Saison 2 - Episode 1 - ROMA AETERNA

📖 THE LAST WOLVES ✍️ Splinter 📝 1552 mots


Le soleil n'était pas encore levé.

Rome dormait.

Ou faisait semblant.

Les rues pavées étaient encore humides de la pluie tombée pendant la nuit.

Quelques scooters traversaient les places désertes.

Une vieille Fiat passait lentement devant une fontaine.

Au loin...

Les cloches d'une basilique commencèrent à résonner.

Une.

Puis une deuxième.

Puis toute la ville sembla répondre.

Les pigeons s'envolèrent.

Les statues observaient toujours les hommes.

Comme elles le faisaient depuis des siècles.

Une silhouette traversait lentement la place.

Capuche kakir sombre.

Mains dans les poches.

Le Rosaire dépassait légèrement de sa manche.

Emmanuel.

Quelques mètres derrière...

Alex.

Il leva les yeux vers l'immense basilique.

— Bro...

Petit silence.

— Tu les choisis comment tes hôtels exactement ?

Emmanuel continua d'avancer.

— Pourquoi ?

Alex regarda les gargouilles.

Les vitraux.

Les immenses portes en bronze.

Puis les statues de saints qui semblaient fixer chaque visiteur.

— Parce que...

Comment dire...

J'ai l'impression qu'ici même Jésus hésiterait à rentrer.

Luna, éclata de rire.

Elle marchait à reculons devant eux.

— Tu exagères, c'est trop beau ici.

Alex regarda les gargouilles.

— Sister...

Y'en a une qui me regarde bizarrement depuis tout à l'heure.

— C'est une gargouille Alex.

— Oui...

Mais elle me regarde vraiment de travers, j'aime pas ça.

Emmanuel poussa lentement les lourdes portes.

Le grincement résonna dans toute la nef.

L'encens flottait encore dans l'air.

Des dizaines de cierges brûlaient.

Une chorale répétait au loin.

Le latin emplissait doucement l'espace.

Alex baissa instinctivement la voix.

— Putain...

Même moi j'ai envie de parler moins fort.

Emmanuel répondit calmement.

— Ça nous changera.

Au fond de la basilique...

Un vieux prêtre terminait sa prière.

Il releva lentement la tête.

Leurs regards se croisèrent.

Le vieil homme resta immobile quelques secondes.

Puis un très léger sourire apparut.

— Tu es donc revenu...

Emmanuel inclina simplement la tête.

— Oui, mon père.

Le prêtre regarda le Rosaire.

Son sourire disparut.

— Alors...

Tu as enfin appris à le maîtriser.

Le silence répondit.

Alex sentit immédiatement que cette phrase n'était pas une métaphore.

Le vieux prêtre fit un signe de la main.

— Suivez-moi.

Ils traversèrent une petite porte en bois.

Puis un couloir.

Puis un deuxième.

L'air devenait plus frais.

Les murs étaient de plus en plus anciens.

La pierre remplaçait progressivement le marbre.

Ils descendirent.

Encore.

Toujours plus profondément.

Alex regarda autour de lui.

— Bro...

Dis-moi qu'on ne descend pas dans une crypte hantée.

Emmanuel continua de marcher.

— Non.

Petit silence.

— Les cryptes hantées sont deux niveaux plus bas.

Alex s'arrêta net.

— Ah.

...

Attends...

Quoi ?!

Luna explosa de rire.

— Tu l'as cherché celle-là.

Le vieux prêtre sourit discrètement.

Quelques minutes plus tard...

Ils arrivèrent devant une immense porte métallique.

Le prêtre posa simplement sa main dessus.

Un ancien mécanisme se déverrouilla.

La porte pivota lentement.

Derrière...

Une immense salle voûtée.

Des cartes de Rome.

Des bibliothèques.

Des radios.

Un garage aménagé avec des ascenseurs pour véhicules.

Des ordinateurs modernes installés entre des colonnes romaines.

Des caisses de matériel.

Une ancienne chapelle transformée en salle de commandement.

Alex ouvrit lentement la bouche.

— Bro...

Attends, vous avez l'accord du saint esprit pour un truc pareil ?

Le vieux prêtre éclata doucement de rire.

— Disons...

Que certains combats se gagnent mieux dans le silence.

Emmanuel observa longuement la pièce.

Puis regarda le prêtre.

— Merci.

Le vieil homme posa une main sur son épaule.

— Les murs de Rome ont entendu des empereurs...

Des papes...

Des saints...

Et des monstres.

Petit silence.

Il fixa Emmanuel droit dans les yeux.

— Fais en sorte qu'ils n'entendent jamais ton nom pour les mauvaises raisons.

Emmanuel acquiesça.

— C'est précisément pour cela que je suis revenu.

Au même instant...

À plusieurs kilomètres de là...

Sous Rome.

Bien plus profondément encore.

Une immense porte d'acier s'ouvrit.

Un symbole gigantesque apparaissait au fond d'une cathédrale souterraine.

Le sigle d'ORIGIN.

Immense.

Gravé dans la pierre.

Roer avançait seul.

Le bruit de ses pas résonnait dans l'immensité.

Il s'arrêta devant le symbole.

Longtemps.

Puis murmura...

— Tu es arrivé exactement où nous le voulions...

Emmanuel.

Il leva lentement les yeux.

— La question...

N'a jamais été de savoir si tu viendrais.

Petit silence.

— Mais combien de portes tu serais prêt à ouvrir...

Avant de comprendre...

Qui les avait construites.


Quelques heures plus tard...

Sous la ville...

Une cellule.

Les murs étaient en pierre brute.

Humides.

Aucune fenêtre.

Seulement une petite ouverture au plafond laissant entrer un mince rayon de lumière.

Klaudija était assise contre le mur.

Les yeux fermés.

Comme si elle méditait.

En face d'elle...

Une jeune femme faisait lentement tourner un vieux médiator entre ses doigts.

Silence.

Puis...

Lana leva les yeux.

— Tu fais toujours ça quand tu réfléchis ?

Klaudija sourit à peine.

— Toi aussi tu médite, juste différemment, à ta manière.

Petit silence.

Lana soupira.

— Je déteste cet endroit à la con.

Je déteste Rome.

Je déteste ces malades mentaux d'Origin.

Je déteste leurs putains de cellules.

Elle marqua une pause.

— Et je déteste encore plus leurs cafés de merde.

Klaudija éclata discrètement de rire.

— Le café italien est pourtant réputé.

— Ouais...

Ben moi je préfère encore boire de l'essence.

Un garde passa devant les cellules.

Il tapa violemment contre les barreaux.

— Silence !

Lana leva immédiatement les yeux.

— Vas niquer ta mère toi.

Le garde serra les dents.

— Tu veux finir au cachot ?

— Avec plaisir.

Au moins j'aurai plus besoin de voir ta gueule.

Le garde fit un pas.

Puis s'arrêta.

Il regarda Klaudija.

Puis Lana.

Puis repartit.

Sans répondre.

Klaudija observa quelques secondes Lana.

Puis demanda calmement.

— Tu est là pourquoi ?

Lana ne répondit pas immédiatement.

Elle regarda son médiator.

Très longtemps.

Puis murmura.

— Mon fils.

Le silence revint.

Klaudija baissa lentement les yeux.

— Intéressant, ça me parle aussi.

Les deux femmes ne se regardaient plus.

Elles regardaient le même vide.

Le même manque.

Puis Lana reprit.

— Tu crois qu'ils sont encore vivants ?

Petit silence.

Klaudija répondit sans hésiter.

— Oui.

— Comment tu peux en être aussi sûre ?

Klaudija esquissa un très léger sourire.

— Parce qu'ils nous ressemblent.

Lana souffla du nez.

— Ça...

C'est justement ce qui m'inquiète.


Au même moment...

Aéroport Léonard-de-Vinci.

Rome.

Les arrivées internationales.

Alex tournait en rond.

Un énorme paquet de Dragibus à la main.

Luna leva les yeux au ciel.

— Bro...

Tu vas finir par creuser un trou dans le sol.

Alex regarda l'écran.

— Ça fait vingt minutes que j'attends.

— Dix.

— J'ai compté avec mon cœur.

— Ton cœur est très mauvais en mathématiques.

Dark était couchée sur une valise.

Elle observait tranquillement les voyageurs.

Vador, lui...

Dormait profondément dans les bras d'Emmanuel.

Puis...

Une voix retentit.

— Vol en provenance de Tokyo...

Les passagers sont invités à récupérer leurs bagages.

Alex s'immobilisa.

Complètement.

Luna sourit.

— Ah...

Le voilà.

— Qui ?

— L'ado.

— Je suis pas un ado.

— Non.

T'es pire.

Les portes automatiques s'ouvrirent.

Les premiers voyageurs sortirent.

Puis...

Akira.

Toujours aussi calme.

Un simple sac sur l'épaule.

Derrière lui...

Yoshimizu.

Déjà absorbé par sa tablette.

Puis...

Une silhouette encapuchonnée, entièrement vêtue de blanc.

Lunettes roses transparentes.

Cheveux détachés.

Nicky.

Alex resta bouche ouverte.

Littéralement.

Aucun son ne sortit.

Luna prit un Dragibus.

Le glissa directement dans sa bouche.

— Allez bro.

Ferme la bouche.

Les mouches italiennes ont déjà assez de boulot.

Alex mâcha mécaniquement.

Sans quitter Nicky des yeux.

Dark descendit de la valise.

S'approcha de Beatriz qui arrivait juste derrière le groupe, casque de moto accroché à son sac.

Elle vint immédiatement se frotter contre sa jambe.

Beatriz sourit.

— Salut toi...

Vador, lui...

Sauta aussitôt des bras d'Emmanuel.

Traversa le hall.

Et grimpa directement dans ceux de Nicky.

Elle éclata de rire.

— Hé...

Mon gros...

Tu m'as manqué toi aussi.

Alex retrouva enfin la parole.

— Euh...

Salut...

Nicky retira lentement ses lunettes.

Le regarda.

Long silence.

Puis...

— Bonjour Toi , toujours à stocker du sucre mon coeur ?

Alex sourit comme un idiot.

— Euh... Ouais...

Et toi...

Euh... Comment dire ?, je...

— Je fais des efforts.

Mais là, euh... Ouais vas falloir que je stocke plus je crois... Euh...

Akira et Yoshimizu regarderent Emmanuel.

S'inclinèrent.

— Emmanuel.

Emmanuel répondit du même geste.

— Bienvenue.

— Merci.

Puis Nicky s'approcha à son tour.

Elle s'inclina légèrement.

Emmanuel fit de même et observa simplement sa posture.

Son regard.

Sa respiration.

Puis dit calmement.

— Tu as continué à t'entraîner ?

Nicky répondit.

— Tous les jours.

Il hocha simplement la tête.

— Je vois.

Aucun sourire.

Aucun compliment.

Mais Nicky comprit immédiatement.

C'était exactement celui qu'elle attendait.

Alex regarda Akira.

— Sérieux...

Ils parlent toujours comme deux moines Shaolin, ça a pas changé depuis Tokyo.

Akira répondit sans émotion.

— Oui.

Alex soupira.

— Bon...

Va falloir que je m'habitue encore et encore.

Luna éclata de rire.

— Tu as survécu au froid Lituanien, ça devrait être facile maintenant.


À plus de trois mille kilomètres de Rome...

Le vent soufflait sans relâche.

La neige recouvrait tout.

Les montagnes.

Les miradors.

Les clôtures.

Les barbelés.

Perdu au milieu de nulle part...

Un immense complexe militaire surgissait de la glace.

Aucun drapeau.

Aucun nom.

Seulement un symbole.

ATLAS.

Sous terre.

Niveau sécurité maximum -12.

Une porte blindée s'ouvrit dans un grondement métallique.

Quatre soldats entrèrent.

Casques.

Gilets lourds.

Fusils d'assaut.

Leurs gestes étaient parfaitement coordonnés.

Le chef inspira profondément.

— Procédure Delta.

Tout de suite.

Les trois autres acquiescèrent.

Ils connaissaient déjà la routine.

Au fond de la cellule...

Deux silhouettes relevèrent lentement la tête.

Un jeune garçon.

Une jeune femme.

Soren.

Mélissa.

Leurs regards étaient étrangement calmes.

Le chef parla.

— Au sol.

Personne ne bougea.

Il répéta.

— Au sol.

Toujours rien.

Les quatre soldats avancèrent simultanément.

Deux saisirent Soren.

Deux autres immobilisèrent Mélissa contre le mur.

Leurs gestes étaient rapides.

Précis.

Presque paniqués.

Ils les maintenaient fermement.

Comme s'ils avaient peur qu'un simple mouvement puisse tout faire basculer.

Un autre soldat posa rapidement deux plateaux-repas.

Puis recula immédiatement.

— C'est bon !

On sort !

Aucun d'eux ne tourna le dos aux deux prisonniers.

Ils reculèrent jusqu'à la porte.

Le verrou magnétique claqua.

Puis...

Un deuxième.

Un troisième.

Silence.

Dans le couloir...

Le plus jeune des soldats retira lentement son casque.

Ses mains tremblaient.

— Pourquoi...

Pourquoi on continue de les traiter comme ça ?

Le vétéran répondit sans même ralentir.

— Parce que les ordres sont les ordres.

— Oui mais...

Ils n'ont rien fait.

Le vétéran s'arrêta.

Le regarda droit dans les yeux.

— Tu connais leur père ?

Le jeune secoua la tête.

— Emmanuel Elga.

Petit silence.

— Moi...

Je connais des hommes qui l'ont affronté.

Il remit son casque.

— Aucun n'est revenu vivant pour en parler.

Le jeune déglutit.

Le vétéran reprit sa marche.

— Alors tant que ces deux-là respireront...

Je préfère qu'il y ait trois portes blindées entre eux et moi.

Dans la cellule...

Mélissa attendit quelques secondes.

Puis repoussa simplement le plateau du bout du pied.

— Toujours aussi degeux.

Soren esquissa un léger sourire.

— Ils font des efforts.

— Ils devraient arrêter.

Silence.

Puis...

Soren leva lentement la tête.

Il regarda le plafond.

Très loin au-dessus d'eux.

— Il est arrivé.

Mélissa tourna immédiatement la tête.

— Papa ?

Il hocha doucement la tête.

— Oui.

Petit silence.

— Et maman aussi approche.

Mélissa ferma les yeux.

Un sourire apparut.

Le premier depuis longtemps.

— Toi aussi tu l'as senti...

Une voix résonna alors derrière le mur.

Jeune.

Calme.

— Vous sentez ça...

Vous aussi ?

Les deux se regardèrent.

Soren s'approcha lentement de la cloison séparant les cellules.

— Depuis combien de temps tu es là ?

Petit silence.

La voix répondit.

— Je ne sais plus, quelques jours, ils m'ont transféré ici aujourd'hui.

Les jours se ressemblent tellement.

Mélissa s'approcha à son tour.

— Comment tu t'appelles ?

Long silence.

Puis...

— Je m'appelle...

Gwen.




💬 Commentaires 3

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Lana • 2 semaines, 1 jour modifié
Bravo pour ce premier épisode de la saison 2.

Merci d'avoir permis à Gwen et moi-même d'avoir nos persos en mode avatars dans ton histoire. Tu as une très bonne imagination.
J'espère qu'on ne mourra pas trop rapidement.

J'ai un mediator (étonnant pour jouer du violon, mais ça peut être sympa) à moins qu'il ne s'agisse d'un artefact. Il servira sans doute à activité des sonorités mystiques dans mon violon.

Gwen est fan des M&m's. Espérons aussi qu'Alex ne lui pique pas.

Soren et Mélissa vont aussi intervenir dans la bataille. C'est hyper bien vu.

Je remarque aussi l'arrivée d'autres personnages dont Beatriz.
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Splinter Auteur • 2 semaines, 1 jour
Bon disons que rien que la saga sins de base de caparica sins en passant par Tokyo sins puis the last wolves c'est 324 épisodes, j'en ai écrit à peu près la moitié, posté publier le quart et j'ai a peu près le quart restant dans la tête donc y a encore un quart c'est du freestyle mais ça je devrais y arriver. Ensuite faudra comme je t'ai dit, corriger, étoffer, améliorer, supprimer des trucs aussi. Moi qui pensais que c'était juste un délire au début j'y ai pris goût. Beatriz tu verras elle est dans Tokyo sins vers les dernières saisons pas encore publiées. Gwen et Lana c'était pour te rendre hommage au début mais j'ai eut une idée qui je pense vas donner encore plus de profondeur à l'histoire. ok les M&M's, je garde, c'est parfait une très bonne idée, à voir comment je vais amener le délire. Merci pour ton aide et tes commentaires.
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Lana • 2 semaines, 1 jour
Tu n'as pas besoin de mon aide pour avoir de l'imagination.
Les M&M's j'en ai assez parlé dans Gwenaël. ça ne peut que correspondre avec Alex.
Ce que tu fais est super bien. Drôle à la fois avec quelques ressorts comiques et running gag autour de quelques persos.
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