Saison 1 - Épisode 7 - NOT EVERY DEAD CAN SPEAK

📖 THE LAST WOLVES ✍️ Splinter 📝 4961 mots


La pluie avait cessé.

Les forêts du sud de la Lituanie défilaient lentement autour de the Beast et the Beauty.

Devant, Emmanuel conduisait en silence.

Derrière, Alex suivait avec beaucoup plus d'assurance qu'à son arrivée en Lituanie.

Luna observait la route.

Puis Alex.

Puis la boîte à gants.

— Non.

Alex fit semblant de ne pas comprendre.

— Quoi, non ?

— Tu viens d'y penser.

— Pas du tout.

— Oh que si mec.

— Absolument pas.

Luna croisa les bras.

— Tu penses aux Golden Bears.

Alex soupira.

— Franchement...

...je me sens jugé.

— Tu devrais.

— J'ai juste envie d'un sachet.

— Tu en es au sixième depuis Klaipėda.

— Cinquième.

— Sixième.

— Cinquième et demi.

Luna leva les yeux au ciel.

— C'est impressionnant.

— Merci.

— Non.

Je parle de ton futur diabète.

Alex ouvrit finalement un sachet.

— Tu sais quoi ?

Je mourrai heureux.

Luna éclata de rire.

— Toi, tu vas surtout mourir collé au plafond tellement tu seras rempli de sucre.

La radio grésilla.

La voix calme d'Emmanuel résonna.

— Concentre-toi sur la route.

Alex leva immédiatement les mains.

— Voilà.

Même les bonbons sont surveillés.

Quelques kilomètres plus loin.

Alex reprit.

— Dis Manu...

— Hum.

— Si on tombe sur Arūnas...

On improvise ?

— Non.

— Ah.

Merde.

J'avais prévu d'improviser.

— C'est précisément ta force et aussi ton problème Alex.

Luna ricana.

— Il improvise même quand il suit un GPS.

— C'est faux.

— Tu as réussi à te perdre sur une route qui allait tout droit.

Alex resta silencieux.

— ...

— Techniquement...

...il y avait un virage.


Druskininkai apparut enfin.

Calme.

Paisible.

Presque vide.

Rien ne laissait imaginer que plusieurs réseaux criminels utilisaient cette ville comme point de passage.

Emmanuel gara doucement la Beast.

Alex et Luna descendirent de la Lara.

Alex Regarda autour de lui.

— Sérieusement...

On est sûrs qu'on cherche un mafieux ?

On dirait une brochure touristique pour les cures de vieux.

Luna inspira profondément.

— Ça sent les sapins je confirme.

Alex sourit.

— Oui, effectivement, des cadavres encore vivants.

Emmanuel referma sa portière.

— Ne parle pas trop vite.

Ils traversèrent un ancien entrepôt dissimulé derrière une station thermale abandonnée.

La porte métallique était entrouverte.

Emmanuel s'arrêta immédiatement.

Alex comprit.

— Quoi ?

— Silence.

Ils avancèrent lentement.

Dark passa la première.

Vader lui resta sur le pas de la porte aux pieds d'Emmanuel.

Dark disparure dans l'obscurité.

Quelques secondes plus tard...

Elle revint tranquillement.

Comme si de rien n'était.

Emmanuel entra.

Puis s'immobilisa.

Alex contourna une vieille camionnette.

— Oh...

Putain...

L'homme était allongé au sol.

Une seule balle.

Propre.

Aucun signe de lutte.

Luna arriva derrière eux.

Elle regarda le corps.

Longtemps.

Puis souffla.

— Ah.

Alex tourna la tête.

— Quoi "ah" ?

— Lui...

Il est vraiment mort.

Alex attendit.

— ...

— Merci Madame le légiste.

— De rien.

— Je pensais justement lui demander son avis.

Elle désigna le cadavre.

— Tu peux essayer.

Mais je crois qu'il a arrêté les conversations.

Alex s'approcha du mort.

S'accroupit.

— Monsieur ?

Silence.

Il leva les yeux.

— Ouais.

Confirmation.

Luna hocha la tête.

— Tu vois ?

Moi je suis morte...

...mais je parle encore.

Lui...

Il n'a pas pris cette option.

Même Emmanuel esquissa un très léger sourire.

Alex observa le visage du mort.

Puis fronça les sourcils.

— C'est bizarre...

Luna le regarda.

— Quoi ?

— J'ai déjà vu quelqu'un mourir comme ça.

Silence.

— Enfin...

J'ai cette impression.

Comme un souvenir...

Qui refuse de revenir.

Luna ne répondit pas.

Elle échangea simplement un regard avec Emmanuel.

Emmanuel s'agenouilla près du corps.

Il observa la trajectoire de la balle.

Les chaussures.

Les mains.

Le téléphone disparu.

Puis il se releva.

— Ce n'est pas Arūnas.

Alex acquiesça.

— Ça...

J'avais compris.

— Ce n'est pas lui non plus qui a ordonné ça.

Alex fronça les sourcils.

— Comment tu le sais ?

— Il aurait laissé un message c'est maladif chez lui.

Il aurait voulu qu'on sache.

Ici...

Quelqu'un voulait effacer une trace.

Alex regarda autour de lui.

— Donc...

Qui ?

Le silence dura plusieurs secondes.

Puis Emmanuel répondit.

— Je ne vois que deux possibilités.

Atlas.

Ou Origin.

Luna baissa les yeux.

— Tu crois qu'ils travaillent toujours ensemble depuis les évènements de Tokyo ?

— Je n'en sais rien.

Mais quelqu'un est passé avant nous.

Et quelqu'un ne voulait pas que cet homme parle.

Alex souffla.

— Génial.

On poursuit un mec...

Qui est poursuivi par des gens...

Qui poursuivent peut-être les mêmes personnes que nous...

Luna éclata de rire.

— Résumé étonnamment correct.

Alex leva les mains.

— Merci.

Je commence à comprendre la Lituanie.

Emmanuel le regarda.

— Non.

Alex soupira.

— J'aurais essayé.

Ils sortirent de l'entrepôt.

Alex regarda une nouvelle fois le cadavre.

Puis Emmanuel.

— Bon...

On fait quoi maintenant ?

Emmanuel fixa les forêts qui entouraient Druskininkai.

Puis il répondit calmement.

— Leçon numéro quatre.

Alex ferma immédiatement les yeux.

— Oh non, merde Manu...

Pas encore...

— Le jeune loup suit la piste.

Le vieux loup s'adapte ...

...crée une nouvelle piste.

Alex leva les bras au ciel.

— Je démissionne.

Luna éclata de rire.

— Tu ne peux pas.

— Pourquoi ?

— Tu n'as jamais signé de contrat.

Alex resta figé quelques secondes.

Puis regarda Emmanuel.

— Sérieusement...

Vous êtes deux contre moi.

Emmanuel continua comme si personne n'avait parlé.

— Si ta proie refuse de sortir de son terrier...

...tu ne détruis pas le terrier.

Tu lui donnes une raison d'en sortir.

Alex cessa enfin de plaisanter.

— Donc...

On oublie Arūnas.

Emmanuel secoua lentement la tête.

— Non.

On va simplement arrêter de le chercher.

Alex comprit.

Un sourire apparut.

— Et on va faire en sorte que...

...ce soit lui qui nous cherche.

Pour la première fois depuis longtemps...

Emmanuel sourit.

— Exactement.

Puis il ouvrit la portière de the Beast.

— Direction...

Trakai.

Alex cligna des yeux.

— Attends...

On traverse encore toute la Lituanie maintenant ?

Luna s'installa dans la voiture.

— Oui.

Alex soupira.

— Bon...

Au moins...

J'ai encore des Golden Bears.


The Beast avalait les kilomètres.

Le soleil commençait lentement à descendre derrière les forêts.

Personne ne parlait.

Alex regardait défiler les arbres.

Puis il finit par rompre le silence.

— Donc...

Emmanuel ne répondit pas.

— Tu comptes quand même nous expliquer pourquoi Trakai ?

Toujours rien.

Alex soupira.

— Tu sais, répondre aux questions...

...ça aide les relations humaines.

Luna sourit.

— Il fait déjà un effort.

— Ah bon ?

— Il ne t'a pas dit de te taire.

Alex réfléchit.

— C'est vrai.

Je progresse.

Quelques minutes plus tard...

Emmanuel parla enfin.

— Arūnas ne protège pas son argent.

Il protège son image.

Alex tourna la tête.

— Son image ?

— Un homme comme lui inspire la peur.

Mais il achète aussi du respect.

Des fondations.

Des galeries.

Des événements.

Il construit un personnage.

Luna acquiesça.

— Le mécène.

— Exactement.

Alex fronça les sourcils.

— Donc...

On va attaquer son personnage.

Emmanuel hocha lentement la tête.

— Les mafieux supportent de perdre de l'argent.

Ils détestent perdre la face.

Alex resta silencieux quelques secondes.

Puis un sourire apparut.

— Je crois que je commence à comprendre.

Luna leva un sourcil.

— Fais attention.

Ça ne t'arrive pas souvent.

— Très drôle.

— Je sais.

Emmanuel poursuivit.

— Dans trois jours...

Trakai organise son festival médiéval.

Alex réfléchit.

— Celui avec les chevaliers ?

— Oui.

— Les combats ?

— Oui.

— Les armures ?

— Oui.

Alex afficha un immense sourire.

— Et des saucisses à la braise ?

Luna éclata de rire.

Emmanuel inspira discrètement.

— Oui Alex !

— Merci.

L'information essentielle est enfin tombée.

Alex se tourna vers Luna.

— Tu vois ?

L'Histoire est importante.

— Tu t'intéresses soudainement au Moyen Âge ?

— Non.

À la nourriture.

Le téléphone d'Emmanuel vibra.

Il décrocha immédiatement.

— Oui.

Une voix grave répondit, Grantas

Quelques secondes.

Puis Emmanuel raccrocha.

Alex attendit.

— Alors ?

— L'exposition est confirmée.

Arūnas en est le principal mécène.

Luna demanda :

— Qu'est-ce qu'on y trouve ?

— Des objets historiques.

Des pièces rares.

Une collection privée.

Alex réfléchit.

Puis...

Ses yeux s'illuminèrent.

— Attends...

Tu veux voler un objet.

Emmanuel répondit simplement.

— Oui.

Alex resta bouche ouverte.

— ...

Luna éclata de rire.

— Quoi ?

— Je ne sais pas.

Ça me surprend toujours quand Monsieur Moralité propose un cambriolage.

Emmanuel regarda la route.

— Je n'ai jamais dit que c'était mal de voler.

Alex leva un doigt.

— Ah !

Voilà une phrase que j'aurais aimé enregistrer.

Le silence revint.

Puis Emmanuel ajouta :

— C'est mal...

...quand c'est inutile.

Alex regarda Luna.

— Il réussit à transformer un cambriolage en cours de philosophie.

— C'est un don.

Dark sauta sur les genoux de Luna.

Vader grimpa directement sur l'épaule d'Alex.

Alex sursauta.

— Bordel !

Tu peux prévenir avant de te téléporter ?

Le chat bâilla.

Luna caressa Dark.

— Je crois qu'il t'aime bien.

— Non.

Il prépare quelque chose.

Les chats préparent toujours quelque chose.

Vader fixa Alex sans bouger.

Alex le fixa également.

Une longue seconde passa.

Puis...

Vader donna un minuscule coup de patte sur le sachet de Golden Bears.

Le sachet tomba au sol.

Silence.

Luna explosa de rire.

Alex regarda le chat.

— Tu...

Tu viens de me racketter mec, t'es sérieux ?

Vader posa tranquillement une patte sur le sachet.

Comme un propriétaire.

Alex regarda Luna.

— Tu vois ça ?

— Oui.

— Tu comptes intervenir ?

— Non.

— Pourquoi ?

— Il a gagné.

Luna riait tellement qu'elle en avait les larmes aux yeux.

Alex soupira.

— Je me fais humilier...

...par un petit mec comme ça.

Ils arrivèrent sur une aire de repos.

Le temps de faire le plein.

Alex descendit.

Étira son dos.

Puis regarda Emmanuel.

— Une question.

— Hum.

— Depuis quand tu savais que le coordinateur était déjà mort ?

Emmanuel referma le réservoir.

— Depuis que Dark a refusé d'entrer.

Alex fronça les sourcils.

— Hein ?

— Il adore les gens.

Même les criminels.

S'il refuse...

C'est que la mort est déjà passée.

Alex regarda le petit chat noir.

— Attends...

Tu enquêtes avec un détective félin ?

Luna répondit avant Emmanuel.

— Oui.

Et il est meilleur que toi.

Alex regarda Dark.

— Tu pourrais faire semblant d'être un peu moins compétent ?

Dark bâilla.

Puis détourna la tête.

Alex soupira.

— Même lui me méprise.

Le plein terminé.

Ils remontèrent en voiture.

La nuit commençait à tomber.

Emmanuel reprit la route.

Puis dit calmement :

— Dans trois jours...

On ne volera pas un objet.

Alex sourit.

— Ah ?

— On devras voler une réaction.

Luna tourna lentement la tête vers Alex.

Alex comprit avant même qu'il termine.

Le cambriolage...

n'est qu'un appât.

Le véritable objectif...

C'est Arūnas.

Et pour la première fois depuis Druskininkai...

Alex eut l'impression qu'ils reprenaient enfin l'initiative par que le vrai maître de l'illusion c'était lui.

Très loin de là...

À Rome...

quelqu'un observait déjà cette partie d'échecs avancer exactement comme il l'avait prévu.


La nuit était tombée sur Rome.

Sous les fondations antiques de la ville, loin des regards, les couloirs de pierre semblaient hors du temps.

Le silence y était presque parfait.

Un bruit seulement venait le troubler.

*Toc.*

*Toc.*

*Toc.*

L'extrémité métallique d'un bâton frappait lentement le marbre.

Régulier.

Calme.

Implacable.

Une silhouette avançait.

On distinguait seulement le bas d'une longue toge sombre.

Une main âgée.

Le bâton.

Rien de plus.

Deux gardes s'écartèrent immédiatement.

Sans un mot.

La silhouette poursuivit sa marche.

Comme si le temps lui appartenait.

Une lourde porte s'ouvrit.

La pièce était presque vide.

Une simple table.

Une bibliothèque.

Une fenêtre étroite laissant entrer un rayon de lune.

Klaudija était assise.

Elle ne leva même pas les yeux.

Le silence s'installa.

Long.

Très long.

Puis la voix grave du vieil homme rompit enfin l'immobilité.

— Vous dormez peu.

Klaudija continua de regarder le sol.

— J'ai arrêté de compter.

— Je m'en doutais.

Silence.

Le vieil homme s'approcha lentement de la fenêtre.

Toujours de dos.

Toujours invisible.

— Il approche.

Aucune réaction.

Seulement un très léger mouvement de la main de Klaudija.

— Vous l'attendez depuis longtemps.

Elle répondit enfin.

— Vous aussi.

Un silence.

Puis un rire discret.

Presque amusé.

— En effet.

Le bâton reprit son rythme.

*Toc.*

*Toc.*

*Toc.*

— Emmanuel pense encore que tout ceci concerne les mafias.

Atlas.

Arūnas.

Les Grikštas.

Il croit poursuivre des hommes.

Il ignore encore...

...qu'il marche déjà sur une route bien plus ancienne.

Klaudija releva doucement la tête.

— Laissez-le tranquille.

— Je n'ai aucune raison de lui faire du mal.

Cette réponse la surprit.

Elle fronça les sourcils.

— Vous mentez.

— Non.

Je mens rarement.

Je choisis simplement ce que je révèle.

Le silence retomba.

Puis le vieil homme reprit.

— Vos enfants sont vivants.

Le monde sembla s'arrêter.

Le visage de Klaudija se figea.

Sa respiration changea.

Pour la première fois depuis des semaines...

Une émotion traversa réellement son regard.

— ...

Le vieil homme poursuivit d'une voix parfaitement calme.

— Ils grandissent.

Ils apprennent.

Ils sont protégés.

Elle se leva brusquement.

— Où ?

Le silence.

Puis...

— Au nord.

Klaudija fit un pas.

— Où ?

Le bâton s'immobilisa.

— Atlas veille sur eux.

Pour l'instant.

Elle resta immobile.

Ses mains tremblaient légèrement.

— Pourquoi me dire ça ?

Le vieil homme reprit sa marche.

— Parce que vous alliez finir par me poser la question.

Il atteignit la porte.

Puis s'arrêta une dernière fois.

— Vous savez aussi bien que moi...

...que ni vous...

...ni Emmanuel...

...ne pourrez accomplir ce qui doit l'être...

...sans eux.

Le silence devint presque insupportable.

Klaudija murmura :

— Pourquoi...

...faites-vous tout ça ?

Long silence.

Puis une réponse.

Simple.

Sans haine.

Sans colère.

Sans émotion.

— Parce que le monde continue de tourner.

Il ouvrit la porte.

— Et quelqu'un doit veiller à ce qu'il ne s'arrête jamais.

La porte se referma doucement.

*Toc.*

*Toc.*

*Toc.*

Le bruit du bâton s'éloigna.

Jusqu'à disparaître complètement.

Klaudija demeura seule.

Elle ferma lentement les yeux.

Deux mots tournaient désormais dans son esprit.

Le nord.

Les enfants.

Au même instant...

À plusieurs milliers de kilomètres de là...

The Beast et the Beauty traversaient les routes sombres de Lituanie.

Alex était concentré.

Un Golden Bear encore coincé entre les doigts.

Luna le regarda.

Puis prit délicatement le bonbon.

Le mangea.

Alex la regarda avec un air agacé.

— ...

Tu viens de me voler ?

Luna continua de mâcher.

— Les grands prédateurs partagent.

— C'était le dernier rouge...

— Maintenant...

C'est un souvenir.

Alex soupira.

— Vous êtes vraiment une famille de psychopathes.

Emmanuel gardait les yeux sur la route.

Un très léger sourire apparut au coin de ses lèvres.

Puis il murmura presque pour lui-même :

— Non.

Nous sommes des loups.

Les deux véhicules continuèrent leur route dans la nuit.

Sans qu'aucun de ses occupants ne sache qu'ils avançaient exactement dans la direction souhaitée par un homme dont ils n'avaient jamais vu le visage.



💬 Commentaires 1

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Lana • 2 semaines, 3 jours
On a fait un petit tour par Rome. D'ici à ce que le Vatican soit aussi dans le coup. 🤔
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