Chapitre 2
La saison de F1 de 2012 a bien commencé pour Leandro. Le rookie s’en sort bien avec la voiture. Il n’a pas encore fait de podium, mais reste dans le milieu du top 10 avec facilité. À l'instar de son compère Italien, lui aussi rooki, Antonio Rizetti connu comme étant très forceur dans sa manière de conduire.
Déjà, lors des courses en F2, l’Italien a eu du mal avec le fait que les pilotes puissent le doubler. Maintenant qu’il est entré en F1, c’est encore pire. Les accidents entraînés par Rizetti sont de plus en plus courant et font de gros dommages aux voitures impliquées à presque chaque course. Du point de vue de Leandro, c’est à se demander si le directeur de Wikström n’est pas devenu fou.
Il sait que l’écurie Suédoise peine à rentrer dans le top 3 depuis quelques années et qu’elle tente de plus en plus une approche agressive pour y parvenir, cependant, cela se fait au prix de voiture à réparer tous les weekend et de grosses sommes d’argent dépensées. Soit tout ce que ne peut pas se permettre l’écurie. Et avec la fougue de Rizetti sur la piste, c’est à Marc Vinland, son coéquipier, qu'incombe la lourde tâche d’assurer quelques points pour le championnat constructeur. Autrement dit, l’ambiance chez Wikström n’est pas au beau fixe.
De son côté, Nathan est heureux de fouler les paddocks de Formule 1. Être dans le feu de l’action, sentir l’odeur de l’essence et de l’asphalte chaud, le bruit des moteurs V6 et le grondement des ingénieurs qui s’activent autours des monoplaces. Avec ce combo, il se sent plus vivant que jamais. En plus, il a l’opportunité de rouler lors des essais, quand il ne partage pas avec un autre pilote, et cela lui suffit. Enfin, ça c’est ce qu’il fait croire à son entourage, en réalité, il est vert de jalousie envers son collègue pilote.
Rooki tout comme lui et pourtant on l’autorise à fracasser les monoplaces lors des Grand Prix. Des 5 week-ends déjà passés, le Français s’est maintes fois arraché les cheveux devant les manœuvres très limite et qui n’ont passées que très rarement de l’Italien. Des virages pris trop rapidement, des dépassements en dehors des règles, des défenses où il referme la porte trop brusquement pour qu’ils soient sans danger, des accrochages réguliers avec ses adversaires… Et la liste de ses erreurs est encore longue.
Le troisième pilote se demande comment Ohlson peut laisser courir un cinglé pareil. À côté, Nathan fait des tours exemplaires, jamais trop, jamais peu, il ramène la voiture toujours en bon état et discute longuement avec les ingénieurs pour voir et comprendre ce qu’ils peuvent améliorer en vu du weekend de course. Un bon petit pilote en somme. Et Folk Ohlson le voit. De plus en plus, il demande à Nathan de faire un maximum de tours aux essais, il prend aussi plus en compte les remarques de Nathan que celles de Rizetti. Même Marc Vinland commence à donner plus de conseils de pilotage à Nathan, très certainement parce que le Français est bien plus réceptif aux recommandations que l’Italien.
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Les semaines passent et voyant que le vent commence à tourner, Antonio Rizetti, tente le tout pour le tout pour le 8ème Grand Prix de la saison : faire une course propre et terminer dans les 10 premiers.
En guise de bonne foi, il va trouver son coéquipier pour lui demander conseils sur le circuit qu’il sait être technique et très rapide. Marc est heureux de se revirement chez le rookie et répond avec bonheur à ses questions et lui recommande des trajectoires à avoir sur certains virages. Seulement, ils finissent par se prendre la tête sur l’approche des-dits virages que le jeune pilote prend à fond en simulateur. Son coéquipier qui essaye tant bien que mal de lui faire comprendre que la réalité du circuit de Spa-Francorchamp est tout autre, surtout dans le Raidillon, une succession de virages rapides en montée. Que suivant les conditions météos et l’état de l’asphalte, il faut vraiment faire attention. Alors qu’ils montent dans les tours, Leandro qui passe par là, les sépare et comprend vite la raison de la dispute.
— You should listen to your elder, sermonne-t-il à l’Italien
— And you should mind your own business, siffle ce dernier entre ses dents, I don’t need anyone telling me what to do; that’s for sure. I’ve earned my place here, just like everyone else. I know what I’m doing and what I have to do.
— Clearly not, since you’re not even listening to Marc, who knows this circuit far better than you do. And there’s a significant difference between the simulator and the real race. But then again, perhaps you can’t tell the difference, given the state your car ends up in at every Grand Prix.
— Tu devrais écouter ton aîné, sermonne-t-il à l’Italien
— Et toi te mêler de tes affaires, siffle ce dernier entre ses dents, je n’ai pas besoin qu’on me dise quoi faire, c’est clair, j’ai mérité mon baquet comme tous les autres ici. Je sais ce que je fais et ce que j’ai à faire.
— Visiblement non puisque tu n'écoutes même pas Marc qui connaît bien mieux ce circuit que toi. Et entre le simulateur et la vraie course, il y a une différence non négligeable. Mais bon peut-être que tu ne fais pas la différence vu l’état dans lequel finit ta voiture à chaque Grand Prix.
Les mots de Leandro sont durs mais tout aussi vrais et le pilote Américain de Wikström se sent chanceux que le Brésilien ait croisé leurs routes. Peut-être qu’avec lui, il réussira à résonner le jeune pilote Italien.
— DON'T TELL ME WHAT TO DO!!!
— NE ME DIT PAS QUOI FAIRE !!!
Ou pas… Le poing d’Antonio part violemment en direction de la mâchoire de Leandro. Il se prépare à recevoir le coup qui n’arrive pas. Marc tient fermement le coude de son jeune coéquipier et le regarde d’un œil mauvais.
— You’ll be sorry for that, mate.
— Ça, mon petit gars, tu vas le regretter.
Sur ces mots, il appelle Folke Ohlson, qui arrive aussitôt. Il lui explique la situation et ils repartent tous les trois, laissant Leandro seul avec de sincères excuses du directeur d’écurie pour le comportement de son nouveau pilote et un merci de la part du pilote expérimenté.
Dans le bureau de Wikström, on peut entendre des cris de colère. Après plusieurs longues minutes de boucans à faire réveiller les morts, un silence. Personne ne sait ce qu’il vient de se passer. La porte s’ouvre et Rizetti sort. Sur son visage on peut lire de la haine, de la colère, de la tristesse et du dégoût. De l’autre côté, Ohlson se tient le visage entre ses mains. Il est plus exténué qu’autre chose. Marc entre le premier et pose une tasse sur le bureau.
— Thanks, Marc. Could you go and fetch Nathan for me, please? I need to let him know that he’ll be your new teammate.
— Right away.
— Merci Marc. Peux-tu aller me chercher Nathan s’il te plaît ? Je dois le mettre au courant qu’il sera ton nouveau coéquipier.
— Tout de suite.
Marc revient quelque temps après avec Nathan sa suite.
— Hello again, Nathan, how are you?
— I think I’m doing better than you. What happened with Antonio?
— I fired him.
— Rebonjour Nathan, comment vas-tu ?
— Je pense que ça va mieux que vous, que s’est-il passé avec Antonio ?
— Je l’ai virer.
La nouvelle tombe comme un poid mort. Nathan comprend alors pourquoi il est là et les papiers qui lui font face.
— You… fired him?
— Yes. Poor results, too many costs from his accidents – we’re only on the eighth race and we’ve already blown over half the budget on repairs for his blunders. I wanted to give him this weekend as a last chance, but with what happened to Leandro, I’ve decided to call it a day. There’s no way I’m letting one of my drivers be responsible for a death.
— What do you mean, “what he did to Leandro”?
— Vous… L'avez viré ?
— Oui. Manque de résultats, trop de dépenses liées à ses accidents, on en est qu’à la huitième course et on a déjà mangé plus de la moitié du budget en réparation de ses conneries. Je voulais lui laisser ce weekend comme dernière chance mais avec ce qu’il s’est passé avec Leandro, j’ai décidé de tout arrêter. Hors de question qu’un de mes pilotes soit consciemment responsable d’une mort.
— Comment ça “ce qu’il a fait à Leandro” ?
Une certaine inquiétude se fait ressentir dans sa voix. Certes, ils ne se connaissent pas très bien, mais au fil des années en F3 et F2, ils se sont beaucoup côtoyés. Ça lui ferait drôle de ne plus pouvoir se battre contre lui en piste.
— It’s nothing serious, don’t worry. Antonio almost punched Leandro but Marc held him back, le rassure tout de suite Folke, anyway, we’ve now got a vacancy, so you’re taking over from him. Although I’m not worried about the dressing-down you’re going to give us after this… fiasco, shall we say, rit jaune le Suédois.
— If I'm being honest, I don’t think Leandro would have gotten much out of it, haha.
— Rien de grave ne t’en fais pas. Antonio a failli mettre un coup de poing à Leandro mais Marc l’a retenu, le rassure tout de suite Oki, quoi qu’il en soit, nous avons maintenant un baquet vacant, donc tu prend sa relève. Même si je ne m’en fais pas pour la remontée que tu vas nous donner après ce… fiasco dira-t-on, rit jaune le Suédois.
— Si je peux être honnête, je pense que Leandro n’aurait pas eu grand chose, haha.
Les trois hommes rigolent à l'unisson suite à cette remarque. Et Folke Ohlson reprend.
— You’re now one of our regular drivers – assuming, of course, you still want to be a Formula 1 driver.
— Tu es maintenant un de nos titulaires, si tu veux toujours être un pilote en formule 1 bien sûr.
Il fait un clin d’œil à Nathan.
— Of course I do! s’exclame alors ce dernier.
— So here’s your new contract, dit-il en désignant les papiers sur le bureau.
— Bien sûr que je le veux ! s’exclame alors ce dernier.
— Alors voilà ton nouveau contrat, dit-il en désignant les papiers sur le bureau.
Nathan lit et examine méticuleusement le contrat devant lui. Après s’être assuré de toutes les particularités du contrat, il le signe, faisant de lui le tout nouveau pilote de Wikström.
Le directeur contacte tous les journalistes pour une conférence de presse de dernière minute. Il demande à l’un des agents d’aller chercher Antonio pour la conférence.
Dans la salle, Nathan s’installe sur le siège du milieu, Folke Ohlson à sa droite et Shen Wen, le nouvel agent du pilote, à sa gauche. Le 4ème siège est vide. Ils attendent que l’ancien rooki arrive, mais voyant l’heure tourner et l’impatience des journalistes, ils prennent la décision de débuter sans lui.
La conférence commence alors par l’annonce de Folke Ohlson de la titularisation de Nathan au sein de l’écurie Wikström. Il enchaîne sur les raisons de ce choix en expliquant le plus succinctement possible le renvoie d’Antonio Rizetti.
Ce dernier arrive. Il a le visage fermé et les mains dans les poches. La capuche abaissée sur son visage, il s'assit avec bruit sur la chaise libre. Les journalistes s’empressent de lui poser des questions sur son renvoie, sur les rumeurs de la bagarre entre lui, Marc Vinland et Leandro Eriksson et de ses dernières courses catastrophiques.
Ses réponses restent professionnelles mais tout son corps hurle qu’il n’est pas d’accord avec cette décision.
Quand les journalistes terminent avec Antonio, ils se tournent enfin vers Nathan pour en savoir plus sur comment il a pris la nouvelle, de ses plans pour reprendre la saison en tant que titulaire, quelles sont ses stratégies d'attaque pour rapporter des points à son écurie, etc. Nathan répond en toute modestie qu’il n’a pas été prêt pour cette demande et qu’il compte simplement faire ce qu’il sait faire de mieux : piloter la W12 en Grand Prix et plus seulement lors des essais libres.
Un blanc s’installe dans la salle de conférence. Nathan repose ses mains sur la table et demande à son directeur pourquoi les journalistes le regardent avec des yeux ronds.
— A question for Nathan from Kim Wakaranai for TV Sport.
— Yes?
— You signed the interview questions and answers – why?
— Oh! I can see why you were confused; it’s true that I’m so used to it in F2 that I’d forgotten that detail. One of my younger sisters has been deaf since birth, so we learnt French sign language with her so we could communicate. When I started out in motor racing, I realised with great regret that there was no translation for the hearing-impaired, so I sign for her. Over time, it’s become a habit and I don’t even notice it anymore.
— I see. Thank you for your answer.
— If I may say so, he really doesn’t realise how often he signs when he’s talking to the engineers or to me, knowing full well that we don’t need translation, ajoute en rigolant Folke Ohlson.
— Une question pour Nathan de Kim Wakaranai pour TV Sport.
— Oui ?
— Vous avez signé les questions et les réponses de l’interview, pourquoi ?
— Oh ! Je comprends mieux votre incompréhension, c’est vrai que j’ai tellement l’habitude avec la F2 que j’ai oublié ce détail. L’une de mes petites sœurs est sourde de naissance, alors on a appris la langue des signes française avec elle pour pouvoir communiquer. Quand je suis arrivé dans le sport auto, je me suis rendu compte à grande peine qu’il n’y avait pas de traduction pour les personnes malentendantes, alors je signe pour elle. Au fur et à mesure, c'est devenu une habitude et je ne m’en rend même plus compte.
— Je vois. Merci pour votre réponse.
— Si je peux me permettre, il ne s’en rend vraiment pas compte, combien de fois il signe alors qu’il parle avec les ingénieurs ou moi-même sachant qu’on a pas besoin de traduction, ajoute en rigolant Folke Ohlson.
Après un fou rire général, la conférence de presse se termine et la salle se vide. Le nouveau pilote de Wikström tente de retrouver Antonio pour échanger avec lui. Mais dans la salle, aucun signe de lui. Il se rend alors dans la driver room de l’ancien pilote. Personne. À l’hôtel, la réceptionniste lui indique que la clé de sa chambre a été rendue. Nathan comprend que le retard de l’Italien est dû à l'empaquetage de ses affaires et de la restitution de sa chambre. Et qu’une fois la conférence finie, il est parti prendre le prochain vol direction l’Italie le plus rapidement possible. Peiné de ne pas avoir pu échanger de derniers mots avec lui, Nathan repart en direction des paddocks.
Une fois là-bas, son agent le briefe pour la séance photo et le poste sur les réseaux sociaux pour annoncer sa titularisation et remplacer l’image d’Antonio Rizetti par la sienne des affiches et panneaux qui les accompagnent tout au long de l’année. Pendant tout le déroulé de la séance, il a une petite pensée compatissante envers toute l’équipe de communication et de marketing pour le travail supplémentaire qu’il leur donne.
Quand tous ses devoirs médiatiques sont terminés, il s’éloigne de l’agitation et se pose dans un coin tranquille pour envoyer un message dans le groupe familial et à sa meilleure amie.
[Je suis titulaire ! Antonio s’est fait virer et j’ai signé mon nouveau contrat !
Bisous !!]
En regardant ses notification, il en repère une qui lui donne un large sourir au lèvres :
<Vous avez été ajouté dans le groupe “Pilotes F1 2012” par Marc Vinland>
Alors qu’il va cliquer dessus, son écran affiche “appel entrant Li”.
“Elle ne perd pas de temps”, pense-t-il en décrochant.
— Alloooo ? Vous êtes bien sur le téléphone du nouveau titulaire de Wikström Book Racing shop F1 team !
— AAAAAAH PUTAIN DE MERDE NATH !!!! DEPUIS QUAND ? POURQUOI ? COMMENT ? JE VEUX TOUT SAVOIR !!!!
La voix suraiguë de son amie contraint le pilote à éloigner le combiné de son oreille à une distance raisonnable pour ne pas perdre son tympan.
— Calme toi, je vais tout te dire, rigole Nathan en entendant la joie folle d’Élhisa, et tu n’es pas censée être en cours toi ?
— On s’en fout de ça. Je suis en pause. Dis. Moi. Tout. exige-t-elle.
Il lui explique alors tout ce qu’il s’est passé, la dispute entre Antonio, Marc et Leandro, la signature de son nouveau contrat et la conférence de presse de dernière minute. L’appel se termine par des félicitations de la jeune femme. À peine a-t-il le temps de raccrocher qu’un appel en visio entre. Du groupe familial cette fois. Il pose le téléphone en équilibre entre ses genoux et répond.
Les félicitations s’entendent et Nathan refait le récit de sa titularisation. La déception de sa famille de ne pas pouvoir être là pour sa première course est palpable, mais ils promettent de ne rien louper des qualifications et du grand prix. Pour Nathan, cela le gonfle de fierté et prend de plus en plus conscience de son nouveau poste. Il a enfin atteint l’un de ses rêves et surtout celui qui lui permettra de réaliser le plus grand de tous. Devenir champion du monde en Formule 1.
Plus tard dans la soirée, il dîne avec l’équipe pour fêter sa titularisation. Les conversations vont de bons trains, Nathan reçoit des félicitations et des encouragements de la part de ses collègues. Il clame même un petit discours où il les remercie et qu’il s’en remet à eux pour les victoires qu’il vont avoir.
Lorsqu’il rentre enfin dans sa chambre d’hôtel, il regarde les notifications qu’il n’a pas encore eu le temps de traiter. Dans le groupe Whatsapp des pilotes, tous les messages lui souhaitent la bienvenue parmi eux et le félicite pour sa place. Le sourire aux lèvres, il les remercie tous pour leurs messages.
Il s’endort paisiblement avec l’impatience de retourner en piste pour enfin se mesurer à tous ces grands pilotes et faire sa place dans ce monde.
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Leandro repart d’une animation entre coéquipiers pour entretenir les réseaux prévue dans le bâtiment de son écurie lorsqu’il regarde l’écran géant du paddock. Il y voit Nathan, Folk Ohlson, une personne qui à l’air d’être un agent de pilote et Antonio. Tous ont un air grave et l’Italien est refermé sur lui-même. Il n’y prête pas plus attention, il se dit que c’est certainement à cause de la dispute qui a eu lieu plus tôt dans la journée. Quand tout à coup, la question du journaliste le stoppe net.
— Nathan, how did you feel when you found out you were now a regular driver rather than the third driver?
— I’m very happy, of course. But I’m also sad to see such a good driver as Antonio leaving us. He’s made mistakes, that’s for sure, but so have all the rookies and current drivers.
— Nathan, comment vous êtes-vous senti lorsque vous avez su que vous étiez maintenant titulaire et non plus troisième pilote ?
— Je suis très heureux bien sûr. Mais je suis également triste de voir qu’un aussi bon pilote qu’Antonio nous quitte. Il a fait des erreurs c’est certain, mais comme tous les rookies et pilotes actuels.
Rattrapé par sa coéquipière, Emelie Hœnigsberg, elle lui fait une tape dans le dos et ne voyant aucune réaction de sa part, elle regarde ce que le jeune pilote fixe depuis quelques minutes avec intérêt. L’annonce de la titularisation d’un nouveau rookie.
— Well, we’ve got a real rookie on the grid this year, rigole-t-elle, Do you know him?
— Yes. We often ended up on the podium together in F2. He’s very good – watch out for him, répond-il simplement.
— Translation: he’s often finished ahead of me, and I’ve only just managed to reclaim my spot; and in practice, he’s set some crazy lap times in his team-mates’ cars, décrypte l’Allemande qui a pris l’habitude de déchiffrer les rares prise de paroles du Suédo-Brésilien.
— Hé bé, on en a du rookie sur la grille cette année, rigole-t-elle, tu le connais ?
— Oui. On s’est souvent retrouvé ensemble sur le podium en F2. Il est très bon, méfie-toi, répond-il simplement.
— Traduction : il m’a souvent devancé et j’ai repris ma place in extremis et lors des essais, il a fait des temps de dingue avec les monoplaces de ses coéquipiers, décrypte l’Allemande qui a pris l’habitude de déchiffrer les rares paroles du Suédo-Brésilien.
Un hochement de tête lui fait comprendre qu’elle a raison et ils repartent en direction des autres interviews prévues le reste de l’après-midi. Leurs agents qui ont assisté à l’échange sont encore éberlués face à la facilité qu’a la pilote à comprendre son coéquipier, bien que ce soit une scène quotidienne pour l’écurie maintenant.
Plus tard, ils remarquent que Nathan à été ajouté à leur groupe de message où il n’y a que les pilotes. Chacun envoie un petit message vite fait.
[Emelie H. : Congrats, Nathan! And welcome! I can’t wait to go head-to-head with you!]
[Leandro E. : Well done.]
[Emelie H. : Félicitation Nathan ! Et bienvenue ! J’ai hâte de me mesurer à toi !]
[Leandro E. : Félicitations.]
Emelie glousse face au froid et à l'impersonnalité du message du châtain, mais elle sait que derrière ce masque, il est sincère et très fier de la nouvelle place de l’ancien troisième pilote.
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Le lendemain, lors des essais, les titulaires se penchent un peu plus sur les résultats du nouveau venu. Constatant l’aisance avec laquelle il manie la monoplace et les trajectoires qu’il peut avoir, ils prennent réellement conscience de la menace que peut être ce rookie sur le top 10. Bien décidés à ne pas rester en reste, ils mettent les bouchées double sur les préparations de ce weekend.
Marc, de son côté, conseille un maximum son jeune coéquipier pour qu’il soit bien rodé pour les courses à venir. Notamment pour les qualifications et le départ de la course avec la traditionnelle bataille au premier virage. Même si Nathan les a travaillés maintes et maintes fois sur le simulateur de l’écurie, il ne peut s’empêcher d’appréhender légèrement et d'être impatient face à ce qu’il s’apprête à vivre.
Pour l’écurie Wikström, la monoplace se pilote bien sur ce circuit. Maniable et fiable, les nouvelles innovations n’ont pas l’air de trop la perturber, au contraire, elle est performante et rivalise avec celles d’Eos, Scordato et Elysium, le grand trio de tête. À la fin des séances d’essais, les ingénieurs et pilotes sont contents de la compétitivité qu’ils ont pu obtenir et repartent confiant pour le week-end du circuit. Du côté de l’écurie aux couleurs roses Elysium, la voiture est là, mais manque encore de performance. Tous savent que ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne dominent la saison, pour le plus grand bonheur d’Emelie qui compte bien arracher le titre de champion du monde manqué l’année précédente.
Le troisième jour de grand prix commence et avec elle, les voix des présentateurs qui résonnent dans le paddock :
— Bonjour et bienvenue pour cette deuxième journée du grand prix de Formule 1. Nous sommes en direct du circuit de Spa-Francorchamps et il est 15h30. Vous êtes avec Andrew McDree et, moi-même, Jean Alphonse.
La séance de qualifications va débuter dans 30 minutes, rester à l'affût pour ne rien perdre.
En attendant, refaisons un petit tour de nos pilotes et de leurs écuries. Pour ceux qui n'étaient pas présents ces deux derniers jours, il y a eu des changements dans l’écurie suédoise Wikström. En effet, leur rookie Antonio Rosetti s'est fait mettre à la porte au profit de leur autre rookie et troisième pilote Nathan Romairyc. Le jeune Français nous a livré de très belles performances aux essais libres d’hier. Nous avons tous hâte de le voir concourir. Sera-t-il aussi clinique avec tous les autres pilotes sur la piste ? La réponse dans quelques instants et demain lors de la course.
— N’oublions pas que depuis le début de cette nouvelle saison, c’est Marc Vinland qui ramène des points à l’écurie, et ils peinent à se maintenir à la septième place dans le classement du championnat constructeur.
— Tout à fait Andrew. Continuons notre tour et parlons un peu des écuries du haut de tableau, Eos est toujours au top de sa forme depuis le début de cette saison. Ils mènent le championnat constructeur et pilote avec Andrea Moretti. Et avec les innovations qu’ils ont mis au point pour ce Grand prix, ils vont mettre encore plus à mal les autres concurrents. Narciso Bento nous a montré hier que la voiture est plus agressive que jamais. Mais elle est également bien paramétrée pour exploiter efficacement la rapidité qu’offre ce mythique circuit Belge. Du côté de Scordato, la voiture commence à donner des résultats satisfaisants et à la hauteur de la réputation de l’écurie. De ce que j’ai pu entendre de la part des pilotes, il semblerait que “le tracteur est enfin décidé à se montrer coopératif”. Hahaha ! Il faut avouer qu’ils n’ont pas tout à fait tort, les performances que nous ont offertes Dominique Rupert et Hanna Sasaki sont loin de leurs réels niveaux. N’est-ce pas Andrew ?
— Tout à fait, Jean, et je dois avouer que les voir revenir me fait plaisir. Après tout Hanna est proche de sa retraite et avec ses 3 titres de championne du monde, je pense qu’elle souhaite en arraché un 4ème avant de rendre le volant de sa monoplace. Et pour son coéquipier déjà quadruple champion du monde, son cinquième titre peut être à portée de main. Même s’ils sont toujours quatrième dans le championnat constructeur. Continuons avec Elysium qui ont su nous montrer de magnifiques courses et batailles. Troisième dans le championnat constructeur, avec leur rookie Lennart Eriksson qui a de plus en plus de facilité à s'insérer dans le top 10 et parfois même dans le top 5. C’est une carrière à suivre de très prêt si vous voulez mon avis. Du côté du milieu de tableau, nous retrouvons STM avec une agréable surprise puisqu’ils maintiennent leur deuxième place dans le championnat constructeur et ce malgré la pression de la part d’Elysium qui n’est qu’à 2 points derrière eux.
— Oui cette écurie à su se remettre de l’année dernière et d’apprendre de ses erreurs.
— Je ne l’aurais pas mieux dit. Passons un moment chez Owl in Studio qui garde pour le moment sa mythique cinquième place. L’histoire va-t-elle rester telle quelle ou auront-nous droit à un grand retour de l’écurie américaine après 5 ans d’immobilisation ?
— Je ne sais pas Andrew, une chose est sûre c’est qu’Evangelisca désire ardemment cette cinquième place. Ils ne sont qu’à 10 points derrière Owl in Studio. Et cette année, les monoplaces ont l’air en phase avec leurs pilotes. Cela nous promet de beaux combats ici à Spa-Francorchamps ! Nous terminons la grille des écuries avec Holdstand, Simmons et Tüschner aux huit, neuf et dixième places. De ce que nous avons pu voir lors des essais libres, les voitures commencent à être fiables, mais encore de puissance pour vraiment rivaliser avec le reste des écuries. Avec ce circuit rapide, nous pouvons avoir de belles surprises.
Après quelques minutes, la FIA termine de mettre tout en place pour le début des qualifications. Et Jean Alphonse reprend.
— Il est maintenant 16h et c’est le début de la Q1. Les pilotes s’élancent sous le regard de leurs directeurs d’écurie. Chez Wikström, on adopte la stratégie du demi temps on dirait. Marc Vinland s’élance en premier et… Oui effectivement, il ne reste que la moitié du temps imparti alors que Nathan Romairyc s’élance à son tour sur la piste.
— Certainement pour ne pas être trop oppressé par les autres pilotes déjà présents en piste. Alors, secteur 1 valider, le secteur 2 eeeet c’est bon pour le secteur 3 ! Il se classe pour le moment en P12 ! C’est incroyable, ce rookie aussi est très prometteur !
— Tu l’as dit, je crois que nous avons cette année 2 rookies exceptionnels !!! Et nous commençons la Q2 avec les écuries complètes de Scordato, Elysium, Eos, STM, Owl in Studio, Evangelisca et Wikström. Et avec eux s’ajoute la pilote d’Holdstand, Rosa Danielsen. Wikström donne le coup d’envois à ses deux pilotes, suivit par Elysium, Evangelisca, STM et Owl in Studio. Je crois que les autres écuries attendent qu’il y ait un peu moins de monde. Il reste encore 8 minutes de qualification et il reste encore Lennart Eriksson, Emelie Hœnigsberg, Vezio Martinelli et Nathan Romairyc en piste. À mon avis leurs temps ne les satisfont pas encore. Et voilà que s'élancent les autres pilotes sauf Hanna Sasaki qui est encore au stand. Espérons qu’elle ait le temps de faire ses qualifications à temps.
— Oui Jean, il reste maintenant 3 minutes pour la Q2 et Hanna s’élance enfin. Les derniers pilotes commencent à rentrer aux garages. C’est la fin de cette phase de qualification. Pour ceux qui nous rejoignent, nous allons commencer la Q3. Pour les pilotes encore en lice, nous retrouvons les deux coéquipiers chez Elysium, Scordato, Eos et Owl in Studio. Et nous avons aussi Marc Vinland chez Wikström et Adriel Dean chez STM.
— La Q3 commence, les écuries n’ont donc maintenant que 13 minutes pour décider des 10 premières places. Les deux pilotes de Scordato s’élancent, suivis rapidement de ceux d’Owl in Studio et de Marc Vinland. On commence à apercevoir de très beaux temps en piste. Pour l’instant, c’est Hanna Sasaki qui est en pôle. Son temps a été rattrapé par Harri Kölliker, mais elle revient en force avec un nouveau temps dans le secteur 3. Elysium envoient enfin leurs pilotes, il ne reste que 7 minutes dans cette Q3. Eos les suit dans cette décision ainsi qu’Evangelisca. Mesdames et messieurs, c’est la fin des qualifications pour la course de demain. Sans plus attendre voici la grille de départ : sur la dernière ligne en 20ème position, nous retrouvons Rosa Danielsen et Aaron Menton en 19ème position. Ensuite en P18 Sergi Bo, suivi de Daniel Pelletier en P17. En P16, Francis Reeves et en P15 Vezio Martinelli. On continue avec la P14, où on retrouve Carlos Zanetti Esteves et en P13 Isabella Goss. En P12 Salvador Llacer et en P11 le rookie Nathan Romairyc qui va disputer sa première course en formule 1. Maintenant concentrons-nous sur le top 10 : en P10, nous avons Harri Kölliker et en P9 Tamako Miyano. Sur la quatrième ligne en P8 Lennart Eriksson.
— Je crois que c’est l’une des meilleures qualifications de Leandro jusqu’à présent.
— Oui habituellement il oscille entre la P11, la P10 et la P9, nous verrons comment il gère cette nouvelle place demain !
— Ensuite sur la grille, nous avons à côté de lui en P7, Dominique Rupert. En P6, Marc Vinland et en P5 Adriel Dean avec une belle performance de STM. On se rapproche du top 3, mais avant, la P4 est occupée par Andrea Moretti et en troisième position nous retrouvons Emelie Hœnigsberg. Et pour terminer sur la première ligne nous avons Hanna Sasaki en P2 et c’est Narciso Bento qui ouvrira la course de demain. C’est terminé pour les qualifications, on se retrouve demain à 13h pour la parade des pilotes !
Plus tard, après les interviews post-qualification, Nathan se sent confiant pour la course du lendemain. En repartant, il croise Leandro avec des journalistes. Le Suédo-Brésilien a réussi à sécuriser sa P8 et les interviewers tentent tant bien que mal de lui arracher quelques mots sur ses ressenti pour le lendemain, comment il trouve la monoplace, etc. mais sans trop de succès. Nathan, glousse en voyant l’acharnement des journalistes. Apparemment cette manie de Leandro n’a pas disparu avec la Formule 1, toujours aussi peu bavard avec les médias et par réflexe, le Français lui signe un “félicitation” avant de partir en direction de sa driver room. Leandro lui répond d’un simple hochement de tête. Il l’a si souvent vu signer ce mot lorsqu’ils ont été en F3 et F2, qu’il le connaît par cœur.
Leandro sourit sur cette interaction et, lassé, il met fin à cette entrevue interminable avec les médias. Une des journalistes, après avoir vu cette interaction, ne l’entend pas de cette oreille et appelle Nathan. Celui-ci, trop loin, ne l'entend pas et Biixi Wardi, l’agent de Leandro, stoppe complètement l’interview.
Une fois éloignés des journalistes, Biixi sermonne Leandro :
— We’ve already discussed this, Leandro, you can’t just cut interviews short on your own.
— I know, they’ve been driving me up the wall.
— We agreed that when you’ve had enough, you’d tell me and I’d wrap it up. That way we avoid yet another row with the journalists. I know it’s a part of the job you hate doing—talking and saying what you think—but that’s what the public wants. To see you smile, answer their questions even if they seem ridiculous and stupid to you. So you answer them with as much information as possible, not just three words, and with a face that screams “I want to get out of here, let me drive”. Hey! Are you listening to me?
— Yes.
— And here we go again with the one-word answers… souffle-t-il.
— You’re not getting it at all, Biixi! Emelie les rejoint, he’s listening to you and doing his best to follow your advice, it’s just that he doesn’t know how to go about it.
— Yes !
— See, he’s trying!
— I can see that… marmonne-t-il, well, I’ll try other approaches. Emelie, how do you get him to string more than three words together?
— Hey, I’m here, you know. And I don’t see the point in elaborating further if there’s nothing more to say, râle Leandro.
— Just talk to him about something he’s passionate about, l’ignore Emelie.
— I see… I think I’ve got an idea for the next one, pense à voix haute Biixi.
— I’ve got a bad feeling about this… murmure avec inquiétude le pilote.
— On en a déjà discuté, Leandro, tu ne peux pas mettre fin tout seul aux interviews.
— Je sais, ils m’ont saoulés.
— On s’était mis d’accord, quand tu en as marre tu me le dis et j’arrête tout. Comme ça on évite une énième prise de bec avec les journalistes. Je sais que c’est une partie que tu déteste faire, parler et dire ce que tu penses, mais c’est ce que le public veut. Te voir sourire, répondre à leurs questions même si elles te paraissent ridicules et débiles. Donc tu leur réponds avec un maximum d’infos et pas juste trois mots et avec un visage qui hurle “je veux me barrer de là, laissez moi piloter”. Hé ! Tu m'écoutes ?
— Oui.
— Et c’est reparti pour les monosyllabes… souffle-t-il
— Tu n’y es pas du tout Biixi ! Emelie les a rejoint, il t’écoute et essaye au mieux d’appliquer tes conseils, juste, il ne sait pas comment faire.
— Oui !
— Tu vois, il essaye !
— Je vois ça… marmonne-t-il, bon je vais essayer d’autres approches, Emelie, comment tu fais pour qu’il aligne plus de trois mots ?
— Hé je suis là tu sais. Et je vois pas l’intérêt d’élaborer plus s’il n’y a pas à élaborer plus, râle Leandro.
— Il suffit de lui parler de quelque chose qui le passionne, l’ignore Emelie.
— Je vois… Je crois que j’ai une idée pour la prochaine, pense à voix haute Biixi.
— Je le sens mal… murmure avec inquiétude le pilote.
Une fois arrivé dans sa driver room, Leandro se pose enfin. Un long soupir s'échappe de ses lèvres. Il est soulagé que cette journée soit finie, où plutôt que la partie média du week end soit finie. Même s’il sait que le lendemain après la course, il aura le droit à la même rengaine. Décidément c’est un aspect de son métier qu’il n’arrive toujours pas à faire, même lorsqu’il a couru dans les autres catégories de monoplace.
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Dimanche de course. Tous les pilotes sont dans les stands, ils n’attendent qu’un mot de leurs équipes pour entamer le tour de chauffe et de formation. Le tour commence, dans une harmonie parfaite, les monoplaces quittent leurs garages pour se placer dans la voie des stands. Le tour passe et ils se placent sur la grille de départ.
Rouge. Rouge. Rouge. Rouge. Rouge.
Noir.
Les voitures s'élancent, ne voulant laisser aucune chance aux différents concurrents de se doubler. Nathan prend un bon départ et arrive à prendre la 10ème place. Dans la cohue de monoplaces et de pilotes, Leandro fait de son mieux pour remonter le plus vite possible et sortir du peloton qui arrive déjà au premier virage. Quelques-uns se retrouvent à être poussés hors de la piste pour ne pas endommager les pièces des voitures. À la sortie, Leandro a réussi à passer 7ème et Nathan de son côté, 9ème. Doucement mais sûrement, il remonte dans le classement.
Après quelques tours de circuit, le pilote français numéro 30 se fait talonner par l’une des pilotes de STM.
>>Goss is 0.5 second away from you<< entend-il dans son oreillette.
>>Copy that<<
>>Goss est à 0.5 seconde derrière toi<< entend-il dans son oreillette.
>>Reçu<<
Il va devoir défendre sa 9ème place tout en se rapprochant du 8ème. Plus les tours s’enchaînent, plus il rattrape son adversaire.
>>You're 0.3 seconds behind Miyano<<
>>OK<<
>>Tu es à 0.3 seconde derrière Miyano<<
>>Ok<<
Nathan dans la ligne droite après le virage 6, il active son DRS et passe enfin devant Miyano. La succession des virages 7, 8 et 9 se fait sans encombre et il sécurise sa P8. Il voit dans ses rétroviseurs que Miyano est en bataille contre Goss. Parfait, se réjouit-il.
>>Well done, just 10 laps to go. Stay in that position; Eriksson is 4 seconds ahead of you.<<
>>OK, I’ll do my best.<<
>>Bien joué, fin de course dans 10 tours. Reste à cette place, Eriksson est à 4 secondes devant toi.<<
>>Ok, je vais faire au mieux.<<
Tout au long de la course, Leandro passe de la 6ème à la 7ème place, se battant continuellement contre Kölliker. Lors du 41ème tour, il prend le virage 1 trop rapidement et sort un peu de la piste, laissant une opportunité au pilote d’Owl in Studio de prendre l’avantage. Désormais loin derrière son adversaire du jour, il sait qu’en 3 tours la remontée va être difficile, sauf si celui-ci fait une erreur. Chose improbable au vu de l’excellent pilotage qu’offre le Suisse.
>>Leandro, you’re currently in P7. Romairyc is 3.8 seconds behind you and Kölliker is 1.5 seconds ahead of you. Don’t take any risks and secure your position.<<
>>Right.<<
>>Leandro, tu es P7 pour le moment. Romairyc est derrière à 3.8 secondes et Kölliker est devant toi à 1.5 secondes. Ne prend pas de risque et sécurise ta place.<<
>>D’accord.<<
Sa réponse est sèche. Pas à cause de la décision de son écurie, il sait que c’est la meilleure décision à prendre à ce moment de la course. Il est en colère contre lui-même. Il sait que le virage 1 est traître et qu’il n’a pas suffisamment freiné lors de son entrée.
La course se termine par la victoire d’Emelie. Une bataille acharnée entre elle et Marc s’est déroulée lors du dernier tour, finalement, c’est elle qui l’a remporté. En pleine euphorie, elle gare sa monoplace derrière le panneau “1” et en sort pour se jeter dans les bras de son équipe. Ils la félicitent, la serrent dans leurs bras et elle s’éloigne d’eux pour retrouver son mari et sa fille. Ils s’embrassent et se font un câlin.
Dans la coolroom, Marc pose son casque sur le portant dédié et revêt la casquette du n°2. Vezio Martinelli, l’un des pilotes d’Evangelisca entre à son tour.
— Congratulations on your P2! That was quite unexpected.
— Thanks, I must admit I’m still in shock myself. I’m pleased with how the car performed in this race!
— You bet! And how’s your rookie doing? I saw he finished P8, which is brilliant for a first race.
— You can say that again! I’m really happy for him. He’s excellent. It’s his first time racing in F1 and he’s already scoring points for the team; he’s very promising. And motivated – I love that sort of lad: promising, motivated and willing to listen.
— Not like Antonio, you mean.
— He was motivated and promising, but unfortunately not willing enough to listen; that’s mainly what cost him his seat.
— Careful, you’re turning into Papa Marc again, rigole le jeune pilote Italien.
— Félicitations pour ta P2 ! C’était assez inattendu.
— Merci, j’avoue que je n’en reviens pas moi même. Je suis content des performances de la voiture sur cette course !
— Tu m’étonnes ! Et ton rooki ça va ? J’ai vu qu’il a fini P8, c’est super pour une première course.
— À qui le dis-tu ! Je suis très content pour lui. Il est excellent, Il court pour la première fois en F1 et il rapporte déjà des points pour l’écurie, il est très prometteur. Et motivé, j’aime ce genre de gamins, prometteur, motivé et à l’écoute.
— Pas comme Antonio tu veux dire.
— Il était motivé et prometteur, mais malheureusement pas assez à l’écoute, c’est surtout ça qui lui a coûté son baquet.
— Attention, tu redevient Papa Marc, rigole le jeune pilote Italien.
Emelie entre à ce moment-là. Elle demande ce qui peut bien les faire autant rire, mais le début de la vidéo des temps forts de la course l’empêche de poser la question. Les trois pilotes se taisent et regardent attentivement ce qui s’est passé sur la piste qu’ils n’ont pas vu. Ils commentent, s’exclament, acclament et débattent sur ce qu’ils ont vu.
Après quelque temps, ils sont appelés pour monter sur le podium. L’hymne allemand retentit suivi de celui de la France. La remise des trophées des pilotes et de l’écurie vainqueure puis l’opéra de Bizet retentit donnant l’autorisation aux quatre personnes sur le podium d’enfin sabrer le champagne.
Nathan regarde d’en bas la scène heureux d’avoir remporté quelques points pour son écurie. Il espère secrètement que cette place n’est pas due à la fameuse “chance du débutant”. À côté de lui, Leandro se place silencieusement.
— Congratulations on your P8. It was a great race.
— Thanks, Leandro. Same to you – it was a great race!
— Thanks.
— Félicitations pour ta P8. C’était une belle course.
— Merci Leandro, à toi aussi, c’était une belle course !
— Merci.
Ils sont alors appelés par leurs agents respectifs pour qu’ils soient amenés aux diverses interviews. Une fois relevés de leurs devoirs médiatiques, les pilotes célèbrent enfin avec leurs écuries leurs places obtenues et leurs nouveaux points dans les deux championnats.
Après cette soirée forte en émotions, ils rentrent tous tranquillement dans leurs hôtels. Après la nuit, ils devront faire leurs bagages et rentrer chez eux pour se préparer à la prochaine course qui aura lieu dans une semaine à Monza.
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Le lundi matin, Nathan se réveille tranquillement et après s’être préparé, il part en direction de son avion qu’il partage avec quelques membres de son équipe.
Une fois à bord, son agent, Shen Wen, le prévient qu’une fois arrivés, ils vont tout de suite au bureau de la FIA pour le choix de son numéro de piste. Nathan acquiesce et prévient tout le monde qu’il va s’isoler un peu pour choisir son numéro. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on choisit son numéro.
À l'aéroport, Shen et Nathan prennent un taxi pour se rendre au rendez-vous.
— Sorry I didn’t let you know sooner; they sent me a message last night at 11.30 pm. And I think they want to get this done quickly so they can update the grid with the drivers as soon as possible, s’excuse l’agent.
— Don’t worry, it’s true that my promotion wasn’t really planned, lance sur le ton de la rigolade le pilote.
— You’re not wrong, termine sur le même ton Shen.
— Pardon de ne pas t’avoir prévenu plus tôt, ils m’ont envoyé un message hier soir à 23h30. Et je pense qu’ils veulent faire ça vite pour mettre à jour le plus rapidement possible la grille avec les pilotes, s’excuse l’agent.
— Ne t’en fais pas, c’est vrai que ma titularisation n'était pas vraiment prévue, lance sur le ton de la rigolade le pilote.
— Tu n’as pas tord, termine sur le même ton Shen.
À l’accueil, ils sont tout de suite escortés vers le bureau gestionnaire des numéros.
— Pleased to meet you, Nathan Romairyc. I’m Ernest Donald, and I’m in charge of track number allocation. I’m sorry to have called you in straight after the Grand Prix – by the way, congratulations on your 8th place! commence l’agent de la FIA en tendant sa main.
— Hello, nice to meet you! Thank you very much – it wasn’t easy, but I’m very happy with that result! Don’t worry, Shen told me you wanted to get your documents sorted as soon as possible, répond Nathan en lui serrant la main.
— Yes, enchaîne Ernest en serrant la main de Shen, how are you, Shen?
— I’m fine, and you?
— I’m fine, though a bit stressed, but I’ll be alright. Let’s get started! Which number would you like on the track, Nathan?
— Ummm, number 30? demande incertain Nathan.
— Yes, it’s perfectly possible to get that number. I’ll print out the certificate for us to sign, and then you’re free to go.
— Enchanté Nathan Romairyc, je suis Ernest Donald, je suis en charge de l’attribution des numéros en piste. Je m’excuse de te faire venir tout de suite après ce Grand Prix, d’ailleurs félicitation pour cette 8ème place ! commence l’agent de la FIA en tendant sa main.
— Bonjour, enchanté ! Merci beaucoup, ce n’était pas facile, mais je suis très content de cette place ! Ne vous inquiétez pas, Shen m’a dit que vous vouliez au plus vite mettre à jour vos documents, répond Nathan en lui serrant la main.
— Oui, enchaîne Ernest en serrant la main de Shen, comment vas-tu Shen ?
— Ça va et toi ?
— Ça va, quoi qu’un peu stressé mais ça va aller. Commençons ! Quel numéro souhaites-tu avoir en piste Nathan ?
— Euuuuuuuh, le 30 ? demande incertain Nathan.
— Oui, c’est tout à fait possible d’avoir ce numéro. Je vais imprimer l’attestation qu’on signera et tu sera libre.
Une fois le document signé, les trois hommes se disent au revoir. Une fois dans la voiture, Shen regarde Nathan avec un air interrogateur.
— Why the number 30?
— I don’t know, I panicked and I saw the clock behind Mr. Donald and the minute hand was on the 30, avoue le brun.
— Pourquoi le numéro 30 ?
— Je sais pas, j’ai paniqué et j’ai vu l’horloge derrière Mr. Donald et la minute était sur le 30, avoue le brun.
Pris d’un soudain fou rire rapidement rejoint par le pilote, l’agent tente quand même entre deux soubresaut :
— Well, I’ve never heard that one before!
— Alors celle-là, on me l’avait jamais faîte !
C’est sur ces paroles qu’ils se rendent au siège de Wikström pour faire de nouvelles séances photos. Quand celle avec son numéro son prise, Shen et l’équipe de communication se demandent ce qu’il peuvent bien mettre en description. Nathan amusé par sa raison leurs demandent de ne rien mettre et de laisser les gens spéculer, jusqu’au jour où il va le révéler.
— You’re a bit of a sadist, aren’t you? Do you realise that?
— I know, but it’s so much more fun!
— Tu es un petit sadique toi, tu le sais ?
— Je sais, mais c’est tellement plus drôle !
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