
— Elle est là ?
Alex montra l'endroit.
— Oui.
Beatriz regarda dans le vide.
— Bonjour, madame.
La grand-mère sourit.
— J'aime bien celle-là.
Nicky traduisit immédiatement.
Beatriz sourit.
— Moi aussi je vous aime bien.
Alex leva les mains.
— Voilà.
On fait des réunions de famille interdimensionnelles maintenant.
Emmanuel :
— Alex.
— Oui, Sensei.
Il remit immédiatement son sérieux.
Aurelius ouvrit un énorme manuscrit.
Une reproduction de l'Anneau apparaissait sur une page noircie par le temps.
— Nous ignorons qui a fabriqué Ænor.
Nous ignorons même dans quelle civilisation elle est apparue.
Les premières représentations connues sont déjà des copies d'images plus anciennes.
Luna regardait attentivement.
Même elle semblait découvrir l'histoire.
Aurelius poursuivit.
— Le Sanctum possède la trace de sept porteurs certains avant Nicky.
Six sont morts.
Le septième...
A disparu.
Nicky regarda Emmanuel.
— Super.
Ambiance de merde direct, c'est rassurant.
Alex :
— Franchement, statistiquement...
Nicky lui adressa un regard.
— Finis ta phrase et tu vas tester les probabilités de survie sans ta mâchoire mon cœur.
Alex referma immédiatement la bouche.
— J'adore quand tu me parles d'amour.
Aurelius tourna une page.
Une femme apparaissait sur une fresque extrêmement ancienne.
— Sahra d'Ur.
Première porteuse identifiée avec certitude.
Elle aurait anticipé l'effondrement de trois cités plusieurs jours avant leur chute.
Elle sauva des milliers de personnes.
Puis...
Elle passa les dernières années de sa vie incapable de distinguer ce qui allait arriver...
De ce qui aurait pu arriver.
Une autre page.
Un guerrier.
— Varan de Taxila.
Il pouvait anticiper les mouvements de dizaines d'adversaires simultanément.
Selon les chroniques, personne ne réussit à le toucher pendant vingt-sept ans.
Alex souffla.
— Putain lui ils devait consommer plus de sucre que moi...
Aurelius :
— À la fin de sa vie...
Il ne pouvait plus traverser une pièce sans voir toutes les façons dont il pourrait y mourir.
Silence.
Même Alex ne trouva rien à dire.
Une troisième image.
Une silhouette japonaise.
— Tomoe Ayanagi.
Période Muromachi.
Nicky s'approcha.
— Japonaise pure souche...
Aurelius acquiesça.
— La plus proche de ta manière de l'utiliser.
Chevauchées.
Combats.
Anticipation immédiate.
Elle ne voyait pas plusieurs jours.
Seulement quelques secondes.
Mais avec une précision exceptionnelle.
Nicky regarda sa Bague.
— Elle appelait cela...
le pas avant le monde.
Silence.
Emmanuel reprit.
— Ænor ne te rend pas plus rapide.
Nicky releva les yeux.
— Elle te permet d'agir avant que les autres aient terminé de décider.
Il se rapprocha.
Réaction.
Trajectoire.
Anticipation.
Combats.
Conduite.
Prise de décision.
Lecture des dangers.
Plus tu apprends à maîtriser les possibles...
Plus tu peux réduire l'intervalle entre ce que tu vois...
Et ce que tu fais actuellement...
Nicky regarda Emmanuel.
— Donc à Tokyo...
— Oui, jusqu'à aujourd'hui tu n'utilisais qu'une partie.
Elle eut un sourire incrédule.
— Putain.
— Oui.
— Tu savais ça ?
— Une partie.
— Et tu m'as rien dit ?
Emmanuel la fixa calmement.
— Tu n'étais pas prête, tu devais d'abord maîtriser la base.
Nicky inspira.
Puis éclata d'un petit rire sombre en regardant Alex.
— Ta raison mon cœur, j'adore cette famille.
Tout le monde connaît la notice de mes pouvoirs sauf moi.
Emmanuel :
— Non.
Il regarda Ænor.
— Personne ne connaît la notice.
Aurelius tourna une nouvelle page.
Vide.
— Les archives s'arrêtent ici.
Alex :
— Sérieusement ?
Vos ancêtres avaient pas envie de finir le bouquin ?
Aurelius regarda Alex.
— Ils sont morts avant d'avoir trouvé la suite.
Silence.
Alex leva doucement les mains.
— Je retire.
Très bonne raison effectivement.
La grand-mère s'approcha de la table.
Son regard resta fixé sur Ænor.
— Le missionnaire...
Luna tourna immédiatement la tête.
— Quoi ?
La vieille femme semblait bouleversée.
— Celui qui m'a confié la boîte d'artefacts.
Le Rosaire.
Ænor.
La Pièce.
Le pendentif.
La broche...
Elle secoua lentement la tête.
— Il savait.
Luna murmura :
— Tu m'avais dit qu'il ne t'avait presque rien expliqué.
— C'est vrai.
Petit silence.
— Je pensais qu'il nous confiait des objets anciens.
Pas...
Elle chercha ses mots.
— Ça.
Luna revit soudain la trappe.
Son village.
Atlas.
Les cris.
Les jours passés cachée avec cette boîte contre elle.
Son sourire disparut.
Emmanuel regarda Luna.
Puis la grand-mère.
— C'est pour cette raison qu'on commence maintenant.
Il posa une main près d'Ænor.
— Un artefact ne vous donne jamais quelque chose gratuitement.
Nicky le regarda.
— Et Ænor me prend quoi ?
Emmanuel répondit immédiatement.
— Le présent.
Silence.
— Plus tu regarderas les futurs possibles...
Plus tu risques de commencer à vivre dans ceux qui n'existeront jamais.
Nicky resta silencieuse.
Pour la première fois depuis longtemps...
Aucun sarcasme.
Emmanuel poursuivit.
— Voilà pourquoi je ne t'ai jamais appris à regarder plus loin.
Petit silence.
— Je t'ai appris à décider.
Nicky hocha très doucement la tête.
Elle comprenait.
Puis Emmanuel tourna discrètement le regard vers Akira.
Ensuite Beatriz.
Aurelius le vit.
La grand-mère aussi.
Le prêtre murmura :
— Tu y penses déjà.
Nicky regarda Emmanuel.
— À quoi ?
Emmanuel ne répondit pas.
Aurelius non plus.
Alex regarda Akira.
Puis Beatriz.
— Ah...
Encore un épisode de "Manu prépare un truc et personne sait quoi".
Beatriz sourit.
Emmanuel referma le manuscrit.
— Exactement.
PALAZZO VESCARI
Vingt-et-une heures.
Les grandes portes s'ouvrirent.
Marbre.
Statues romaines.
Lustres.
Champagne.
Costumes.
Robes longues.
Collectionneurs.
Banquiers.
Diplomates.
Quelques cardinaux.
Et probablement plusieurs personnes dont personne n'aurait voulu connaître la véritable profession.
Alex descendit d'une voiture noire.
Costume impeccable.
Nœud papillon.
Il tira légèrement sur son col.
— Pourquoi, à chaque fois qu'on doit observer discrètement...
On finit habillés comme James Bond ?
Nicky descendit derrière lui.
Toujours blanche.
Robe-pantalon parfaitement coupée.
Lunettes transparentes.
— Parce que toi en jogging...
On te repère depuis Naples mon cœur.
Alex la regarda.
Longtemps.
Nicky leva un sourcil.
— Quoi ?
Luna s'approcha.
— Respire bro.
Alex sortit discrètement un Dragibus de sa poche.
Nicky le regarda.
— Tu as des bonbons dans ton costume ?
— Évidemment.
— T'es pas sérieux mec ?
— Et pourtant tu m'aimes.
Nicky sourit.
— On fait tous des erreurs.
Puis elle l'embrassa rapidement.
Alex resta figé.
Luna lui mit immédiatement un deuxième Dragibus dans la bouche.
— Voilà, tu as survécu à ça.
Maintenant avance cowboy.
Akira descendit à son tour.
Costume sombre.
Simple.
Beatriz arriva à côté de lui.
Robe noire.
Aucun bijou inutile.
Akira la regarda une seconde de trop.
Beatriz le remarqua.
— Quoi ?
Akira :
— Rien.
Elle sourit.
— C'est bien ce que je pensais.
Puis elle entra.
Akira resta immobile une demi-seconde.
Alex passa à côté.
— Bro...
Bienvenue au club.
Akira :
— Alex, ferme ta gueule, merci.
Alex sourit.
— Oh putain.
Il parle.
À l'intérieur...
Dark et Vador avaient évidemment trouvé un moyen d'entrer.
Personne ne savait comment.
Dark suivait Beatriz.
Vador marchait tranquillement derrière Nicky.
Alex les vit.
— Vous aviez pas d'invitation vous deux.
Vador continua.
— Oui.
C'est ça.
Ignore-moi.
Luna, elle...
Avait déjà disparu dans les galeries.
— OH PUTAIN !
Une statue de Marc Aurèle !
Elle traversa littéralement un groupe de touristes privés.
Alex leva les yeux au ciel.
— Sister est partie au musée.
Nicky :
— Plus de petits fours pour toi... Et de champagne pour moi.
Sur l'estrade...
L'objet principal apparut.
Un fragment de pierre noire.
Triangulaire.
Très ancien.
À sa surface...
Des traces presque effacées.
Un phénix.
Et quelques caractères identiques à ceux des cryptes du Sanctum.
Alex sentit immédiatement sa pièce devenir légèrement chaude dans sa poche.
Emmanuel le regarda.
— Ne l'utilise pas.
— J'allais rien faire.
— Menteur.
Alex sourit.
Le téléphone de Yoshimizu vibra.
Message Diana.
REGARDEZ CEUX QUI NE SONT PAS VENUS POUR ACHETER.
Emmanuel avait déjà compris.
Il regardait un homme.
Costume noir.
Gants fins.
Seul.
Il n'avait pas levé une seule fois sa palette d'enchères.
Il regardait Emmanuel.
Origin.
Les deux hommes croisèrent leurs regards.
Aucun sourire.
Aucun mouvement.
Une partie venait de commencer.
Beatriz, elle...
Regardait ailleurs.
Une femme.
Assise seule.
Long manteau sombre.
Cheveux tirés.
Impossible de réellement lui donner un âge.
Elle ne regardait jamais les objets.
Elle regardait les gens.
Beatriz murmura :
— Emmanuel.
— Oui.
— La femme près de la colonne.
Emmanuel ne tourna même pas la tête.
— Je sais.
Beatriz la fixa.
— Elle nous suit.
Petit silence.
— Non.
Beatriz fronça les sourcils.
— Quoi ?
Emmanuel observait toujours le représentant d'Origin.
— Elle me suit.
Beatriz regarda de nouveau la femme.
— Depuis quand ?
Cette fois...
Emmanuel ne répondit pas.
Nicky avait entendu.
Alex aussi.
La femme mystérieuse releva lentement les yeux.
Son regard croisa celui d'Emmanuel.
Elle inclina légèrement la tête.
Comme on saluait quelqu'un que l'on connaissait depuis longtemps.
Emmanuel répondit exactement du même mouvement.
Beatriz murmura :
— Elle est avec Origin ?
— Non.
— Le Sanctum ?
Petit silence.
Emmanuel :
— Continue d'observer.
Beatriz sourit légèrement.
— Donc oui.
Emmanuel ne répondit pas.
Quelques secondes plus tard...
La femme avait disparu.
Beatriz regarda la porte.
Puis les fenêtres.
— Comment elle...
Alex :
— Ah !
Pour une fois c'est pas moi l'illusionniste.
La vente continua.
Le fragment fut acheté pour une somme absurde.
Mais Emmanuel ne regarda même pas l'acheteur.
Il regarda l'homme d'Origin.
Puis la chaise désormais vide de la femme.
Il venait de comprendre quelque chose.
Origin savait qu'ils cherchaient.
Le Sanctum...
Aussi.
Plus tard.
Sous la basilique.
Père Aurelius attendait Emmanuel seul.
— Tu l'as revue ?
Emmanuel posa sa veste.
— Oui.
— Elle veille toujours.
Emmanuel observa le Phénix gravé sur un ancien sceau.
— Comme promis.
Aurelius sourit.
— Et tes élèves ?
Emmanuel regarda au loin.
Nicky engueulait Alex parce qu'il avait posé un paquet de bonbons sur un manuscrit du XIIe siècle.
Akira et Beatriz examinaient ensemble les photographies de la vente.
Yoshimizu travaillait déjà.
Dark dormait près d'Alex.
Vador avec Nicky.
Luna racontait quelque chose à sa grand-mère.
Emmanuel répondit simplement :
— Ils commencent à chasser.
Roer ouvrit un dossier.
Vieilles photographies.
Dates.
Pays.
France.
Brésil.
Inde.
Mexique.
Puis...
Une photographie.
Le Mexique.
Emmanuel.
Trois ans plus tôt.
De dos.
Devant les ruines d'un ancien site.
Autour de son poignet...
Le Rosaire.
Roer observa longtemps l'image.
Puis une seconde photographie.
Prise le même jour.
À plusieurs dizaines de mètres derrière Emmanuel...
Une femme.
La même que celle du Palazzo.
Immobile.
Elle l'observait déjà.
Roer resta silencieux.
Puis murmura :
— Toujours elle...
Il tourna une dernière photographie.
Sur une pierre du site mexicain...
Presque effacé...
Un Phénix.
Roer referma lentement le dossier.
— Tu cherchais déjà les réponses...
Petit silence.
Son sourire disparut.
— Et tu n'étais jamais seul.
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On apprend tout de même à quoi servent les artefacts et le prix à payer pour les utiliser. Origin est dans le coin mais personne n'y touche.