Saison 2 - Épisode 5 - RESONANCE - Partie 1

📖 THE LAST WOLVES ✍️ Splinter 📝 3755 mots


Sous la basilique, le Sanctum dormait encore.

Ou du moins…

Il en donnait l’impression.

Parce que depuis presque une heure, Yoshimizu avait transformé l’une des anciennes salles d’archives en quelque chose qui ressemblait beaucoup moins à une crypte qu’au centre de commandement d’une agence de renseignement.

Une vingtaine d’ écrans.

Plusieurs ordinateurs.

Des plans.

Des photographies.

Des horaires.

Des schémas électriques.

Des images satellite.

Et au milieu de tout ça…

Un énorme paquet de Dragibus.

Nicky entra.

Elle s’arrêta.

Regarda les écrans.

Puis les Dragibus.

Puis Alex.

— Sérieusement, mon cœur ?

Alex leva les yeux.

— Quoi ?

— Putain j’en ai marre de me répéter, il est huit heures vingt du matin.

— Et ?

— Tu bouffes des Dragibus bordel.

Alex regarda le paquet.

— C’est des petits fruits.

Silence.

Beatriz entra derrière elle.

— Techniquement…

Nicky leva immédiatement un doigt.

— Ah non, toi tu vas pas t’y mettre.

— J’allais simplement dire…

— Non, tu oublie direct miss Brésil junior 2019.

Akira passa la porte.

Regarda Alex.

Les bonbons.

Puis Yoshimizu.

— Il va mourir ça c’est clair.

Alex ouvrit les bras.

— Mais vous êtes tous devenus nutritionnistes ou quoi ?

Luna, assise sur une vieille table, éclata de rire.

Dark bondit juste à côté d’elle.

Vador entra tranquillement derrière Emmanuel.

Et immédiatement…

Le silence.

Manu posa deux photographies au centre de la table.

Une plume.

Noire.

Longue.

Presque métallique.

Et un étrange bijou d’oreille constitué d’un métal sombre entourant comme une sorte de minuscule émeraude translucide.

Alex se pencha.

Attentivement.

Très attentivement.

Puis releva la tête.

— Non.

Emmanuel le regarda.

— Quoi, non ?

— Je te connais.

— Manifestement pas suffisamment.

Alex désigna les photographies.

— Bro…

Il prit la première.

— Dis-moi qu’on va pas risquer vingt-cinq ans de taule italienne pour voler un putain de stylo de la renaissance.

— Ce n’est pas un stylo.

Nicky prit la deuxième.

— Et ça ?

— Ce n’est pas une boucle d’oreille donc.

Nicky regarda Beatriz.

Puis Emmanuel.

— Ah.

Elle reposa la photographie.

— Alors là, ouais, putain, je carrément suis rassurée.

Beatriz sourit.

Akira, lui, observait toujours la plume.

— Où ?

Emmanuel posa une photographie aérienne.

Un ancien palais romain transformé en musée privé.

— Ici.

Yoshimizu agrandit le bâtiment sur les écrans.

— Collection Bellandi. Une partie publique, une partie privée, des réserves sous surveillance permanente et une réception demain soir pour la réouverture d’une aile consacrée aux objets scientifiques de la Renaissance.

Alex regarda la photographie.

Puis Manu.

— Donc…

— Oui Alex.

— On braque un musée.

— Oui.

— À Rome.

— Alex…

— Attends, je pose le contexte parce que quand je vais raconter ça à quelqu’un, je veux être précis.

Nicky soupira.

— Personne ne voudra écouter cette histoire.

— Toi tu l’écouteras.

— Parce que malheureusement je baise avec toi.

Alex sourit immédiatement.

— Je prends le compliment comme un argument valable.

Nicky lui lança un Dragibus à la figure.

Luna éclata de rire.

Emmanuel posa les deux mains sur la table.

Le silence revint.

— Vous récupérez ces deux objets.

Akira leva les yeux.

— Pourquoi ?

— Parce que je vous le demande.

Beatriz observa Emmanuel.

— Oui Sensei, mais...

Un petit silence.

Nicky tourna lentement la tête vers Beatriz.

Alex arrêta de mâcher.

Même Yoshimizu leva les yeux de son écran.

Emmanuel, lui…

ne bougea pas.

Beatriz continua.

— On va entrer dans un musée extrêmement sécurisé. Risquer d’être identifiés. Peut-être arrêter. Peut-être pire.

Elle désigna les photographies.

— Pour deux objets dont tu refuses de nous expliquer l’importance.

Emmanuel soutint son regard.

Puis acquiesça.

— Exact.

Beatriz fronça légèrement les sourcils.

— Et ça ne te pose aucun problème ?

— Si.

Il regarda chacun d’eux.

— C’est précisément pour ça que vous allez le faire.

Nicky croisa les bras.

— Manu…

Emmanuel posa une photographie de Klaudija.

Puis deux autres.

Soren.

Mélissa.

Le sourire disparut immédiatement du visage d’Alex.

— Klaudija est détenue par Origin.

Silence.

— Soren et Mélissa, nous n’en savons rien pour l’instant.

Il regarda Nicky.

— Origin nous connaît.

Puis Akira et Beatriz.

— Ils connaissent nos habitudes.

Alex.

— Nos faiblesses.

Il posa enfin un doigt sur les deux objets.

— Si vous n’êtes pas capables de voler un œuf…

Alex leva immédiatement la main.

— …on ne vole pas le bœuf.

Manu le regarda.

— Exactement.

— Je connais celle-là, tu me l’a dejadit a Caparica une fois.

Petit silence.

— Par contre, rapelles-toi j’aime pas beaucoup le moment où je comprends qu’on risque d’être le bœuf.

Même Nicky sourit.

Emmanuel se redressa.

— Vous avez vingt-quatre heures.

Nicky fronça les sourcils.

— Pour quoi ?

— Faire le plan.

Silence.

— Quel plan ?

Emmanuel commença déjà à partir.

Nicky le suivit des yeux.

— Attends…

Il atteignit la porte.

— Sensei.

Il s’arrêta.

— Tu ne vas pas nous expliquer comment entrer ?

— Non.

— Les sorties ?

— Non.

— La sécurité ?

— Yoshimizu.

— Les rôles ?

— Décidez.

Alex regarda Nicky.

Puis Emmanuel.

— Bro…

Emmanuel tourna légèrement la tête.

— Oui ?

— J’aime beaucoup moins tes leçons depuis qu’elles peuvent finir dans une prison italienne.

— Alors évitez d’échouer.

Et il partit.

Long silence.

Alex mâcha lentement son Dragibus.

— Quelqu’un d’autre trouve qu’il devient de plus en plus sympathique avec l’âge ?

Nicky fixait toujours la porte.

— Il sait quelque chose, bordel de merde c’est encore un de ces putain de teste de psycho.

Akira acquiesça.

— Oui çaen à tout l’air.

Alex :

— Merci Akira. Heureusement que t’es là pour développer.

Beatriz sourit.

Nicky regarda les plans.

— Il sait que notre plan va merder.

Cette fois…

personne ne rit.



Roer regardait Rome à travers une immense baie vitrée.

Derrière lui, plusieurs écrans retraçaient les mouvements d’Emmanuel depuis son arrivée.

La basilique.

La réception.

Les enchères.

Des rues.

Des restaurants.

Des bâtiments.

Des heures entières où il semblait ne rien faire.

Un homme s’approcha.

— Toujours aucun mouvement vers nos installations.

Roer ne répondit pas.

— Il sait pourtant qu’elle est ici.

Silence.

Roer regarda une photographie de Klaudija.

Puis celle d’Emmanuel.

— Justement.

— Monsieur ?

— Il devrait être en train de la chercher.

Roer s’approcha des écrans.

— Emmanuel n’attend jamais lorsqu’il sait où se trouve quelqu’un qu’il aime.

Il fit défiler plusieurs images.

Nicky.

Alex.

Akira.

Beatriz.

Yoshimizu.

— Alors pourquoi tu ne viens pas ?

Personne ne répondit.

Roer resta longtemps immobile.

Puis son regard se posa sur une photographie de l’équipe.

— Qu’est-ce que tu construis…


Sous la basilique…

La guerre avait commencé.

Mais pas contre Origin.

Contre un plan du musée.

Nicky avait pris un feutre.

— Entrée principale, impossible.

Akira :

— Possible.

Elle le regarda.

— Développe.

— Mais stupide.

Nicky resta silencieuse.

Alex éclata de rire.

— Putain, lui quand il utilise deux mots d’affilée ça devient violent.

Akira continua tranquillement.

— Trop de caméras. Trop de témoins. Aucun contrôle sur les flux.

Nicky barra l’entrée principale.

— Très bien.

Beatriz regardait les photographies du personnel.

Pas le bâtiment.

Les gens.

Alex le remarqua.

— Tu cherches quoi ?

— Une porte.

— Elles sont sur le plan.

— Pas celles-là.

Elle prit la photographie d’un homme.

— Lui.

Yoshimizu regarda.

— Matteo Berni. Responsable adjoint de conservation.

— Divorcé ?

Yoshimizu tapa quelques touches.

— Deux fois.

— Dettes ?

Quelques secondes.

— Beaucoup.

Beatriz sourit.

— Il fume.

Nicky :

— Comment tu sais ça ?

Beatriz montra la photographie.

— Index droit légèrement jauni. Petite brûlure sur la manche. Et il porte son badge à gauche alors que tous les autres le portent à droite.

Alex cligna des yeux.

— Et ça veut dire quoi ?

— Qu’il le retire souvent.

— Pourquoi ?

— Pour sortir fumer.

Akira leva les yeux vers elle.

Beatriz le remarqua.

— Quoi ?

— Rien.

— Tu me regardes.

— J’observe.

Petit sourire de Beatriz.

— J’aime bien.

Akira baissa les yeux sur le plan.

Elle sourit davantage.

Nicky les regarda tous les deux.

— Oh putain…

Beatriz :

— Quoi ?

— Rien. Continuez. Ça devient intéressant.

Akira ne répondit pas.

Alex chuchota :

— Elle a .... ?

Nicky :

— Tout le monde a vu, mon cœur.

— Lui, je suis pas certain.

— C’est Akira. Il découvrira qu’il a un crush quand il aura démonté son propre cœur pour comprendre pourquoi il accélère.

Beatriz éclata de rire.

Akira soupira.

Puis montra une zone du plan.

— Ici.

Tout le monde se rapprocha.

— Accès technique. Serrure mécanique derrière contrôle électronique.

Yoshimizu :

— Je peux couper le contrôle.

— Non.

— Pourquoi ?

Akira regarda Alex.

— Parce qu’il a raison.

Alex se figea.

— Attends.

Il posa son paquet.

— Répète.

Akira :

— Non.

— Putain vas-y !

Akira montra les caméras.

— Si Yoshimizu coupe quelque chose, quelqu’un saura que quelque chose a été coupé.

Alex sourit.

— Voilà.

Il prit le feutre.

— Première règle de magie.

Nicky leva les yeux.

— Ça commence.

— Tu ne fais pas disparaître quelque chose.

Il dessina un cercle autour du système.

— Tu fais regarder les gens ailleurs pendant que la chose est toujours devant eux.

Beatriz acquiesça.

— Donc on ne coupe rien.

— Exact.

Alex sourit.

— Pourquoi on irait se faire chier, on leur fait croire que tout fonctionne.

Nicky le regarda.

Puis sourit à son tour.

— Pas mal pour hyperglycémique, mon cœur.

Alex resta figé.

— Yoshimizu.

— Quoi ?

— Dis-moi que t’enregistres Yoshi.

— Depuis vingt minutes.

— Envoie-moi uniquement cette phrase.

Nicky lui donna une tape derrière la tête.


La cellule était froide.

Lana était assise contre le mur.

Le médiator entre les doigts.

Klaudija l’observait.

Depuis plusieurs minutes.

Lana finit par relever les yeux.

— Tu comptes continuer longtemps ?

— Quoi ?

— À regarder ma main.

— Peut-être.

Lana referma ses doigts sur le médiator.

— C’est à mon fils.

Klaudija acquiesça.

— Tu l’as déjà dit.

— Alors arrête de le regarder comme si tu voulais me le voler.

— Je ne veux pas te le voler.

Petit silence.

— Je veux comprendre pourquoi tu le tiens comme ça.

Lana ne répondit pas.

Klaudija sourit légèrement.

— Voilà.

— Voilà quoi ?

— Ta tête.

Lana fronça les sourcils.

— Quelle putain de tête ?

— Celle que tu me reproches depuis plusieurs jours.

Silence.

Cette fois, Klaudija avait marqué un point.

Lana regarda le médiator.

— Certains objets gardent quelque chose de ceux qui les ont touchés.

— Des souvenirs ?

— Plus que ça.

Klaudija se redressa légèrement.

— Tu parles d’artefacts ?

Lana releva immédiatement les yeux.

Trop vite.

Klaudija le vit.

— Intéressant.

— Fais pas la maligne.

— Pourquoi ? Ça marche.

Lana eut presque un sourire.

Presque.

Puis :

— Chez Origin, j’ai vu des porteurs devenir capables de choses impossibles.

Elle regarda le mur.

— Et je les ai vus crever.

Klaudija ne bougea plus.

— Tous ?

— Beaucoup.

Lana joua avec le médiator.

— Plus ils utilisaient leurs trucs, plus ils en voulaient, comme de la came.

Silence.

— Et plus ils en voulaient, plus ces putains d’objets les bouffaient.

Klaudija baissa légèrement les yeux.

Lana la vit.

Immédiatement.

— Voilà.

Klaudija releva la tête.

— Quoi ?

— Cette tête.

Petit silence.

— Tu sais quelque chose.

Klaudija sourit.

— Toi aussi.

Les deux femmes se regardèrent.

Puis Lana souffla :

— On va finir par devoir se faire confiance.

Klaudija :

— Ça m’emmerde autant que toi.

— Parfait.

Pour la première fois…

elles sourirent toutes les deux.


Les archives du Sanctum semblaient ne jamais finir.

Emmanuel descendit entre deux rangées de manuscrits.

Aurelius l’attendait.

Sur une table reposaient deux reproductions anciennes.

Une plume.

Un bijou d’oreille.

Aurelius ne leva même pas les yeux.

— Kælum, Syrae

Emmanuel s’arrêta.

— Oui.

Aurelius referma le livre.

— Tu es certain d’eux ?

— Non.

Le prêtre leva enfin les yeux.

— Voilà qui est rassurant.

— Je n’ai pas besoin d’être rassuré.

— Eux peut-être.

Emmanuel ne répondit pas.

Aurelius regarda les deux représentations, Emmanuel lui lança.

— Ton grand-père aurait probablement essayé de les cacher à nouveau.

— Probablement.

— Il avait consacré une partie de sa vie à empêcher que certains d’entre eux soient réunis.

Emmanuel soutint son regard.

— Je sais.

— Et toi…

Aurelius se rapprocha.

— Tu fais exactement l’inverse.

Silence.

— Pourquoi ?

Emmanuel regarda Kælum.

Puis Syræ.

— Je ne réunis pas des artefacts.

Aurelius comprit immédiatement.

Son visage changea à peine.

— Tu réunis des porteurs, tu cherches la troisième voie.

Emmanuel ne répondit pas.

— Tu es certain d’eux ? répéta Aurelius.

— Non.

— Et s’ils échouent ?

— Alors ils ne sont pas prêts et moi non plus.

Aurelius posa sa main sur le manuscrit.

— Et les artefacts ?

Emmanuel se retourna.

— Secondaires.

Aurelius eut un petit rire sans joie.

— Deux des Douze.

Emmanuel s’arrêta.

— Secondaires ?

Il tourna légèrement la tête.

— Toujours.

Puis partit.

Aurelius resta seul.

Et murmura :

— Fais bien attention à ce que tu es en train de reconstruire, Emmanuel…


Le lendemain soir.

Le musée Bellandi brillait sous les lumières.

Berlines noires.

Voituriers.

Champagne.

Bijoux.

Costumes.

Une Rome qui ne criait jamais sa richesse.

Parce qu’elle n’en avait pas besoin.

Nicky descendit d’une voiture.

Blanche.

Évidemment.

Elle avait mis sa fameuse tunique à cape blanche parfaitement coupé : Shiro Kage

Lunettes transparentes.

Alex descendit derrière elle.

Smoking noir.

Nicky le regarda.

Longuement.

— Putain.

Alex ajusta son col.

— Quoi ?

— Là t’es presque trop fréquentable pour me faire des trucs dègeux mon cœur.

— Merci, ça m’aide beaucoup.... j’ai encore l’image de ces toilettes à Osaka.

Il leva légèrement son pantalon.

Chaussettes couvertes de petits ours multicolores.

Nicky ferma les yeux.

— Oh putain mon coeur, débandadage direct les minis ours.

Beatriz éclata de rire.

Akira descendit.

Costume sombre.

Simple.

Parfait.

Beatriz le regarda.

Une seconde de trop.

Akira la regarda à son tour.

— Quoi ?

— Rien.

— Tu me regardes maintenant ?

Beatriz sourit.

— J’observe.

Akira comprit.

Petit sourire.

- J’aime bien moi aussi

Elle passa devant lui.

Alex regarda Nicky.

— y’a un truc qui se passe là, non ?.

— Mon cœur…

— Oui ?

— Nous sommes littéralement les deux dernières personnes autorisées à dire ça.

Dark sortit tranquillement de sous la voiture.

Alex s’arrêta.

— Non.

Dark continua.

— Sister tu fais quoi toi là, t’était planquée où ?

Vador apparut de l’autre côté.

Nicky regarda Emmanuel.

— Tu déconnes ?

— Non.

— Les chats font partie du plan ?

Emmanuel entra dans le musée.

— À titre d’observateurs et pour une petite partie de la logistique.

Alex regarda Luna.

— Tu savais ?

— Oui.

— Et t’as rien dit ?

— J’attendais ta tête.

La grand-mère apparut derrière Luna.

— Moi aussi.

Alex :

— Mémé, pas toi non ?

— Tu survivras mon petit.

— J’espère, oui, c’est globalement l’objectif de la soirée mémé.


Une heure plus tard…

le plan commença.

Nicky traversa la réception.

Calme.

Parfaite.

Elle ne regardait personne.

Ce qui faisait que beaucoup de monde la regardait.

Beatriz discutait avec un conservateur.

Akira observait une sculpture romaine.

Alex…

mangeait.

Nicky passa devant lui.

Sans s’arrêter.

— Tu bouffes quoi ?

— Rien.

— T’es en train de mâcher mon cœur.

— C’est nerveux.

— T’as un crocodile qui dépasse de la bouche bordel.

Alex aspira rapidement le bonbon.

— Plus maintenant.

— Un jour je vais te noyer dans un paquet.

— Mon cœur, ce serait une très belle mort.

— Concentre-toi.

Elle continua.

Alex sourit.

Puis son visage changea.

Immédiatement.

Un serveur approchait.

Alex fit tomber sa coupe.

Elle éclata au sol.

Le serveur se retourna.

Deux gardes aussi.

Pendant exactement quatre secondes…

personne ne regarda Beatriz.

Elle passa derrière une porte.

Badge.

Bip.

Disparue.

Alex se baissa.

— Désolé.

Le serveur :

— Aucun problème, monsieur.

— Terriblement maladroit.

Puis Alex se releva.

Regarda une caméra.

Et sourit.

En hauteur…

Emmanuel observait la réception depuis une galerie.

Un verre intact dans la main.

Luna était assise sur la balustrade.

Invisible aux vivants.

— C’était volontaire.

— Oui.

— Le verre ?

— Oui.

— Il devient bon.

Emmanuel ne répondit pas.

Luna regarda autour d’elle.

— Beatriz est passée.

— Je sais.

— Tu la vois ?

— Non.

Deux perles du Rosaire roulèrent doucement sous les doigts d’Emmanuel.

— Je la sens.

Une voix apparut derrière eux.

— Mauvaise habitude Emmanuel.

La grand-mère.

Luna soupira.

— Oh non.

Emmanuel tourna légèrement la tête.

— Laquelle ?

La vieille femme désigna le Rosaire.

— Regarder le monde à travers quelque chose qui pourrait finir par décider de ce que tu dois voir.

Silence.

Puis Emmanuel acquiesça.

— Vous avez raison.

Luna ouvrit les bras.

— Génial maintenant c’est une team les deux.

Elle regarda sa grand-mère.

— Maintenant vous allez faire équipe contre moi ?

— Non.

La vieille femme sourit.

— Contre lui.

— Ah. Alors oui. Ça je fais déjà avec lui.

Emmanuel eut un léger sourire.


En dessous…

Beatriz ressortit.

Elle n’avait plus le badge.

Dark passa quelques secondes plus tard sous une table.

Un petit morceau de plastique entre les dents.

Luna ouvrit de grands yeux.

— Non…

Emmanuel regarda Dark.

— Si pourquoi pas ?

— Vous avez utilisé le chat pour récupérer le badge ?

— Beatriz.

Luna éclata de rire.

— C’est complètement con.

La grand-mère :

— Donc brillant.

— Mamie !

— Les deux sont rarement incompatibles.

Yoshimizu reçut le badge.

Le passa dans un lecteur.

— Voilà…

Akira attendait à côté.

— Combien ?

— Quatre-vingt-dix secondes.

— Trop.

— Merci pour la pression.

— Soixante.

Yoshimizu le regarda.

— Tu veux le faire ?

Akira :

— Non.

— Alors ferme ta gueule.

Petit silence.

— Avec respect bien entendu.

Akira sourit.

Dans la réception, Beatriz retrouva Akira.

— Ça marche ?

— Oui.

— Tu savais que Dark allait réussir ?

— Non.

— Moi non plus.

Akira regarda le chat disparaître.

— Elle oui.

Beatriz sourit.

— Tu sais…

— Quoi ?

— Tu fais toujours cette tête quand tu réfléchis ?

— Quelle tête ?

— Celle où tu sembles vouloir démonter le bâtiment pour comprendre comment il fonctionne.

Akira regarda autour de lui.

— Ça marche.

Beatriz pencha légèrement la tête.

— Le bâtiment ?

Akira la regarda.

Une seconde.

— Non, nous.

Puis il partit.

Beatriz resta immobile.

Très légèrement déstabilisée.

Luna, qui passait à côté :

— Ooooooh, putain, ce Katana …

Beatriz ne pouvait évidemment pas l’entendre.


Luna regarda vers Akia et Beatriz.

— Manu !

— Non.

— Mais j’ai rien dit !

— Je sais ce que tu vas dire.

— Il vient de la brancher en direct live!

La grand-mère :

— Pas d’un façon très démonstrative.

— Mais, en substance, il l’a fait !

Emmanuel regarda Akira.

Puis Beatriz.

— Concentrez-vous.

Luna regarda sa grand-mère.

— Il est chiant Mamie.

— Terriblement je confirme, respires Emmanuel.


Le plan avançait.

Badge cloné.

Caméras maintenues actives.

Aucune coupure.

Yoshimizu injectait simplement quelques secondes de retard dans certains flux.

Akira neutralisait les éléments mécaniques que le numérique ne pouvait pas contourner.

Beatriz ouvrait des passages humains.

Alex fabriquait du bruit exactement là où personne ne devait regarder.

Nicky…

orchestrait.

— Akira, trente secondes.

— Compris.

— Bea, déplacement.

— J’y suis.

— Alex ?

Silence.

— Alex ?

— Deux secondes.

— Qu’est-ce que tu fous ?

— Je parle à une comtesse.

Nicky ferma les yeux.

— Pourquoi ?

— Elle m’a demandé si je collectionnais quelque chose.

— Et t’as répondu quoi ?

— Les bonbons.

Silence dans les oreillettes.

Beatriz étouffa un rire.

Yoshimizu posa son front contre son smartphone.

Akira continua tranquillement.

Nicky :

— Mon cœur…

— Oui ?

— Si on survit à cette soirée, je te jure que ta collection je t’empalle avec.

— Donc on se revoit après Vlad l’empalleur de Haribos.

Nicky sourit malgré elle.

— Connard.


Sur la galerie…

Luna observait Nicky.

— Elle dirige bien.

— Oui.

— Très bien même.

— Oui.

— Tu pourrais développer de temps en temps Emmanuel s’il te plaît?

Emmanuel regarda en bas.

— Elle sait parfaitement chasser seule.

— Et ?

— Je veux savoir si elle sait appartenir à une meute sans essayer de devenir la meute.

Luna tourna lentement la tête.

— Elle va adorer.

— Je ne compte pas lui dire.

La grand-mère sourit.

— Sage décision.

Luna regarda Alex.

— Et lui ?

Emmanuel observa son deuxième élève.

— Il comprend les gens.

— Il raconte surtout énormément de conneries.

— Encore Luna... Certaines choses ne sont pas incompatibles.

La grand-mère sourit.

— Je l’aime bien moi mon petit Alex.

Luna :

— Je sais mamie. Maintenant c’est ton petit-fils.

— Il mange trop de sucre, ça on est tous d’accords.

— Oui on sait.

Emmanuel regarda Beatriz.

— Elle observe avant de décider.

Akira.

— Lui comprend avant d’agir.

Nicky.

— Elle agit parfois avant d’avoir fini de comprendre.

Alex.

Petit silence.

— Et lui comprend souvent sans savoir qu’il a compris.

Luna sourit.

— C’est très Alex effectivement.

La grand-mère ne regardait plus les quatre en bas.

Elle regardait Emmanuel.

— Tu ne cherches pas à savoir s’ils peuvent voler ces objets.

Manu resta silencieux.

— Tu cherches à savoir ce qu’ils deviendront lorsque quelque chose leur interdira de le faire comme prévu.

Luna tourna immédiatement la tête.

Emmanuel ne répondit pas.

— Putain Manu …

Luna comprit.

— Tu sais que leur plan va échouer ?

— Oui.

— Comment ?

— Parce que tous les plans échouent àun moment où à un autre.

— Ça c’est une réponse de vieux maître chiant.

— C’est pourtant la seule réponse Luna.


Plus profondément dans le musée…

la dernière porte s’ouvrit.

Nicky entra la première.

Puis Alex.

Akira.

Beatriz.

Une immense salle noire.

Au centre…

deux vitrines.

Dans la première :

une plume métallique.

Kælum.

Dans la seconde :

Syræ.

Beatriz ralentit.

Akira aussi.

Nicky le remarqua.

— Quoi ?

Akira regardait Kælum.

— Rien.

Beatriz fixait Syræ.

— Bea ?

— Je…

Elle s’approcha.

Quelque chose semblait presque vibrer dans l’air.

Pas un son.

Une sensation.

Akira tourna la tête vers elle.

Beatriz fit exactement la même chose.

Leurs regards se croisèrent.

— T’as senti ? demanda-t-elle.

— Oui.

Nicky les regarda.

Puis les deux objets.

— Putain de Sensei…

Alex s’approcha de Kælum.

Regarda la sécurité autour.

Puis la plume.

Puis encore la sécurité.

— On est d’accord…

Il désigna Kælum.

— Qu’une plume à ce niveau de sécurité…

Petit silence.

— c’est plus vraiment un Bic.

Nicky éclata de rire.

— Concentre-toi, mon cœur, merde.

Sur la galerie…


Emmanuel s’immobilisa.

Deux perles venaient de vibrer simultanément contre sa poitrine.

Luna le vit.

— Quoi ?

— Rien.

La grand-mère regarda le Rosaire.

Puis Emmanuel.

— Menteur.

Luna sourit immédiatement.

— Ah !

— Luna.

— Non non. Mémé vient de te griller là.

La vieille femme observa en contrebas.

Puis murmura :

— Ils se sont reconnus.

Emmanuel tourna légèrement la tête.

— Qui ?

Elle sourit.

— Tu le sais très bien Emmanuel.

Silence.

Luna les regarda tous les deux.

— Je déteste quand vous faites ça.


Quelques minutes plus tard…

tout était prêt.

Yoshimizu murmura :

— Fenêtre ouverte.

Nicky regarda Akira.

— Combien ?

— Quarante secondes.

— Bea ?

— Couloir vide.

— Alex ?

— Présent.

— Miracle.

Alex sortit un crocodile.

Nicky le regarda.

— Sérieusement ?

— Dernier.

— Pourquoi dernier ?

— Parce qu’après je bosse.

Elle resta silencieuse.

Puis sourit.

— Enfin.


Sur la galerie, Luna regarda Emmanuel.

— T’as peur pour eux.

— Oui.

La réponse fut immédiate.

Elle en resta presque surprise.

— Alors pourquoi tu les laisses faire ?

Manu regarda ses quatre compagnons.

— Parce que ma présence les protège aujourd’hui.

Il fit glisser une perle entre ses doigts.

— Et les condamnerait demain.

Luna ne répondit plus.

La grand-mère s’approcha.

— Elle ne comprend pas encore.

Emmanuel la regarda.

— Alors expliquez-lui.

La vieille femme sourit.

— Non.

— Mamie…

— C’est toi qui dois comprendre, petite.

Elle sentit au plus pronfonds d’elle,

Nicky.

Alex.

Akira.

Beatriz.

— Transmettre ne consiste pas à apprendre à quelqu’un à marcher derrière toi.

Luna écoutait.

— C’est lui donner suffisamment pour qu’un jour…

Elle regarda Emmanuel.

— il choisisse une route que tu n’aurais jamais prise.

Silence.

— Et continuer à lui faire confiance.

Luna baissa les yeux.

— Donc ils doivent perdre le contrôle.

Emmanuel répondit :

— Volontairement.

La grand-mère regarda le Rosaire.

— Voilà qui devient intéressant chez toi Emmanuel.

Puis elle s’approcha de Manu.

— Plus un homme possède de pouvoir…

Son regard descendit vers les perles.

— plus il doit apprendre à vivre sans lui.

Emmanuel s’immobilisa.

Luna le vit.

— Quoi ?

Pas de réponse.

— Manu ?

— Mon maître disait quelque chose de semblable.

La grand-mère :

— Un homme intelligent, je sais.

Luna :

— Vous allez finir par monter un club.

Emmanuel regarda le Rosaire.

— Le pouvoir n’est jamais le problème.

Luna attendit.

— Le besoin de le conserver l’est.

La grand-mère ne souriait plus.

— Alors pourquoi portes-tu encore celui-là ?

Silence.

Emmanuel regarda les perles.

Puis ses élèves.

— Parce que je n’ai pas encore appris tout ce qu’il doit m’enseigner.

La vieille femme acquiesça.

— Bonne réponse.

Puis :

— Mais incomplète.

Emmanuel la regarda.

Elle sourit.

— Tu apprendras.

Luna éclata de rire.

— Oh putain.

Elle regarda Manu.

— Quelqu’un vient de te faire du Emmanuel.

Pour une fois…

Emmanuel ne trouva rien à répondre.



Un homme entra rapidement.

— Monsieur.

Roer releva les yeux.

— Activité inhabituelle au musée Bellandi.

Silence.

— Emmanuel ?

— Présent à la réception.

Roer se redressa.

— Cible ?

— Inconnue.

Quelques secondes.

Puis un autre écran s’alluma.

Deux numéros d’inventaire.

Roer regarda.

Son visage changea.

À peine.

Mais suffisamment.

— Kælum…

Puis :

— Syræ.

Silence.

Son homme attendit.

Roer regarda les photographies d’Akira et Beatriz.

Puis Emmanuel.

Et soudain…

il comprit une partie du mouvement.

Pas tout.

Seulement suffisamment pour devenir inquiet.

— Tu noui fais quoi Emmanuel ?


— Vingt secondes, annonça Yoshimizu.

Akira travaillait sur la première vitrine.

Beatriz surveillait le couloir.

Alex près de la porte.

Nicky au centre.

— Quinze.

Un léger bruit.

Quelque part.

Beatriz fronça les sourcils.

— Attendez.

Nicky :

— Quoi ?

— Quelque chose a changé.

— Quoi ?

— Je sais pas.

Akira releva la tête.

— Dix.

Yoshimizu :

— Euh…

Nicky :

— Quoi ?

Silence.

— Yoshimizu ?

— J’ai perdu une caméra.

Alex :

— C’était prévu ?

— Non.

Deuxième caméra.

Puis troisième.

Yoshimizu se redressa.

— Merde.

Nicky :

— Parle.

— Quelqu’un est dans le système.

Les lumières s’éteignirent.

Noir.

Une seconde.

Deux.

Puis…

tout le musée bascula sous un éclairage rouge.

Les portes de sécurité se verrouillèrent simultanément.

CLAC.

CLAC.

CLAC.

Alex regarda autour de lui.

Puis lentement…

rangea son paquet de bonbons dans sa poche intérieure.

Nicky le vit.

Et comprit immédiatement.

Plus de blague.

Plus de sourire.

Alex regarda les autres.

— Bon.

Yoshimizu cria dans leurs oreillettes :

— Le réseau vient de changer complètement ! J’ai perdu les accès ! Les ascenseurs sont verrouillés et j’ai au moins deux équipes de sécurité qui bougent vers vous !

Nicky :

— Sortie secondaire.

Akira :

— Fermée.

— Ventilation ?

— Trop loin.

Beatriz regardait déjà le couloir.

— On a du monde.

Nicky inspira.

Puis :

— Très bien.

Elle regarda chacun d’eux.

— On oublie le plan.


Sur la galerie…

Luna regarda Emmanuel.

— Ça…

Petit silence.

— c’était prévu ?

— Non.

La grand-mère regarda Manu.

Elle comprit.

— Tu savais.

Luna se tourna.

— Tu savais que ça arriverait ?

— Pas ça.

Il regardait ses quatre Loups.

— Mais quelque chose dans le genre.


En dessous…

Nicky redistribuait déjà les positions.

Akira observait les portes.

Beatriz comptait les silhouettes.

Alex ne touchait plus à ses bonbons.


Luna s’approcha.

— Tu vas les aider ?

Emmanuel porta instinctivement la main au Rosaire.

Ses doigts trouvèrent une perle.

Puis s’arrêtèrent.

La grand-mère regarda sa main.

Emmanuel aussi.

Quelques secondes.

Puis…

il ouvrit les doigts.

Le Rosaire retomba entièrement de sa main, totalement visible.

Luna murmura :

— Manu…

Il regarda Nicky.

Son premier élève.

Alex.

Son deuxième.

Puis Akira.

Beatriz.

Dark.

Vador.

La meute.

— Emmanuel ?

La grand-mère sourit.


En dessous, une première porte commença à s’ouvrir.

Nicky se mit en position.

Akira aussi.

Beatriz recula.

Alex regarda les deux artefacts.

Puis la sortie.

Emmanuel murmura :

— Maintenant…

Ses yeux se durcirent.

— commence la leçon.



💬 Commentaires 2

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Lana • 1 semaine, 5 jours
C'était plus long que je ne le pensais et donc pas simple de rester concentrée tout en faisant des glaces 😁😁
Je relirai les deux derniers chapitres demain à tête reposée.
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Splinter Auteur • 1 semaine, 5 jours modifié
Oui y’a un peu plus d’actions, des scènes séparées qui se déroulent en même temps, et la partie 2 de raisonnance c’est encore plus action, donc c’est vraie, si tu mix ça en faisant des glaces tu decroches au bout du deuxième corneto 😉
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