Saison 1 - Épisode 6 - THE JUDGE

📖 THE LAST WOLVES ✍️ Splinter 📝 899 mots


Le trajet entre Klaipėda et Vilnius s'était déroulé sous un ciel gris, traversé par une pluie fine qui glissait sur les pare-brises.

Devant, "The Beast" ouvrait la route.

Derrière, *"The Beauty*" suivait docilement.

Alex tenait désormais le volant avec beaucoup plus d'assurance.

Luna observait la route avant de sourire.

— Ça y est cowboy...

Alex leva un sourcil.

— Quoi encore ?

— Après un allers-retours sur l'autoroute Lituanien, tu vas peut-être enfin comprendre comment fonctionne cette machine.

Alex éclata de rire.

— Je m'en tape, j'ai un plan B.

Il ouvrit la boîte à gants.

Elle débordait de sachets de Golden Bears.

— J'ai prévu la survie.

Luna regarda les bonbons.

— Sérieusement...

— Si je fais une hypoglycémie, c'est la faute de Manu.

— Tu crois vraiment qu'un ours en gélatine va te sauver ?

— Sister...

Il leva un sachet.

— Intègres dans ton logiciel, ces petits mecs m'ont déjà sauvé plusieurs fois.

Luna secoua la tête.

— Tu es irrécupérable.

Quelques secondes passèrent.

Puis Alex regarda la Beast devant eux.

— Bon...

— Comment il compte s'y prendre avec cette Rolanda ?

Luna haussa les épaules.

— J'en sais rien.

La radio resta coupée.

Dans la Beast, Emmanuel répondit finalement par l'intermédiaire de l'oreillette.

— Bernotaitė Logistics travaille avec la famille Grikštas depuis des années.

Alex fronça les sourcils.

— Oui...

— Si les Grikstas apprennent que sa logistique a servi Atlas...

...sans qu'elle le sache...

...elle sera la première à payer.

Le silence revint.

Alex comprit.

— Donc...

— Elle va parler.

— Elle aura intérêt.

Emmanuel ne répondit pas.

Le reste du trajet se déroula dans un calme presque total.


Le siège de Bernotaitė Logistics dominait le quartier d'affaires de Vilnius.

Tout n'était que verre, acier et marbre.

Alex siffla.

— Putain...

— Ils savent vivre ici.

Ils entrèrent dans le hall.

Alex s'approcha d'un distributeur automatique.

Il glissa fit discrètement tourner sa pièce ancienne entre ses doigts.

La machine se mit à distribuer des cafés gratuitement.

Un employé cligna des yeux.

Puis un deuxième.

Puis tout le monde se servit.

Alex esquissa un sourire satisfait.

Luna le regarda.

— Dis-moi pas que tu faisais déjà ça à Las Vegas.

— Si.

— Sérieusement ?

— Une vieille dame perdait tout son argent sur les machines.

Je voulais juste qu'elle puisse acheter des bonbons à ses petits-enfants.

Luna leva les yeux au ciel.

— Tu utilises vraiment ton artefact pour ça...

Alex haussa les épaules.

— C'est plus sympa que de tricher au poker.

La voix d'Emmanuel coupa court.

— Les artefacts ne servent pas à gagner.

Ils servent à rétablir un équilibre.

Alex tourna lentement la tête vers lui.

Il ne répondit rien.

Mais il comprit que cette phrase n'était pas une remarque.

C'était encore une leçon.


— Madame Bernotaitė va vous recevoir.

Les portes vitrées s'ouvrirent.

Ils pénétrèrent dans un immense ascenseur panoramique.

Vilnius défilait sous leurs pieds.

Alex regardait partout.

— Grand luxe...

Luna sourit.

— C'est un des avantages de travailler avec la famille Grikštas.

Les portes s'ouvrirent.

Rolanda termina son appel.

Elle raccrocha.

Puis leva les yeux.

Le temps sembla s'arrêter.

Emmanuel.

Face à elle.

Aucun des deux ne parlait.

Quelques secondes passèrent.

Alex finit par souffler.

— Bon merde le mecs...

— C'est une tradition en Lituanie ?

À chaque fois que Manu connaît quelqu'un...

plus personne ne parle ?

Luna esquissa un sourire.

— Non...

Là...

il y a autre chose.

Rolanda reprit doucement son souffle.

Puis son regard descendit.

Dark venait de sauter sur son bureau.

Vador entra tranquillement dans la pièce avant de s'installer devant la baie vitrée.

Elle sourit malgré elle.

— Tu les as toujours...

Emmanuel acquiesça simplement.

Rolanda caressa doucement Dark.

Puis murmura.

— Ils m'ont toujours fait peur.

Alex regarda Luna.

— Oui d'ailleurs ils a ces deux panthères depuis le Portugal ?

non ?

Luna secoua légèrement la tête.

— Bien avant ça...

Alex voulut demander.

Elle n'ajouta rien.

Emmanuel s'assit.

Sans un mot.

Sa main glissa dans sa veste.

Il sortit lentement le Rosaire noir.

Les perles commencèrent à rouler entre ses doigts.

Une.

Puis une autre.

Rolanda sentit immédiatement son ventre se nouer.

Elle détourna le regard.

Elle inspira profondément.

Puis recommença.

Sans comprendre pourquoi.

Alex observa Emmanuel.

Puis Luna.

— Qu'est-ce qu'il fait ?

Elle murmura presque.

— Fais attention...

Alex ne comprit pas.

Elle continua.

— Il est en train de rendre son jugement.

Alex resta silencieux.

Luna fixa Emmanuel.

— Tu détruis...

Tu mens...

Tu trahis...

Tu passes à la caisse.

Et c'est lui...

le caissier.

Alex baissa lentement les yeux.

Il comprit enfin.

Les artefacts n'étaient pas des jouets.

Rolanda parla la première.

— Manu...

Je...

Il ne répondit pas.

Elle continua.

Comme si elle ne pouvait plus s'arrêter.

Elle reparla du passé.

Du rendez-vous.

Du chêne, de la forêt, du lac.

De son denier message de rupture.

Des promesses.

Des peurs.

Des erreurs.

Elle finit par fermer les yeux.

— Je regrette aujourd'hui.

Toujours aucun mot.

Puis Emmanuel demanda simplement.

— Qui ?

Elle comprit immédiatement.

Elle reprit son souffle.

— Il y a un homme.

Arūnas Žukauskas.

Si quelqu'un peut détourner ma logistique...

sans que je le sache...

c'est lui.

Il travaille contre les intérêts des Grikštas depuis longtemps.

S'il existe un lien avec Atlas...

c'est chez lui qu'il faut regarder.

Emmanuel remit doucement le Rosaire dans sa veste.

Le jugement était terminé.

Il se leva.

Sortit une petite boîte.

La posa sur le bureau.

Rolanda l'ouvrit.

À l'intérieur...

une petite statuette de chêne.

Celui où ils avaient juré de commencer une vie ensemble.

Celui où elle n'était jamais venue.

Elle leva les yeux.

Emmanuel disait déjà :

— Prends soin de toi.

Puis il partit.

Sans se retourner.


L'ascenseur redescendait lentement.

Personne ne parlait.

Alex finit par casser le silence.

— C'était tout bro ?

Emmanuel regardait Vilnius disparaître derrière les vitres.

— J'ai ce qu'il me fallait.m, Leçon numéro trois

Alex souffla.

— Putain...

J'en ai marre de tes leçons.

Il y en a combien encore ?

Un léger sourire passa sur le visage d'Emmanuel.

— Autant qu'il en faudra.

Alex leva les yeux au ciel.

— Je déteste déjà la prochaine.

Emmanuel regarda la route qui les attendait.

Puis dit calmement :

— Leçon numéro trois.

Alex soupira.

— Quand tu chasses un grand loup...

...ne le cherche jamais.

Cherche ce qu'il protège.

Alex resta silencieux.

Emmanuel poursuivit.

— Un grand prédateur ne laisse presque jamais de traces.

Ce sont les choses qu'il protège...

qui les laissent pour lui.

Alex regarda devant lui.

Puis, pour la première fois...

il comprit qu'ils n'allaient pas chasser Arūnas Žukauskas.

Ils allaient chasser ce qu'Arūnas serait incapable d'abandonner.

Et c'était bien plus dangereux.

💬 Commentaires 2

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Lana • 2 semaines, 4 jours
Wow.
Tout comme Alex,... Tout ça pour ça ?
Vite la suite.
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Splinter Auteur • 2 semaines, 3 jours
Fallait que je règle mes comptes avec Rolanda, donc oui j'ai réglé mes comptes dans the last wolves plutôt qu'en vrai sinon je l'aurais faite passé par la vitre de son building 😂
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